2012-2013 : d'un Museomix à l'autre

6 mars 2013

Pour son édition 2013, MuseoMix s’internationalise : de Québec à Nantes en passant par Birmingham, ce sont des musées du monde entier qui seront visités en novembre par les apprentis médiateurs culturels et passionnés d’innovation. D’un Museomix à l’autre, voici un petit flashback sur ce qu’a apporté au Musée gallo-romain de Lyon l’édition 2012… et un teaser de ce qu’annonce le nouveau cru.
 

2012, « une expérience à refaire » pour le musée Gallo-romain

Souvenez-vous : du 19 au 26 octobre 2012 avait lieu Museomix, l’évènement français créateur d’innovation dans les musées. Au moment où nos vies s’organisent autour de flux numériques et de partages, le musée doit-il fonctionner en vase clos ? Certainement pas. À l’origine du projet, une intuition : les visiteurs n’ont plus envie d’être des observateurs passifs et ne demandent qu’à devenir acteur de leur parcours, s’enrichir d’expériences multiples et échanger avec son réseau ou avec l’institution. 

En trois jours, les passionnés de web et de culture mobilisés par Muséomix avaient donc transformé le musée Gallo-romain de Lyon en un véritable « laboratoire de l’innovation muséale », créateur de méthodologies et de dispositifs de visites innovantes et collaboratives. Le tout mettant à profit toutes les opportunités offertes par les nouvelles technologies. 

Concrètement, il s’agissait d’inventer collectivement un concept d’interaction entre le visiteur et l’oeuvre et de le fabriquer avec tout le matériel mis à disposition par le musée. Ce qui revient souvent à associer un hardware (écran, objets confectionnés sur place grâce à un fab lab…) à un software (images, vidéos, logiciels interactifs). Tous les coups sont permis, tant qu’on met la technologie au service de la pédagogie. Par exemple, projeter du texte en français sur des dalles antiques peut révéler au visiteur le contenu en latin et ajoutant des images il devient possible de créer une passerelle entre deux époques.

Pour Mélanie Lioux, chargée de projets d’exposition au musée lyonnais, le premier apport de la démarche a été une formidable dynamique dans l’équipe du musée : 

« On a l’habitude de travailler entre services, mais généralement pas au même moment. Là ce qui était unique, c’est qu’on était tous mobilisés ensemble pour la même échéance, des médiateurs jusqu’à l’équipe d’accueil. 150 personnes qui viennent pendant trois jours, ce n’est pas le fonctionnement habituel ! »

Même si le musée ne s’était pas fixé d’obligation de résultat, Mélanie Lioux espérait que certains dispositifs leur « donnent des pistes de travail portées par d’autres regards, d’autres compétences ». Et cet espoir n’a pas été déçu : parmi les propositions faites par les Muséomixeurs en octobre dernier, le musée travaille maintenant au développement de quatre installations qui devraient être prêtes d’ici la rentrée. Notamment, un dispositif de parcours audio le long d’un fleuve romain représenté sur le sol du musée : l’équipe a continué à le tester avec des enfants et il sera développé avec le centre Erasme

 

La chargée d’expositions explique que l’expérience a enrichi sa vision de son propre métier. L’énergie et l’effervescence qui a habité le musée, le côté créatif et les idées neuves qui ont été apportées ont été très appréciées. À tel point que le conservateur du musée serait prêt à réitérer l’expérience avec d’autres évènements de cette ampleur.

Alors, le numérique a-t-il gagné ses lettres de noblesse en tant qu’outil de transformation des musées ? Mélanie Lioux se dit convaincue de leur intérêt quand il y a un propos, un fonds scientifique – à condition de ne pas « développer du gadget pour du gadget ». Ce qu’elle retient de MuséoMix 2012, ce sont avant tout les installations qui facilitent la lisibilité des sites archéologiques : pourquoi on creuse pour aller vers le passé ? Pourquoi les couches s’accumulent ? Pour faire comprendre cela aux visiteurs le musée Gallo-Romain a développé avec Erasme un Paper zoom, un dispositif de lecture d’image en plans qui fonctionne par capture de mouvements avec la Kinect. Quand on tend la main avec une feuille de papier, au niveau 0 on obtient une image, au niveau 1 une autre, dix centimètres au-dessus… « et le geste à faire faisait parfaitement comprendre l’idée d’accumulation et de couche de temps ». 

 


2013, vers l’infini et au-delà ?

Pour l’édition des 8,9 et 10 novembre prochain, l’équipe de MuséoMix a mis les bouchées doubles : pour la première fois, l’événement se déroulera dans plusieurs musées en même temps et dans plusieurs pays. Poumon de la coordination, la War Room retransmettra tous les Museomix en temps réel et offrira des espaces de « museomixage » en ligne, pour que les passionnés du monde entier puissent aider à distance les museomixeurs sur des besoins spécifiques (graphisme, programmation…).

Les musées intéressés par la démarche peuvent encore se manifester. L’équipe dévoilera la liste des hôtes retenus le 15 mars prochain, puis commencera la période de recrutement des participants jusqu’au 15 juin. 
 

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