Ce que le LOL nous raconte de l’évolution du langage​ share
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Ce que le LOL nous raconte de l'évolution du langage​

23 septembre 2014

Quand deux amis ont créé en 2007 le site I Can Has Cheezburger ? pour partager des LolCat, ces photos de chats avec des légendes en langage LOL (un anglais enfantin bourré d’erreurs syntaxiques ou orthographiques), ils ne se doutaient pas des implications socio-linguistiques de leur démarche sur le long terme. Sept ans plus tard, la communauté formé par les cheezpeeps (l’usage de peep repose ici sur jeu de mots entre people, les gens et to peep, « piper mot » ou comprendre) est toujours très active, communiquant toujours en langage LOL, Laughing Out of Load ou « Mort De Rire » en français.

Pour les linguistes, cela a tout d’un sociolecte, une variété de langue propre à un groupe social. Ces 20 dernières années, les sociolectes ont fleuri aux quatre coins du monde sous les touches des claviers d’ordinateurs et de téléphones. Ceux issus du web naissent d’un jeu, puis sous l’effet de la surenchère se complexifient et se développent. Agissant comme des langages codés, ils ont aussi une autre fonction non moins importante : certains mots finissent par entrer dans le dictionnaire. Par exemple, le néologisme anglais Woot est un cri de satisfaction créé en mélangeant l’exclamation « Wow ! » et la terminaison
–oot, très appréciée de deux groupes sociaux : avec loot (« butin » en français) les joueurs de jeux de rôles expriment leur satisfaction lors de la découverte d’un trésor. Avec root (« racine » en français), les hackers manifestent leur satisfaction quand ils réussissent à pénétrer dans un système informatique.

Ces sociolectes ont l’avantage d’offrir aux spécialistes l’opportunité d’étudier des évolutions linguistiques en cours, avec précision, chose qui est quasiment impossible à faire en étudiant les dialectes oraux.

Pour en savoir plus, lire l’article de The Atlantic ici.

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