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A Simplon.co, les filles font d'Internet un levier pour la mixité

13 mars 2014

A l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, la « fabrique d’entrepreneurs codeurs » Simplon.co accueillait du 3 au 8 mars dernier la Chabadabada week, semaine de hackathon et de discussion sur le thème de la mixité dans les métiers du numérique. A l’origine de l’initiative, un constat : les développeuses web demeurent peu nombreuses et les métiers techniques du numérique restent perçus comme essentiellement reservés aux hommes. Comment ouvrir le champ du numérique et de l’innovation aux femmes ? Quels sont les obstacles à la parité ? Internet est-il un levier pour promouvoir la mixité ? 

La table ronde du 5 mars, animée par Marie-­Amélie Frere, Co­fondatrice de Girlz In Web, a exploré ces questions. Elle regroupait Miren Bengoa, fondatrice et Présidente du nouveau Comité ONU Femmes France, Olivier Ezratty, auteur du projet photographique Quelques Femmes du Numérique et Sarah Ourahmoune, championne du monde de boxe en 2008 et fondatrice de Boxing & Company, service qui propose des cours de boxe aux entreprises. 

Et parce qu’à Simplon, on agit au moins autant qu’on parle, la semaine a été rythmée par des projets hackathonnés dont certains pourraient bien contribuer à faire bouger les lignes de la mixité dans le numérique.
 


 

Ouvrir les femmes aux métiers du numérique

Alors qu’en France les femmes ne représentent que 29% des entrepreneurs, taux stagnant depuis plusieurs années, leur proportion chute à 10% dans le secteur du numérique (étude ACPE – Les créatrices d’entreprise, octobre 2009). Pourquoi cette spécificité des entreprises innovantes ? Pour Miren Bengoa, “il y a un phénomène d’auto-censure chez les femmes, victimes des stéréotypes concernant les métiers du numérique, surtout dans le choix des formations”. Par ailleurs les femmes qui veulent entreprendre rencontrent encore des obstacles : elles ont moins facilement accès au crédit bancaire, sont plus que les hommes confrontées à des difficultés pour concilier vie personnelle et vie professionnelle et sont, dès leur scolarité, globalement moins poussées vers l’entrepreneuriat. 

Pourtant, pour Olivier Ezratty “le numérique est accueillant envers les femmes. Il n’y a pas de plafond de verre dans ces métiers, et la plupart des investisseurs savent que la qualité d’une entreprise repose sur la diversité de ses équipes”. Par ailleurs, l’entreprenariat numérique place moins de barrières à l’entrée que les autres secteurs économiques : la création d’une start-up nécessite moins de ressources matérielles au départ qu’une entreprise classique. Paradoxe d’un milieu culturellement ouvert aux femmes, dans une société encore trop soumise à des stéréotypes de genre ?

Pour encourager les femmes à s’engager et à entreprendre dans le secteur de l’innovation, la mise en avant de modèles de réussite féminine est alors déterminante. Et les exemples prestigieux de manquent pas, de Delphine Ermotte-Cunci, Directrice Générale d’Orange France, à Katie Stanton, directrice de la stratégie internationale de Twitter France en passant par Sheryl Sandberg, n°2 de Facebook. Il faut rendre la confiance à celles qui “osent moins, demandent moins, se mettent moins en valeur, en leur donnant des modèles inspirants”, rappelle Olivier Ezratty.

Un avis partagé, notamment par Roxanne Varza au cours de notre débat « Les femmes prennent-elles leur revanche dans le numérique ? ».

Des projets au service de la mixité 

La Chabadabada Week s’est achevée samedi 8 mars dernier avec les pitchs des 14 projets simploniens hackathonés. Trois projets en particulier s’inscrivent dans une démarche de valorisation de la mixité, par des biais différents. Place de Clichés, porté par Alix Heuer, développeuse féministe et engagée, propose un répertoire collaboratif qui vise à mettre en lumière les stéréotypes de genre véhiculés par le cinéma. Des films sont proposés au visionnage, et les internautes peuvent renseigner une série de données concernant la présence des personnages féminins, leurs rôles et leurs attributs, pour en dénoncer la place souvent marginale et peu valorisante. 

Play’n’Code, porté par Christelle Plissonneau, membre de l’association Emma qui vise à promouvoir les filles dans les métiers techniques au sein de l’école d’Epitech, est un jeu vidéo éducatif d’initiation aux rudiments du développement web pour les enfants de 8 à 12 ans. Il permet à l’enfant – en particulier aux petites filles – de se familiariser avec les notions d’algorithmie, de programmation, de bureautique… 

W(e)Talk, porté par Esra Tat, Jehan Lazrak-Toub, Nathalie Lafrie et Alix Heuer, est un événement pour la promotion et le développement de l’empowerment des femmes qui aura lieu le 7 juin prochain à La Cartonnerie avec pour thème : “Ne pas faire siennes les limitations des autres”. Il mettra en avant huit femmes peu connues du grand public, choisies à la fois pour leur singularité et la pluralité de leurs parcours, agissant dans des domaines aussi divers que l’entrepreneuriat, la santé, l’éducation, la science, le sport, l’environnement, etc. Une campagne de crowdfunding est lancée sur Ulule pour financer cette première rencontre. 

Si le secteur du numérique semble donc prêt à accueillir les femmes, il reste peut-être à les convaincre en leur donnant les ressources nécessaires au dépassement de stéréotypes encore bien présents. Car « les places sont là et il faut se sentir légitime à les prendre », comme nous l’expliquait Erwan Kezzar, le cofondateur de Simplon. Gageons que les projets développés à Chabada, et beaucoup d’autres à suivre, apporteront leur pierre à l’édifice.

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