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« On a longtemps cru le code informatique réservé aux hommes, mais c'est fini ! »

5 février 2014

Qui a dit que le code informatique était réservé à la gent masculine ? C’est dans le but d’initier les jeunes femmes aux langages des machines que l’association Girls In Tech, qui promeut la mixité dans les milieux traditionnellement masculins, s’est associée à Microsoft pour une série de dix séances au sein de l’accélérateur de startups MVA Paris – anciennement Spark. 

L’ambiance était chaleureuse mardi 4 février au soir pour le lancement de la première série de cours. Stéphanie Hertrich, programmeuse informatique chez Microsoft, a accompagné les jeunes femmes pour ces premières heures de travail, et pour elle, l’enjeu est de taille : 

« On est très loin de la parité dans les métiers techniques du numérique. Mais il y a de plus en plus de femmes dans le secteur qui sortent du lot et font parler d’elles, ce qui contribue à faire changer les choses. Mine de rien, le « geek » devient une tendance aussi, ce qui permet de changer les a priori que les femmes peuvent avoir sur le secteur. 

Ici on veut aider les futures entrepreneures à raccrocher le wagon entre les idées métiers et ce que ça veut dire en termes de technique. Mais on veut aussi permettre aux jeunes filles de mettre les mains dans le code pour comprendre ce que ça implique de développer. »

Dans l’arène, les quarante participantes, qu’elles soient étudiantes, jeunes diplômées ou déjà professionnelles, profitent des quelques minutes avant le cours pour partager leurs motivations avant de se lancer dans l’aventure. Jennifer raconte :

« J’ai participé à un hackathon pour applications sociales il y a quelques semaines. J’y étais chargée de projet, mais j’avais envie de continuer l’expérience et développer des compétences plus techniques. Je veux avoir les bases en code pour comprendre et maitriser les enjeux liés au travail des développeurs. »

Parler le même vocabulaire qu’un programmeur

Des envies qui sont partagées par la plupart des participantes. A l’image d’Aurélie, 26 ans, actuellement sans emploi mais qui souhaite lancer son entreprise :

« Je veux monter ma propre start-up et je sais que j’ai besoin d’être en phase avec les développeurs pour comprendre leur vocabulaire et être capable de développer ou réparer moi-même quelques petites choses, sans avoir à les solliciter. »

La compréhension des interlocuteurs professionnels semble par ailleurs s’imposer comme une priorité pour une majorité des jeunes femmes. Tiana, 28 ans, gérante d’une société d’assistance personnalisée à distance raconte :

« J’ai une certaine frustration aujourd’hui quand je parle à mon développeur, je ne sais pas communiquer correctement avec lui et c’est un vrai problème pour gérer un projet web et en maitriser toute la chaîne. Donc j’ai voulu mettre les mains dans le cambouis, pour être sure d’être plus efficace. »

Des barrières qui s’estompent

Si les femmes représentent près de la moitié de la population active, elles ne comptent que pour 28% de la filière numérique. Des barrières qui tendraient toutefois à s’atténuer selon les participantes. Teljah, 30 ans, chargée de communication dans une université explique :

« Selon moi ce sont principalement des barrières psychologiques qui existent. De la même manière qu’on nous a toujours appris que les plombiers, les maçons ou les mécaniciens étaient des métiers d’homme, on a longtemps imaginé que la programmation informatique leur était réservée. Mais aujourd’hui, avec Internet, les programmes pour sensibiliser les filles ou encore les nombreuses startupeuses, les choses changent beaucoup. »

Un constat que partagent Aurélie et Tiana. Et cette dernière d’ajouter :

« C’est une opportunité aujourd’hui d’être une femme dans le numérique parce qu’on bénéficie de nombreux programmes pour nous aider et nous accompagner. »

Entre algorithmie et développement d’applications

Pendant dix semaines, les jeunes femmes vont donc plonger dans le langage des machines. Après une première séance d’installation et de découverte des outils, les participantes vont appréhender les bases de l’algorithmie et les principes élémentaires du développement de logiciels. Elles seront même invitées à programmer leurs premières applications web et mobiles. Un programme ambitieux qui n’impressionne toutefois pas les jeunes femmes :

« Je travaille régulièrement seule dans mon travail, témoigne Teljah, chargée de communication dans une université. Je suis habituée à faire de l’édition et de l’intégration en ligne mais je voulais faire plus, donc j’ai sauté sur l’opportunité quand elle s’est présentée. Le programme est excitant, on n’a pas froid aux yeux ! »

S’il faudra attendre encore quelques années avant de voir le métier de « programmeuse informatique » investir la liste de ceux qui sont largement féminisés, ces séances ouvrent de nouveaux horizons à toute une génération de jeunes innovatrices motivées qui pourraient, qui sait, peut-être bientôt marcher dans les pas d’Ada Lovelace, « première informaticienne de l’histoire » et qui a donné son nom au langage de programmation du même nom. 

Pour celles qui seraient intéressées, il faudra attendre l’ouverture de la quatrième session puisque le programme est complet pour les trois premières semaines. Initiative à suivre … 

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