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Activistes de tous les pays : le hashtag ne sert à rien (ou presque)

19 juin 2014

#Kony2012, #YesAllWomen ou encore #BringBackOurGirls… Initialement, ces hashtags ont inondé la plupart des flux Twitter. Puis ont été repris par les sites d’information en ligne au sein d’articles qui ont eux-même fait l’objet de partages sur d’autres réseaux sociaux. Au point de se retrouver traités par les plus traditionnels journaux télévisés. Mais tout ça pour quoi ?, se demande Matt Saccaro dans The Daily Dot.

Un hashtag, et après ?

Car selon lui, le constat est sans appel. Et de détailler, dans une énumération loin d’être exhaustive :

« #YesAllWomen nous a appris combien le monde est littéralement toujours prêt à vous mettre des batôns dans les roues lorsque vous êtes une femme. Et après ? #NormalizeBreastFeeding a pointé l’hypocrisie de glamouriser et sexualiser des actrices d’un côté, et de s’en prendre, de l’autre, à de vraies femmes faisant de vraies choses de femmes comme l’allaitement. Et après ?« 

D’une certaine manière, Matt Saccaro fait écho aux récents propos de Shonda Rhimes, plus particulièrement connue pour être la créatrice de la série Grey’s Anatomy

« Un hashtag n’est pas un un mouvement. Un hashtag ne change rien. C’est un hashtag. C’est vous, assis sur vos fesses, tapotant votre ordinateur, puis retournant binge watcher votre série favorite. »

D’ailleurs, qui parle encore de #Kony2012 ? Et quid du plus récent #BringBackOurGirls, pour laquelle la First Lady Michelle Obama avait même pris fait et cause ?

Inutile le hashtag, vraiment ? 

Alors certes, Joseph Kony et son Armée de résistance du Seigneur sévissent toujours en Ouganda. Certes, Boko Haram détient toujours les adolescentes nigérianes. Pour autant, le hashtag, comme symbole de l’activisme en ligne, sur des sujets sociétaux ou humanitaires, est-il si inutile que cela ? Pas si sûr. 

Matt Saccaro le reconnait lui-même : « Tout ces hashtags représentent des problèmes dont il fallait débattre. Tous ces hashtags ont sensibilisé l’opinion« . N’est-ce pas déjà beaucoup ? C’est d’ailleurs toute la théorie de l’agenda setting, selon laquelle les médias influenceraient l’ordre du jour des débats publics. Et aujourd’hui les réseaux sociaux ? Avec des effets pas forcément concrets sur le court ou moyen terme.

Ce qui ne l’empêche pas de conclure : « La sensibilisation est, bien entendu, une nécessité. Si personne ne sait quoi que ce soit à propos de quelque chose, alors comment peuvent-ils résoudre le problème ? Mais générer des tonnes de prises de conscience ne signifie rien s’il n’y a pas d’action« .

Reste à savoir si les prochaines actions, concertées ou non, d’activisme en ligne sur les réseaux sociaux, lui donneront raison.

Pour lire la totalité de ce point de vue, c’est sur The Daily Dot.

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