Assises du numérique 2013 : libérer la croissance et l’entreprise par le numérique share
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Assises du numérique 2013 : libérer la croissance et l'entreprise par le numérique

3 décembre 2013

Pour leur 6ème édition, les Assises du numérique avaient choisi le Théâtre des Variétés afin d’accueillir les professionnels du numérique français. Principal thème de réflexion cette année : « libérer la croissance ».

« Pour une véritable politique industrielle du numérique »

C’est donc sans surprise que le Ministre du redressement productif Arnaud Montebourg est venu ouvrir le bal des intervenants, en soulignant l’importance de l’entrepreneuriat dans la politique d’innovation.

A cet effet il a rappelé une étude menée par le Boston Consulting Group qui explique qu’en 2020 en Europe, les Big Data devraient représenter un marché de 1000 milliards de dollars. Le gouvernement a donc fait du numérique son objectif phare afin de « libérer la croissance » :

« Nous nous sommes fixés 4 priorités, a annoncé le Ministre, la construction des infrastructures nécessaires, le soutien à la conception des nouvelles technologies, la stimulation de l’émergence des usages dans les politiques publiques via la commande publique, et la stimulation des territoires par des quartiers numériques. »

Arnaud Montebourg a par ailleurs rappelé les différentes initiatives dans lesquelles s’étaient engagées le gouvernement, notamment la mise en place d’hôpitaux numériques, les smart grids ou réseau intelligent dans les villes ou encore l’e-éducation. Mais il a aussi plaidé pour une véritable politique industrielle du numérique au sein de son ministère :

« C’est la naissance de cet écosystème (grandes entreprises, start-ups etc.) qui nous a fait travailler avec Fleur Pellerin sur les dispositifs pour capter la valeur liée à l’irrigation du numérique.

Une intervention conclue au son de « Vive la puissance numérique française, vive le redressement productif, vive le numérique et vive la France ! » : le ton était donné pour ces nouvelles assises.
 

L’utilisateur au cœur de l’innovation

L’année dernière, l’événement mettait déjà l’accent sur les services et les objets connectés pour stimuler la croissance. Cette année, le sujet n’a pas manqué d’être soulevé une nouvelle fois. L’Internet des objets bouleverse notre écosystème et transforme notre façon d’interagir avec notre milieu et nos modes d’organisation. 

En 2020, on estime qu’il y aura 80 milliards d’objets connectés avec un potentiel de 1.900 milliards de dollars de valeur pour l’économie mondiale. Et dans cette course à l’innovation, l’émergence de cette offre technologique pose la question de savoir où se situent la source de l’innovation et son catalyseur.

A cet effet Olivier Ezratty, expert-consultant en nouvelles technologies ou encore Laurence Allard, chercheuse à l’université Paris III, préconise de se tourner vers les usages. Selon eux, ce sont les utilisateurs d’aujourd’hui qui décident du marché de demain.

« Une invention naît toujours deux fois, précise Laurence Allard, l’invention d’abord et l’innovation sociale dans les usages ensuite. »

Selon les professionnels et les experts du numérique, il est également essentiel de porter une attention particulière à l’auto-organisation des jeunes et leurs pratiques d’éducation informelle de pair à pair

Dans le domaine, Laurence Allard précise que le discours sur l’innovation invite trop à la rhétorique du changement. Citant Peter Thiel, co-fondateur de Paypal, la chercheuse précise :

« On attendait des voitures volantes et à la place on a eu 140 caractères. »

Un avis également partagé par Philippe Portelli – Directeur des Usages Numériques (DUN) à l’université de Strasbourg. Pour lui l’éducation est un fabuleux terrain d’observation du changement. C’est par des ateliers et l’ouverture vers des modèles d’apprentissage alternatifs que cette culture des usages se démocratisera. 

Il a ainsi lancé un Centre de Culture Numérique au sein de l’Université de Strasbourg pour proposer un espace de travail partagé, collaboratif et qui permet une initiation aux services et outils du numérique. 

Concernant les usages, il engage le débat sur la notion de choix pour l’usager : à quel degré on veut intégrer le numérique dans notre vie et notre communauté ?

D’une culture des process à une culture de la donnée dans les entreprises

Autre élément abordé pendant la journée : le travail et son organisation à l’ère du numérique. En quoi le cloud impacte-t-il l’organisation du travail ?

Pour Olivier Ezratty « les usages ont un côté cyclique ». Point sur lequel rebondit Philippe Portelli pour insister sur le fait qu’aujourd’hui, nous connaissons un certain « retour à des valeurs partagées, qui nous interroge tout le temps sur notre rapport aux autres ». 

Le numérique et notamment le cloud permettent une organisation adaptative des méthodes de travail qui invitent à la collaboration et au partage. Isabelle Flory, Directrice en charge de l’Europe de l’Ouest chez Intel, rappelle qu’avec le numérique l’utilisateur est passé d’un usage passif à un usage actif générant ainsi créativité et innovation. 

Ainsi, les services dans le cloud permettent de créer ensemble et d’agir en tant que citoyen dans les entreprises, ce qui les pousse à se transformer et à donner un rôle central aux Directeurs des systèmes d’information (DSI). 

De nouvelles interactions citoyens-entreprises se dessinent et invitent ces dernières à passer de la culture du process à celle de la donnée. L’open data et le cloud s’imposent comme deux paramètres indispensables à intégrer dans la matrice fonctionnelle d’une entreprise pour plus d’agilité.

Pour Patrick Starck, Président de Cloudwatt les services « dans le nuage » permettent aux salariés d’innover n’importe où et n’importe quand. Ils facilitent les interactions, la logique métier, et surtout la flexibilité. Le salarié-citoyen s’intègre ainsi dans un écosystème au sein duquel il joue un rôle majeur et dont les nouveaux usages sont autant de nouvelles pratiques que l’entreprise doit adopter.

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