Ces médias américains qui expliquent Internet sans le comprendre share
back to to

Ces médias américains qui expliquent Internet sans le comprendre

16 août 2012

Michael Massing a plutôt l’air fâché contre ses homologues : dans un billet publié par la Columbia Journalism Review et intitulé « L’engouement des médias pour Internet », le journaliste explique que la couverture médiatique – en ligne et hors ligne – au sujet d’Internet produit bien souvent des « affirmations pompeuses, excentriques et, en fin de compte, invérifiables ».

Il dénonce, parmi d’autres exemples, cette couverture du magazine Newsweek du 7 juillet, qui posait la question « Est-ce qu’Internet nous rend fou ? ». Un dossier qui comportait de véritables questions, dont le traitement laisserait pourtant vraiment à désirer  :

« Ces articles sont représentatifs de la littérature actuelle à propos des effets d’Internet. Ils offrent des spéculations sur les effets supposés du monde connecté sur les comportements humains et les relations sociales, recouvertes d’un vernis de légitimité […] issue d’une corporation en plein essor de psychologues numériques, de comportementalistes de l’informatique et autres experts en solitude », assène-t-il.

Et d’enfoncer le clou un peu plus :

« A la lecture de ces articles, au lieu de me demander si Internet nous rend fou, j’en viens plutôt à me demander si le Web ne rend pas les journalistes stupides. »

Pour Michael Massing, la presse américaine, bien qu’écrivant sans cesse sur Internet – le dernier transfert d’un PDG d’une firme hi-Tech à une autre ou la dernière appli à la mode –, a échoué dans l’examen profond « des questions importantes ».

« Beaucoup a été dit sur les effets de démocratisation permis par le Web, mais dans quelle mesure cela joue-t-il vraiment ? La Toile a-t-elle tenue ses promesses de rendre du pouvoir aux citoyens ? », s’interroge-t-il.

Le summum a été atteint lors de ce que les médias américains ont appelé, au prix de nombreux raccourcis selon lui, « la révolution Facebook », en référence au printemps arabe. Une façon de mettre un « label occidental » sur un événement qui a eu lieu au Moyen-Orient, et qui occulterait, en fin de compte, les nombreuses autres causes de ces soulèvements.

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email