Au Kenya, les chômeurs postulent par SMS

14 août 2012

Fiona Graham, reporter pour la BBC, ne s’étonne même plus de croiser un nouveau building à chaque coin rue de Nairobi, la capitale kenyane. Les raisons de cette prospérité ? « La croissance de l’industrie technologique, de 20% par an », explique-t-elle.

Cependant, les entreprises locales sont face à plusieurs défis : les 40% de chômage au Kenya sont le signe d’une main d’œuvre disponible mais pas ou mal qualifiée, il faut donc les former en interne. De plus, les étudiants récemment diplômés prennent difficilement connaissance des offres sur le marché du travail, notamment parce que le taux de pénétration d’Internet ne dépasse pas les 20%.

La journée type de recherche d’emploi est donc particulièrement éprouvante et coûteuse, et se traduit souvent par des aller-retours en bus en ville, à la recherche d’un café Internet, et l’achat des journaux locaux pour les petites annonces.

> Textoter son CV

C’est à partir de ce constat que Nancy Wang a lancé, avec deux autres entrepreneurs, la plate-forme M-Kazi. Dans un pays où plus de 70% de la population est équipée d’un téléphone portable, M-Kazi recueille les offres des recruteurs.

De leur côté, les chômeurs reçoivent une liste sur mesure des emplois grâce à un système de filtres, et peuvent répondre d’un simple message qui transmet leur CV.

« Nous ne prétendons pas réinventer la roue, des sites de recherche d’emplois existent déjà sur Internet. Ce que nous faisons est d’essayer de réduire le fossé entre les chômeurs et les recruteurs. Beaucoup de pays en Afrique, y compris le Kenya, sont très centralisés autour de deux ou trois villes. M-Kazi peut gommer la barrière géographique grâce au téléphone », explicite Nancy Wang dans une interview donnée au site Venture Capital for Africa.

Ce service sorti au printemps est pour l’instant gratuit et semble faciliter grandement la vie économique de certains acteurs :

« Ça m’a rendu les choses beaucoup plus faciles, surtout pour une petite structure comme la mienne. Je ne pouvais pas me permettre de payer les services d’un DRH ou des petites annonces dans les journaux », témoigne Monicah Ngongoo, à la tête d’une imprimerie depuis dix-huit mois.

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