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Cécile Pfeiffer : « Toutes ensemble, on peut casser les codes ! »

Portrait 1 juin 2016
Responsable du digital et du social media pour Orange France et Sosh, Cécile Pfeiffer trace sa route au gré de ses envies. Parmi ses modèles féminins, elle cite « des femmes qui osent », comme Sheryl Sandberg ou… Beyoncé. Elle déplore tout autant que ses consœurs le manque de diversité dans le milieu du numérique et y voit un challenge à relever. Rencontre.

Dans le lecteur MP3 de Cécile Pfeiffer, on trouve aussi bien les nouveaux opus de Kanye West et de Drake que de James Blake. Et pour cause : c’est dans la musique que Cécile Pfeiffer démarre sa vie professionnelle. Après une formation « assez classique » – prépa HEC puis école de commerce à Marseille – elle travaille pendant sept ans en tant que chef de projet international en maisons de disque.

Chez Universal puis Warner Music, elle s’occupe notamment du lancement des albums de Sean Paul, The Streets, James Blunt ou de Muse, en plein bouleversement du marché du disque, « qui passait d’un marché physique à un marché digital. Dans le cadre du lancement de ces albums, j’ai travaillé sur des partenariats avec des plateformes numériques, type Virgin Mega, AOL, ou encore iTunes… »

Prise d’un véritable engouement pour le digital, Cécile Pfeiffer décide de se lancer « à 100% » dans ce qui était, à l’époque, une économie de niche :

« J’ai eu la chance de rejoindre Orange Vallée pour lancer WorMee, un site de streaming musical. On fonctionnait vraiment comme un start-up, en mode agile : résultat, on a lancé le site, et monté les partenariats label en moins d’un an. »

Social Room d'Orange (DR Orange France)

Des maisons de disque à la communication d’Orange France

« Avec WorMee, j’étais beaucoup sur le digital, les réseaux sociaux, je commençais à avoir un usage très poussé de Facebook et Twitter », explique-t-elle. Ce qui la conduit à rejoindre la direction de la communication d’Orange France pour monter le pôle réseaux sociaux et mettre en place les stratégies social media pour les marques Orange et Sosh. Aujourd’hui, elle travaille aussi activement sur des sujets de transformation et d’accélération digitale au sein de l’entreprise.

D’un naturel enthousiaste et curieux, Cécile Pfeiffer s’intéresse aux réseaux sociaux au-delà du cadre professionnel : « J’utilise surtout Twitter qui est mon principal outil de veille. C’est aussi un moyen d’échanger au quotidien avec mon réseau et de me connecter à de nouvelles personnes. ». Cécile Pfeiffer est aussi fascinée par la rapidité d’innovation de ces nouveaux canaux qui réinventent les usages : « Quand on voit que sur une certaine tranche d’âge, Snapchat a complètement réembarqué les jeunes et a réussi à transformer l’usage du mobile, je trouve ça incroyable. »

« Le métier que j’exercerai dans cinq ans n’existe peut-être pas encore ! »

Bien consciente des bouleversements que le numérique a impulsé, cette jeune femme pleine d’énergie sait qu’elle exerce un métier qui émergeait à peine il y a cinq ans, « tout comme celui que j’exercerai dans cinq ans n’existe peut-être pas encore ! ». Et ce serait trop facile de dire que seul son attrait indéniable pour le digital l’a menée où elle en est aujourd’hui. « Je dirais plutôt que ma passion, ma détermination et mon authenticité ont été mes clés pour réussir. »

Ce dernier trait de caractère pourrait en fait, à lui seul, la définir :

« J’ai remarqué que lorsqu’on est une femme dans un milieu d’hommes, on a tendance à vouloir être dure et à taper dans le tas pour exister, enchaîne-t-elle. Alors que rester soi-même et garder ses valeurs, dans le respect de l’autre, n’est pas incompatible avec la réussite. C’est même une vraie force qui permet de se différencier. »

Elle qui a évolué dans des milieux très masculins – l’industrie musicale, la publicité et le numérique – en sait quelque chose, même si elle n’a pas eu de difficultés à trouver sa place. Ce qui ne l’empêche pas de déplorer qu’il n’y ait « que 30% de femmes dans le numérique et moins de 20% de dirigeantes ». Un cruel manque de modèles, selon elle. « Ça peut être un frein pour se projeter. Il faut en faire un challenge, un défi de plus à relever. »

Casser les codes en osant davantage

Dans ses modèles, on retrouve aussi bien Beyoncé, dont elle apprécie « l’approche néoféministe », que Sheryl Sandberg, COO de Facebook et auteure d’En Avant Toutes. « Je ne suis pas en phase avec tout son discours, mais ce que je trouve incroyable dans ce livre, c’est qu’elle fait part de choses que l’on vit toutes, comme le syndrome d’imposture, ou le fait d’avoir du mal à se mettre en avant. Même elle, qui sort pourtant d’Harvard. C’est très déculpabilisant. »

Des problématiques qui affleurent souvent lorsqu’elle échange avec son réseau de femmes : « Des femmes issues du numérique, de l’entertainment, avec des jobs assez variés, mais qui partagent les mêmes réalités. Je me suis rendue compte que toutes ensemble, en en parlant, on peut casser les codes et avoir davantage d’audace. Il faut oser ! » Cela lui a, en effet, bien réussi.

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