Alain Weill : « Le bilan des « newsroom » est excellent » share
back to to

Alain Weill : « Le bilan des "newsroom" est excellent »

6 juillet 2010

Alain Weill est le PDG du groupe Next RadioTV, l’un des plus grands groupes de média français, présent sur tous les supports, créé en à peine dix ans.

Il a créé NextRadio en 2000, et en a pris la présidence du directoire aussi rapidement. Après avoir racheté la radio RMC, dont l’audience était en chute libre, il a repris, en 2002, la radio BFM dans le cadre d’un plan de cession. Il a depuis lancé BFM TV,avant de se lancer dans la presse écrite en 2007, en rachetant le Groupe Tests, éditeur entre autres de 01 Informatique, Micro Hebdo et L’Ordinateur Individuel. Il possède par ailleurs une participation de 20% dans le quotidien économique La Tribune.

Multiplication des écrans, dématérialisation et avènement d’internet, émergence des sites sociaux, difficultés des journaux papiers, comment consommerons-nous l’information à l’avenir selon vous ?

Alain Weill : L’image va prendre de plus en plus d’importance. L’information va être davantage consommée avec l’image, avec le son. La radio sur Internet via le wifi, avant la radio numérique demain. Quant au texte, les tablettes vont créer une véritable révolution. Voilà de réelles opportunités pour l’information.

Face aux réseaux sociaux, les grands médias traditionnels sont-ils menacés ?

Pas du tout, mais ils doivent tenir compte du fait que les réseaux sociaux peuvent se substituer à eux, apportant des informations insolites, inattendues, pour au final enrichir l’offre. En revanche, sur l’analyse, le reportage, le décryptage, il faudra toujours des journalistes. Il n’y en aura pas moins demain, au contraire. Par ailleurs, les marques qui fonctionnent très fort sont les marques traditionnelles. On le voit très bien dans notre groupe. Pour toutes ces marques c’est une belle opportunité, à la condition de rester sur ses fondamentaux. Si on ne bouge pas, on est condamné à disparaître..

Que peut-on inventer comme interaction entre le média et son audience ?

Grâce aux réseaux sociaux, les auditeurs vont réagir plus vite, participer à un débat à côté de la radio. On va de plus en plus les utiliser. Nous avons d’ailleurs une équipe dédiée à l’animation des réseaux sociaux.

Vous êtes l’un des premiers à avoir introduit, en France, le concept de newsroom. Quel bilan en faites-vous ?

Il est excellent. Grâce à notre agence de presse RMC Sport, nous avons renforcé la rédaction sport de BFM TV. Cela se fait naturellement. Tout cela se passe très harmonieusement. Nous allons créer la chaîne d’information économique et financière BFM Business [lancement le 15 novembre], en nous appuyant sur les programmes de BFM radio, en créant un  site web et des applications pour les tablettes.

Dans ce contexte, que reste-t-il au papier ?

Dans le cas de la presse quotidienne, les tablettes seront une alternative au papier et c’est une véritable opportunité. Que l’information soit sur du papier ou ‘électronique c’est la même chose. Je ne sais pas si le papier disparaîtra totalement, mais le numérique sera une vraie alternative, plus écologique par ailleurs, et prendra progressivement le pas.

Gratuit, payant ou freemium, les sites d’infos cherchent la formule, en laquelle croyez-vous le plus ?

L’erreur serait d’avoir une religion définitive. Le web est une invention assez récente, aussi de nouveaux business models vont apparaître. L’e-commerce est ainsi devenu rentable avec le haut-débit. Le temps des médias est en train d’arriver sur internet. La video se généralise. Les tv font leur métier avec la VOD et la catch up tv, la radio avec le podcasting. Avec les tablettes on peut imaginer un modèle économique pour la presse.

Quel prix sommes-nous prêts à payer et pour quelle info ?

Pour des informations qui offrent une forte valeur ajoutée, on sait que les gens sont prêts à payer. C’est le cas dans le domaine de l’économie. En revanche, il sera difficile de faire payer ce qui est gratuit pas ailleurs.

> Visuel :

Alain Weill, université d’été du Medef 2008, par rsepulveda, licence CC

> Pour aller plus loin :

Making-of : pourquoi RSLN s’intéresse à l’info en ligne, par Eric Boustouller, Président de Microsoft France

Enquête, acte I : une info désintermédiée

Enquête, acte II : de nouveaux formats

Enquête, acte III : money, money, money

Nicholas Lemann (Columbia) : « Le journalisme en ligne fait désormais partie intégrante du journalisme de qualité »

Pierre Haski : « Sur Rue89, nous publions une vingtaine d’articles par jour, il en faudrait cinquante… »

– Tous nos articles sur les nouveaux médias

– Vous retrouverez également notre dossier dans le prochain numéro de Regards sur le numérique, version papier. L’abonnement (gratuit), c’est en bas de la home page.

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email