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Après la mort, le complexe héritage numérique

7 juillet 2015

A mesure que nos usages des réseaux sociaux s’amplifient, un sujet va peu à peu devenir inéluctable : que faire de nos traces numériques après la mort ? Au travers d’un témoignage poignant, The Guardian revient sur cette douloureuse question de l’héritage numérique d’un défunt. Le mari de Caroline Twigg est mort il y a sept mois à l’âge de 33 ans et elle fait face à un deuil d’un nouveau genre.

« Ces temps-ci, la mort n’est plus seulement physique, elle est aussi numérique. Ce qui fait émerger de nouvelles préoccupations “administratives” qui ne concernaient pas les veuves il y a 50 ans. […] J’ai des messages Facebook, des vidéos sur YouTube, des vidéos sur mon téléphone, des historiques d’email, des conversations Skype enregistrées, des conversations WhatsApp, des SMS, des photos numériques. »

Autant de traces laissées derrière lui par Ian, qu’elle a rencontré quand ils avaient 17 ans. Mais au contraire des lettres, des photos tirées sur papier ou des livres, cette masse de données numériques est la propriété des sites sur lesquelles elles sont hébergées. Ce qui appelle des questions juridiques et éthiques dont se préoccupent encore peu les entreprises, comme le prouve cet autre témoignage d’une mère britannique ayant vu le compte Facebook de sa fille bloqué du jour au lendemain.

Pourtant, 10 à 20 millions des personnes possédant un profil Facebook seraient déjà décédées. Selon les calculs de xkcd, le réseau social devrait même compter plus d’utilisateurs décédés que de vivants d’ici 2060 à 2130 – en fonction de la croissance du réseau social.

Des offres commencent à poindre pour tenter de répondre aux demandes des proches des défunts, mais également planifier son « au-delà numérique » en rédigeant son « testament » : The Digital Beyond – premier blog consacré à la vie des données après la mort – liste ainsi près de 54 entreprises qui s’intéressent à la question de l’héritage numérique. Parmi lesquelles Remembered Voices qui permet d’enregistrer sa voix, ou Cirrus Legacy qui permet d’agréger une pluralité de comptes – email, hébergement, compte bancaire, etc. – et de définir leur destinée.

Pour en savoir plus, le témoignage de Caroline Twigg est ici.

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