2014, déjà inventé par Asimov !

2 janvier 2014

En 1964, après avoir visité le Foire Internationale de New York, Isaac Asimov, l’écrivain de Science-Fiction, a rédigé pour le New York Times un article dévoilant ses prédilections pour l’exposition universelle de 2014. Moment par excellence pour présenter les inventions du futur, l’exposition universelle permet de voir l’imagination débordante des scientifiques. Et Asimov – l’auteur notamment du cycle des Robots – n’a pas pu s’empêcher de tenter de capter l’air d’un temps, celui qui se déroulerait plus d’un demi-siècle après. 
Alors qu’aujourd’hui « son futur est notre présent », quelles inventions avait-il imaginé pour nous ?  Explications dans The Atlantic

« Que sera la vie, par exemple en 2014, dans 50 ans ? À quoi ressemblera l’Exposition Universelle de 2014 ? Je ne sais pas, mais je peux essayer de deviner ».
Voilà ce qu’on pouvait lire dans l’article du NYT. Isaac Asimov s’imagine en visionnaire … Et il n’est pas loin de l’être.
Sa vision de 2014 est binaire. D’un côté, c’est un monde tourné vers la sobriété et l’efficacité de l’énergie et un quotidien facilité grâce au développement massif de la technologie.
De l’autre, c’est l’image d’un monde saturé démographiquement où l’homme s’éloigne de la nature. Il lance alors des alertes face à une urbanisation croissante et une automatisation trop rapide des usages, services et relations qui nécessitent de lever des barrières psychologiques importantes.
Aussi si les termes de « fracture numérique » ou de « fracture des usages » ne sont pas utilisés tels quels dans son article, il évoque l’idée  d’un écart culturel entre hyper et non connectés. Il décrit également une société du divertissement « gadgétisée »Asimov ne fait cependant en rien une dystopie de notre présent et décrit une année 2014 augmentée grâce à la technologie.
 
Quelques prédictions qu’il avait fait :

> La lumière

La lumière artificielle est vue comme un moyen de se libérer des contraintes de l’espace. Il décrit ainsi des souterrains comme pouvant être des lieux d’agriculture à grande échelle.
Il dessine déjà l’arrivée des lampes à diode électroluminescentes des années 90.
« D’ici 2014 les panneaux électroluminescents seront communément utilisés ».
De même, on peut penser qu’il avait anticipé les capteurs solaires, comme les panneaux photovoltaïques qui utilisent le rayonnement solaire pour le transformer en énergie électrique. Ainsi, on peut lire dans son article : 
 « Les fenêtres seront devenues archaïques, et quand bien même présentes elles seront polarisées pour bloquer les rayons du soleil les plus durs. Le degré d’opacité du verre étant même fait pour varier automatiquement selon l’intensité de la lumière ».

> L’automatisation du quotidien

Maître des robots, il voit aussi en la technologie un outil au service de l’homme. Il explique par exemple que : 
« Les cuisines seront conçues de manière à préparer des « auto-repas », chauffant l’eau et la transformant en café […] »
Ainsi avec les objets connectés, il est effectivement possible de pré-programmer nos réfrigérateurs et de commander par exemple nos courses sans à avoir à se déplacer ou vérifier nous-mêmes, à l’image de Skype ou de la société Sen.se qui vient de lancer Mother.

> La communication

S’il y a bien quelque chose qui a changé depuis 1964, c’est la communication ! Et Asimov imagine tout ce que l’informatique ubiquitaire pourrait apporter à nos interactions, au premier rang desquelles les visioconférences qui permettent de voir et entendre la personne à qui on téléphone.

> La nourriture moléculaire

Le plus impressionnant, c’est peut être avec le concept de « bar à algues » dans lequel il décrit les caractéristiques de la cuisine moléculaire, aujourd’hui phénomène culinaire avec Ferran Adrià.

« Les produits à base de levures et d’algues transformées seront disponibles dans de multiples saveurs. L’Exposition Universelle de 2014 comportera un bar à algues, dans lequel des imitations de dinde et des pseudo-steaks seront servis ».

> L’environnement

Asimov se rendait également compte que les hommes ne pouvaient pas survivre uniquement avec la technologie, mais qu’il fallait également une terre en bonne santé. Sa préoccupation majeure étant la surpopulation et les conséquences qu’elle pourrait avoir sur les ressources naturelles. C’était bien avant que l’on ait découvert les problématiques de changement climatique. Il avait cependant déjà conscience de l’importance de prendre soin de la planète pour assurer la pérennité de l’espèce humaine.

En n’évoquant pas le changement climatique que nous vivons, The Atlantic garde l’image d’un Asimov utopiste et nous renvoie à une vidéo de la NASA. Elle montre l’évolution de la température entre 1880 et 2012. Augmentation de la population, des outils numériques, des avancées dans le domaine de la santé, des robots assistants, certes, mais aussi un planète plus chaude ! 

 

Ainsi, The Atlantic propose un véritable « retour vers le futur » en nous invitant à relire Asimov. Et nous pouvons peut être garder de la colonne du New York Time le conseil suivant : « la technologie doit être contrôlée » face au progrès de l’automatisation.

Pour en savoir plus, c’est ici.

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