Ces villes qui réservent des trottoirs aux addicts des smartphones share
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Ces villes qui réservent des trottoirs aux addicts des smartphones

16 septembre 2014

On dirait une plaisanterie, mais il s’agit d’un vrai problème au Japon et dans bien d’autres pays : l’émergence des « téléphones intelligents » semble rendre idiots les piétons… au point de générer des problèmes de circulation. Pour faire une place aux « dumbwalkers », les addicts aux écrans que nous sommes, est-ce à la rue de s’adapter ? Pour les villes de Washington aux Etats-Unis et Chongqin en Chine, la réponse est oui. Jugez plutôt.
 

« Utilisateurs de smartphones : marchez ici à vos risques et périls », peut-on lire sur les trottoirs de Washington DC, où une dure ligne blanche sépare désormais les marcheurs « nez en l’air » de ceux aux yeux écarquillés sur les écrans de leurs appareils mobiles. Ici, l’initiative n’émane cependant pas des autorités : les marques ont été peintes pour servir au tournage d’une nouvelle série de la National Geographic.

L’initiative est autrement plus officielle en Chine, où un porte-parole de la Mairie de Chongqin a défendu l’initiative en expliquant à CNN que le fait de marcher avec un smartphone est « un comportement dangereux avec des risques de sécurité potentiels ». En précisant que l’idée leur était venue… de l’expérience de Washington.

Comment ont réagi les passants à la vue des marques ? Selon certains observateurs, la voie réservée aux téléphones portables aurait attiré de nombreux autres usagers : à vélo, en fauteuil roulant, à cabas… Et nos fameux dumbwalkers ? La légende prétend qu’ils ne les auraient pas remarqués. 

L’installation a pourtant le mérite de nous donner à réfléchir sur l’impact de nos usages des technos dans la ville. Certes, les « piétons idiots » s’entrechoquent dans nos rues et se mettent parfois en danger. Mais les aménageurs doivent-ils cautionner ces comportements en les sécurisant ? Pour être « intelligente », la ville doit-elle ainsi dispenser ses citadins de penser ?

L’avenir devrait nous le dire assez vite. Car si l’intelligence d’une ville consiste plutôt à effacer la technologie, comme nous l’expliquait Gilles Babinet, gageons que les technos qui nous libèrent des écrans auront bientôt la peau des dumbwalkers : les chaussures ou les vestes qui vous chatouillent pour vous indiquer la bonne direction, par exemple, pourraient bien reléguer ces trottoirs compliqués aux côtés de nos vieilles cabines téléphoniques : parmi les gentils artefacts d’un autre âge de la technique…

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