Brésil, Turquie… Twitter, courroie des contestations ? share
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Brésil, Turquie... Twitter, courroie des contestations ?

31 juillet 2013

Si Marx avait pu disposer d’un compte Twitter au moment de fonder l’Internationale, gageons que nous aurions eu tout le temps de goûter aux cerises. Car d’un point à l’autre du globe, les mouvements protestataires peuvent maintenant se soutenir et s’encourager par mots-dièses interposés. C’est l’une des découvertes du Social Media Collective, le blog de chercheurs de Microsoft auquel participe notamment danah boyd, à l’issue de l’une des manipulations de données dont ils ont le secret.

Twitter a joué un rôle de coordination et de diffusion d’informations dans chaque soulèvement depuis les Printemps arabes, mais chaque nouvelle révolte semble renforcer son rôle de relais des contestations populaires. Avec des usages différents selon le contexte politique et social de chaque pays, mais aussi de belles convergences. Et toujours des enseignements sur la façon dont les différents mouvements s’inspirent et se nourrissent les uns des autres.
 

La solidarité des indignés Turcs et Brésiliens

En examinant comment les Brésiliens ont utilisé Twitter au cours des mouvements de protestation de juin dernier – nous en avions d’ailleurs relayé une intéressante analyse ici – les chercheurs se sont en effet aperçus que la Turquie, elle-même sous le coup d’une contestation populaire du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, était aux premiers rangs des pays émetteurs de tweets signés des hashtags protestataires brésiliens. Les quelque 5500 tweets postés par plus de 3500 comptes Turcs ont remarquablement suivi les pics de la contestation brésilienne sur Twitter, avec toutefois quelques heures de décalage – le temps nécessaire pour que l’info se propage en Turquie via les médias traditionnels. 

Un usage de Twitter propre à chaque insurrection

Si ce relais d’opinion est intéressant à observer et souligne les similitudes entre les mouvements brésiliens et turcs, l’usage de Twitter reste un peu spécifique à chaque révolte. Pour mémoire, le réseau social à servi pendant les Printemps arabes à alerter la diaspora et l’opinion publique internationale, avec des tweets en anglais émis depuis le monde entier (on se souvient de l’exemple égyptien, avec moins de 30% des tweets protestataires issus de ce pays).

La Turquie a sans doute été le premier cas où Twitter a réellement contribué à organiser la contestation, avec plus de 90% de messages émis du pays et dans sa langue maternelle (il faut dire que les utilisateurs de Twitter cherchaient ainsi à se constituer en média alternatif pour contrer le mutisme des médias traditionnels turcs).

Quant au Brésil, d’où quelque 50% des tweets contestataires sont partis, Twitter s’est carrément institué en un second lieu de la protestation, véritable substitut de la rue puisque ses utilisateurs se mobilisaient en ligne, même lorsque cette dernière restait déserte. Ainsi au Brésil, compter les manifestants dans la rue ne suffit plus.

 

Pour en savoir plus sur l’usage des réseaux sociaux dans les événements brésiliens, c’est ici sur RSLN et là sur Social Media Collective !

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