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Ces Etats qui revendent les e-mails des électeurs américains

22 février 2012

Alors qu’aux Etats-Unis aussi, 2012 est une année électorale majeure, la chaîne Fox News a fait une découverte surprenante. Selon elle, dix-neuf Etats américains demandent à leurs concitoyens d’indiquer leur adresse e-mail sur les formulaires d’obtention des cartes électorales. Rien de bien étonnant jusque-là, si ce n’est que neuf de ces mêmes Etats n’ont pas hésité à revendre les coordonnées numériques de leurs administrés !

Les acheteurs ? Des partis politiques, des groupes organisés, des avocats et des militants, qui utilisent ces listings pour envoyer des messages non sollicités :

« La loi CAN-SPAM votée en 2003 restreint l’envoi de publicités en masse, mais pas les messages à caractère politique. Les politiques peuvent donc « spammer », et ne se privent pas pour le faire. Ces opinions, y compris électroniques, sont protégées par le Premier Amendement. », commente Kathleen Foster, qui a mené l’enquête.

Et la journaliste d’ajouter, avec une pointe d’ironie : « Si c’était pour faire des publicités pour le Viagra, cette vente serait considérée comme un délit dans certains Etats. Mais pour un message politique, c’est tout à fait légal. »

> Des données plus vraiment « personnelles »

A en croire le reportage, le plus gênant dans ces pratiques n’est finalement pas la revente des données personnelles, mais le fait que les citoyens sont sollicités sans avoir clairement donné leur accord. Lors de l’inscription sur les listes électorales, seuls quelques Etats rappellent aux électeurs qu’indiquer son adresse e-mail est facultatif, et aucun ne précise que, le cas échéant, ils peuvent la revendre à un tiers.

« Je pense que c’est vraiment une de ces histoires dont on ne parle pas assez, car tout se passe en coulisses », commente Kim Alexander, présidente de la California Voter Foundation, à l’origine d’un rapport, Voter Privacy in the Digital Age. « Ceux qui sont dans le business électoral, ceux qui administrent, ceux qui mènent la campagne, eux savent ce qui se passe. Les électeurs restent dans l’ombre. Cela doit changer, c’est irrespectueux et malhonnête », fustige-t-elle.

Comme en France, les citoyens américains ont le droit de s’opposer à de tels messages, mais selon certains professionnels de « l’e-mailing de masse », à peine plus de 1% d’entre eux se désinscrivent dans les faits.

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