Cette transparence floue où je suis vrai

28 février 2012

« Get naked and rule the world », avait titré Wired il y a 4 ans pour annoncer l’avènement de l’âge de la transparence. J’ai souvent regardé cette couverture car elle résume bien des contradictions auxquelles nous sommes confrontées dans nos vies en ligne. Je suis pour la transparence ; mais transparence ne veut pas dire exhaustivité.

Dans le monde physique, nous ne donnons jamais à voir que quelques facettes de nous-même à un instant donné ; l’idée d’appréhender un individu dans sa totalité est admise comme illusoire. Pourquoi en serait-il autrement en ligne ? La transparence telle que je la conçois est une identité numérique qui se veut fidèle à la réalité, c’est à dire forcément morcelée, impressionniste. Pour utiliser une métaphore, ce serait un miroir brisé dont les fragments formeraient une image d’ensemble fidèle à qui je suis.

Plus concrètement, je peux écouter du classique sur Spotify, du rap américain sur LastFM et des chants grégoriens sur Deezer : ces informations ne sont ni fausses ni contradictoires, elles composent qui je suis. Finalement, c’est dans cette transparence floue que je suis le plus vrai, et non dans un profil parfaitement exhaustif qui ne pourrait correspondre qu’à un lissage du réel.

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