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20 ans après la première fenêtre pop-up, l'inventeur fait son mea culpa

19 août 2014

Le pop-up, cette fenêtre surgissant inopinément lorsque l’on navigue sur la toile a exactement 20 ans. Dans une tribune sur The Atlantic, son papa Ethan Zuckerman, directeur du Center for Civic Media du MIT revient sur son invention… sur le ton du mea culpa. Récit avec The Atlantic.

Tout commence en plein milieu des années 90 : Ethan Zuckerman travaillait encore comme designer et programmeur pour Tripod.com, un service d’hébergement de sites internet nord-américain. Il ne réalisait pas ce qu’il apporterait au monde de la pub, et à quel point son idée dominerait toutes nos autoroutes informationnelles.  

Chez Tripod.com le modèle d’affaires tenait déjà sur l’analyse des pages personnelles des utilisateurs pour que les publicitaires puissent mieux cibler les annonces pour eux. Mais un jour un fabricant de voitures a acheté un espace publicitaire sur une page « célébrant le sexe anal ». Une chose qui n’a pas du tout plu à l’annonceur qui s’inquiétait que le contenu de la page du site tendancieux soit assimilé à la marque dans la tête des consommateurs potentiels. Tripod.com a donc tout de suite répliqué et a proposé que la publicité s’ouvre dans sa propre fenêtre pour éviter qu’elle apparaisse à côté de contenus non souhaités. Et c’est le code de Zuckerman qui a permis de faire ce tour de passe-passe, autrement dit le fait de pouvoir cacher la bannière avec une nouvelle fenêtre s’affichant par dessus.

Geocities, l’ancêtre de Yahoo, a réutilisé quelques semaines plus tard ce code et son modèle. Territoire encore non conquis, Internet trouva alors l’une de ses terres, le Web, colonisée par le marché publicitaire. La bonne fortune était signée silencieusement du nom d’Ethan Zuckerman… et c’était comme l’invention du « pêché originel d’Internet », résume-t-il dans son titre.

Détesté des cyberflâneurs, le pop-up inonde désormais la toile. Et c’est un mea culpa qu’il adresse aux lecteurs de sa tribune : déçu par la tournure que ce business model a pris, il explique en effet « qu’il a écrit non seulement le javascript mais aussi le Perl pour lancer la fenêtre du côté du serveur, et ainsi y insérer une publicité ». Et précise : « Je suis désolé. Nos intentions étaient bonnes ».

Pour lire la tribune en entier, c’est ici dans The Atlantic et pour voir son résumé, c’est ici

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