Aujourd'hui, tous publiants !

23 avril 2012

Tenir un blog, participer à un forum, alimenter un compte Twitter ou Facebook, contribuer à Wikipédia, en 140 caractères ou en 10 pages, le web fut et demeurera, de sa naissance jusqu’à sa mort, un média de la publication. La publication comprise à la fois comme « éditorialisation de soi » mais aussi et surtout comme contribution à un espace public de construction de connaissances et de repères qui, pris tous ensemble, permettent de faire société.

Il faut cesser de limiter l’enseignement du numérique à des outils (tout outil est éphémère) ou, comme le fait le C2i, à l’addition de compétences qui ne valent rien sans acculturation profonde au fonctionnement du web comme média. Il faut donc enseigner l’activité de publication et en faire le pivot de l’apprentissage de l’ensemble des savoirs et des connaissances. Avec la même importance et le même soin que l’on prend, dès le cours préparatoire, à enseigner la lecture et l’écriture.

Apprendre à renseigner et à document l’activité de publication dans son contexte, dans différents environnements. Comprendre enfin que l’impossibilité de maîtriser un « savoir publier », sera demain un obstacle et une inégalité aussi clivante que l’est aujourd’hui celle de la non-maîtrise de la lecture et de l’écriture, un nouvel analphabétisme numérique hélas déjà observable. Cet enjeu est essentiel pour que chaque individu puisse trouver sa place dans le monde mouvant du numérique, mais il concerne également notre devenir collectif, car comme le rappelait Bernard Stiegler : « la démocratie est toujours liée à un processus de publication – c’est à dire de rendu public – qui rend possible un espace public : alphabet, imprimerie, audiovisuel, numérique. »

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