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Assises du Numérique : des services et objets connectés au service de la croissance

4 décembre 2012

Les Assises du Numérique ont réuni les professionnels du secteur les 29 et 30 novembre derniers au sein de l’université Paris-Dauphine. Une soixantaine d’intervenants se sont succédés sur la scène afin d’exposer les possibilités offertes par le numérique, pour une « Croissance Intelligente, Durable et Inclusive ». 

Le numérique provoque des changements majeurs à tous les niveaux de notre société, et à une échelle aussi bien nationale qu’internationale. Face à ces évolutions, les Assises du Numérique ont engagé la réflexion sur les nouveaux usages  provoqués par les services et les objets connectés, promesse de rapidité et d’efficacité. Compte-rendu.

> Commerces connectés à tout prix

Les boutiques qui parsèment les rues, qu’il s’agisse des grandes enseignes ou des commerces de proximité, réinventent leurs services au gré des évolutions technologiques. Les magasins connectés offrent donc de nouvelles perspectives aux commerçants et aux consommateurs, pour le meilleur et pour le pire. 

Le commerce mobile, ou m-commerce, connait une ascension fulgurante depuis quelques années. La France cumule désormais cent mille e-commerces contre trente-cinq mille en 2008, pour une activité qui pèse aujourd’hui près de trente-six millions d’euros. Preuve de cet engouement pour le commerce en ligne, 75% des internautes achètent sur Internet en France précise François Momboisse, Président de la FEVAD, Fédération e-commerce et vente à distance.

Selon lui, deux évolutions majeures ont été observées dans les usages du commerce :

« Le e-commerce croit dans tous les pays du monde, on a d’abord vu une augmentation considérable des commandes et des livraisons via internet, puis des commandes partout par le biais des smartphones. Le « cyber-monday », lundi suivant le « Black Friday » aux Etats-Unis, a facturé près d’un milliard de dollars en ligne ! 16% de ces achats ont effectués depuis les smartphones contre 10% l’an dernier. C’est une progression considérable ! »

 Le smartphone s’impose donc comme un outil privilégié pour atteindre le consommateur :

« Il redistribue les cartes, les commerçants peuvent ainsi être présents tout le temps avec les gens, mais ça permet aussi via la géo-localisation d’informer le consommateur sur la présence de son magasin préféré à proximité » précise François Momboisse.

> Invasion et protection des consommateurs

Mais si le m-commerce offre de nouveaux services aux consommateurs, notamment des applications de comparateurs de prix, on peut craindre une invasion des commerces dans le quotidien du consommateur, qui est alors constamment en posture d’achat. Une contestation à laquelle s’oppose François Momboisse qui précise que les clients choisissent ou non de s’abonner à ce type d’alertes. 

Et aux entreprises de veiller à leur renommée en ligne :

« Si celle-ci est mauvaise, elles seront susceptibles de voir le nombre de consommateur diminuer » ajoute François Momboisse.

Mais qu’en est-t-il de la protection des données personnelles ?

Une législation devrait bientôt voir le jour concernant la protection des données clients, rappelle le président de la FEVAD, et d’ajouter :

« Les entreprises ont tout intérêt à protéger les données des clients. Elles permettent d’avoir une offre personnalisée. Elles leurs sont essentielles. » 

> Les objets connectés, pour un leadership français ?

Les conférences ont également fait la part belle aux objets connectés. Véritable avantage comparatif de l’Hexagone, les créations françaises arrivent en tête des vente dans ce domaine comme le rappelle Bernard Benhamou, Délégué aux usages de l’Internet (DUI) :

« La France a une vraie valeur ajoutée en matière d’objets connectés. » 

En effet, avec la montée en puissance du « quantified self », ces objets ont le vent le poupe. Le secteur économique offre même de belles opportunités aux créateurs : 

« On a vu une chute des prix des capteurs, et on observe un phénomène important d’économies d’échelles donc à un changement radical dans ces industries » précise Bernard Benhamou qui ajoute : « La France peut affirmer son leadership dans ce domaine»

Le Délégué aux usages de l’Internet, qui met en garde contre la fuite des cerveaux européens vers des pays comme les Etats-Unis, met ainsi en valeur l’avantage et le potentiel de la France dans ce domaine porteur. Mais qu’en est-il, une nouvelle fois, de la vie privée dans le cadre de ces objets ?

Bernard Benhamou invoque ici le « droit au silence des puces », et la nécessité d’une logique industrielle se développant en accord avec les principes et le consentement des citoyens

> A quand les hôpitaux en réseau ?

Les hôpitaux subissent eux aussi de nombreuses mutations. Le numérique apporte ainsi sa contribution dans différents champs comme l’a rappelé Germain Zimmele, Directeur des Systèmes d’Information (DSI) à Hôpital de Strasbourg : 

« Qu’il s’agisse de l’imagerie médicale, de la mobilité, interne et externe, la robotisation ou la dématérialisation notamment administrative, les technologies de l’information et de la communication TIC impulsent un changement majeur au sein des structures de santé. » 

Les objets connectés, très présents dans le domaine de la santé révolutionnent aussi les pratiques des personnels soignants. Qu’il s’agisse des robots ou des capteurs, les TIC peuvent aider à fluidifier la circulation des informations au sein du personnel de santé comme l’a rappelé Thierry Zylberberg, Vice-Président d’Orange Healthcare.

Outre l’organisation administrative, les technologies, même les plus simples, peuvent donc contribuer à une meilleure performance des hôpitaux. Ainsi, certains médecins envoient désormais des rappels à leurs patients via SMS ou mails. De même, certains hôpitaux stockent désormais l’imagerie médicale dans le cloud.

Mais l’une des innovations essentielles préconisées par les professionnels reste la mise en réseau et la création d’un dossier électronique commun entre les hôpitaux, à l’image de ce qui fait aux Etats-Unis comme l’explique Antoine Flahault, Directeur de l’EHESP, l’Ecole des hautes études en santé publique :

« Les Etats-Unis n’ont pas un système de santé rêvé, loin de là, mais le système des anciens combattants est particulièrement intéressant. C’est un système public, totalement fonctionnarisé, et très avancé en matière de dossier électronique commun, la prise de rendez-vous via Internet, avec une fluidité entre la vie et l’hôpital qui est très intéressante. Et surtout, il y a une très grande connexion entre la recherche, la formation et la pratique.»

Reste à impulser une culture de la communication entre les différents acteurs pour que le système fonctionne, laquelle peine encore à s’installer dans l’Hexagone.

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