Apprentis journalistes, et maintenant, codez ! share
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Apprentis journalistes, et maintenant, codez !

11 septembre 2012

Quelles sont les qualités requises pour être un bon journaliste ? La curiosité, la culture générale, un goût prononcé pour l’actualité ? Certes, mais ce n’est plus suffisant, explique Miranda Mulligan dans un billet publié sur le Nieman Jounalism Lab.

« Les journalistes doivent en apprendre plus sur la programmation. Pour un secteur qui se targue d’être intelligent, entretenir une telle ignorance sur Internet est juste stupide », assène-t-elle.

Car c’est en s’y prenant le plus tôt possible, c’est-à-dire dès la formation des jeunes rédacteurs, que l’on rend possible l’émergence de nouvelles formes de narration en ligne. Et la journaliste, qui dirige aussi un lab en innovation de l’information, de regretter qu’en 2012, ses collègues écrivent encore trop souvent comme s’ils le faisaient pour la Une d’un journal, et non pour la page d’accueil d’un site d’infos.

En quoi l’apprentissage du code peut alors aider à casser cette habitude ?

Parce que le journalisme, écrit-elle, « a besoin de diplômés qui peuvent créer des présentations visuelles sophistiquées à l’aide de la programmation ». Ceci dit, « beaucoup d’entre eux sont intimidés, plutôt que demandeurs, face à ces outils désormais fondamentaux pour maîtriser cette narration en images ».

C’est pour cela qu’il ne s’agit pas seulement de dispenser un seul module par-ci par-là sur les notions de base du développement web, mais que des cours devraient avoir lieu « chaque semestre, chaque année, jusqu’au diplôme », insiste Miranda Mulligan.

Encore une fois, il ne s’agit pas de « faire de chaque rédacteur un ingénieur logiciel en puissance », mais bien de prendre conscience que la bonne compréhension de son média – en l’occurrence Internet – permet de mieux l’exploiter. Sans parler de la meilleure maîtrise du monde des données que les étudiants auront en s’entraînant sur d’autres concepts abstraits, comme les « templates, les fonctions et autres paramètres ».

La journaliste reconnaît que cet apprentissage « ne sauvera pas » à lui seul sa profession. Cependant, « c’est infiniment plus fun d’être un journaliste-web quand on a compris comment les ordinateurs lisent et interprètent ses contenus », conclut-elle

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