A Paris, la Maison du Bitcoin s’ouvre aux start-ups, investisseurs et entreprises share
back to to

A Paris, la Maison du Bitcoin s'ouvre aux start-ups, investisseurs et entreprises

13 mai 2014

Ils étaient nombreux, les intéressés qui se sont rués dans La Maison Du Bitcoin pour son ouverture ce mardi 13 mai. Située en face du Numa, célèbre espace de coworking parisien, ce nouveau lieu de rassemblement a une ambition forte : sensibiliser le grand public à cette monnaie virtuelle et accompagner les start-up qui fondent leurs services dessus. 

Un Bitcoin, c’est quoi ?

Bitcoin connait un fort succès médiatique depuis déjà un an. Créé en 2009, ils est le symbole d’un modèle de banque en peer-to-peer : sans l’intermédiaire qu’est la banque, les coûts liés au bon fonctionnement du système sont répartis entre tous les utilisateurs. Quant aux risques, ils sont tout aussi dilués. Alternative aux monnaies traditionnelles, cette monnaie décentralisée donnerait ainsi un pouvoir au plus grand nombre, selon ses défenseurs. La quantité de Bitcoin en circulation est déterminée par un algorithme dont la mission est de maintenir et réguler jour après jour sa valeur sans intervention de l’Homme. Mais pour garantir des prix stables et éviter l’inflation, cette quantité est supposée rester limitée, ce qui entretient la rareté de la devise… et alimente la spéculation.

Sensibiliser et démocratiser l’usage

C’est dans l’idée de démocratiser son usage et de démontrer son potentiel que Thomas France et Eric Larchevêque ont ouvert ce nouvel espace.

Si l’ambition des deux co-fondateurs est forte, le Bitcoin souffre toutefois encore d’un manque de reconnaissance du public et même des autorités, bien qu’il soit soumis à la directive concernant les marchés d’instruments financiers. Thomas France, co-fondateur de La Maison du Bitcoin raconte :

« Le Bitcoin a un statut alégal. En France, ce n’est pas une monnaie car il n’est pas émis par une Banque Centrale. Ce n’est pas une devise car il n’est pas accepté par les autres pays. Ce n’est pas non plus un bien car il n’est pas soumis à la TVA. »

Afin de sensibiliser le grand public et permettre aux curieux de le tester, La Maison du Bitcoin offre un cadre pour les échanger de façon simple. Elle expose également des ordinateurs qui servent à la sécurisation des échanges :

« Notre but c’est aussi de démontrer que c’est sécurisé et que chaque transaction à l’échelle mondiale est notée, comme dans un grand livre, précise Thomas France. C’est comme si elle était inscrite et qu’on la tamponnait à la cire du logo des Bitcoins. »

L’idée : développer une relation de confiance entre les potentiels utilisateurs et cette monnaie virtuelle. Le co-fondateur indique : 

« Le protocole utilisé par les Bitcoins permet de résoudre le problème de confiance qu’ils peuvent poser. Mais finalement, quand on met sa carte dans un distributeur, sait-on exactement ce qui se passe ? Non. Mais nous avons confiance dans la banque puisque c’est une institution bien implantée. » 

L’enjeu de cette sensibilisation est majeur aujourd’hui selon Thomas France, car cette monnaie aurait le potentiel de changer la société et d’ouvrir la voie vers une plus grande inclusion

« Il n’y a pas de barrière à l’entrée comme ça peut être le cas avec des établissements traditionnels. Donc tout le monde peut participer à ce modèle économique. »

Mais s’il est considéré par certains comme un système d’échange alternatif crédible, au service de l’économie numérique ou contre les crises financières globalisées, d’autres s’inquiètent de ce que la valeur qu’elle crée continue d’échapper aux taxes qui financent l’Etat. D’autres encore, à l’image de Stanislas Jourdan, activiste et membre du collectif Ouishare, l’estiment même inégalitaire et dénoncent un système créé pour transformer ses créateurs en milliardaires. Parce qu’elle est fondée sur la rareté, cette monnaie perpétuerait aussi les défauts du système monétaire actuel – des défauts que ses successeurs (Dogecoin, Auroracoin…) s’efforcent quant à eux de gommer.

« Favoriser l’écosystème et faire émerger des leaders »

Outre le grand public, la Maison du Bitcoin vise surtout à attirer des entrepreneurs pour créer un écosystème dynamique :

« Le Bitcoin trouve sa valeur dans son réseau et dans le réseau de ceux qui l’utilisent, raconte Thomas France. Ici, on veut montrer que c’est une monnaie qui est bien ancrée dans le réel. On veut favoriser l’écosystème et faire émerger des leaders. »

A mi-chemin entre le coworking et l’incubateur de start-up, les deux co-fondateurs veulent permettre aux professionnels de se retrouver et accompagner les start-up qui veulent proposer des biens ou des services à partir de cette monnaie :

« En réunissant des start-up comme ça, on crée une certaine émulation. C’est aussi ce qui permettra d’attirer des business angels pour les innovateurs dans nos murs. On a tout ce qu’il faut en France pour que ça fonctionne : des entrepreneurs, des mathématiciens compétents… et maintenant l’espace dédié »

A peine est-il ouvert que déjà huit start-up ont réservé des postes qu’ils occuperont à partir de la semaine prochaine. Jeunes pousses à suivre donc…

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email