Inria/Microsoft : pourquoi (et comment) un laboratoire de recherche et une entreprise tech collaborent-ils ? share
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Inria/Microsoft : pourquoi (et comment) un laboratoire de recherche et une entreprise tech collaborent-ils ?

8 septembre 2015

Big Data, machine learning, imagerie médicale computationnelle, privacy… Autant de domaines dans lesquels Microsoft et l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) collaborent au sein d’un laboratoire de recherche commun. Mais comment un Institut comme l’Inria et une entreprise tech comme Microsoft travaillent-ils ensemble ? En quoi cela s’inscrit-il dans la stratégie de l’Inria ? Comment sont définis les axes de recherches ? Autant de questions que nous avons posé à son PDG, Antoine Petit.

 

L’Inria collabore depuis plusieurs années avec Microsoft. En quoi cela consiste-t-il concrètement ?

Antoine Petit : Dans le domaine de l’informatique, il n’est pas si courant d’avoir des laboratoires communs entre un acteur académique et un acteur industriel. D’autant plus qu’il s’agit, des deux côtés, de personnes au meilleur niveau international !

Ce laboratoire Inria/Microsoft a été créé en 2007 et permet la collaboration de chercheurs d’Inria et de Microsoft Research autour de thématiques qui évoluent année après année, selon l’état d’avancement des projets et les nouvelles propositions de coopérations.

 

Comment le laboratoire Microsoft Research-Inria se démarque-t-il des autres laboratoires en sciences informatiques ?

Antoine Petit : En France, les laboratoires communs avec une grande entreprise, qui sont déjà rares, sont pour la plupart virtuels. Le nôtre, lui, comprend un espace physique qui favorise la collaboration de chercheurs au quotidien. 

 

Quels en sont les principaux axes de recherche et comment sont-ils choisis ?

Antoine Petit : Les principales thématiques de recherche sont, à l’heure actuelle, l’imagerie médicale computationnelle, le machine learning, le Big Data, ou encore tout les réseaux sociaux d’information et de la protection de la vie privée.

Ces axes sont choisis par un comité de pilotage mixte entre Microsoft et Inria, sur proposition du directeur du laboratoire. C’est à lui qu’incombe de proposer de nouveaux sujets en fonction des intérêts des deux parties, le tout avec l’idée d’avoir des recherches qui auront potentiellement des applications concrètes, et pourront aussi intéresser Microsoft.

 

Quels sont les principaux résultats ou succès de ces recherches ?

Antoine Petit : Outre Leslie Lamport, qui a remporté le Prix Turing 2013, deux autres succès me viennent à l’esprit :

  • Georges Gonthier a par exemple travaillé sur le théorème des quatre couleurs puis sur celui de Feit-Thompson : l’idée était d’arriver à prouver automatiquement des théorèmes mathématiques. Cela demande un travail très important de modélisation et de formalisation, puisque la machine ne peut élaborer des preuves du type « il est évident que »…, pour avoir la garantie d’avoir une preuve totalement complète à la fin. Cela a des applications potentielles dans tout ce qui est vérification de logiciels, et notamment de ceux qui gèrent des centrales nucléaires ou le contrôle d’une fusée, par exemple.
  • Autre exemple : un travail mené en Italie autour de l’équipe de Jean Ponce (ENS Paris et Inria), qui consiste à faire de la reconstitution 3D du site de Pompéi, pour pouvoir le visiter de manière virtuelle. Le projet, qui porte le nom « Digital Pompéi », a été réalisé en collaboration avec les start-up Iconem et Cintoo 3D.

 

Carte du monde colorée à l'aide du théorème des 4 couleurs, y compris les océans.

– Carte du monde colorée à l’aide du théorème des quatre couleurs – 

 

En quoi ce partenariat s’inscrit-il dans la stratégie de l’Inria ?

Antoine Petit : Il est extrêmement important pour nous de travailler avec des partenaires industriels. Aujourd’hui, nous sommes convaincu que beaucoup d’innovations peuvent venir du numérique et que l’on se doit d’être à l’écoute des préoccupations industrielles.

De telles collaborations sont souhaitables sur le long terme : des solutions trouvées vont naître de nouveaux problèmes, ce qui permettra d’orienter une partie de nos recherches dans de nouvelles, avec de plus importantes sources d’applications potentielles.

 

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