Colloque Nouveau Monde 2.0 : « La politique, c’est aller serrer des mains » share
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Colloque Nouveau Monde 2.0 : « La politique, c'est aller serrer des mains »

21 octobre 2011
Dans le cadre du Colloque Nouveau Monde 2.0, Eric Besson animait, ce jeudi, un colloque intitulé « Démocratie 2.0 : du virtuel au politique », principalement centré autour du rôle d’internet dans les révolutions arabes, dont nous vous avons déjà parlé à plusieurs reprises.
 
Sur la question de la « soif » d’Internet constatée dans tous les pays après le basculement des régimes de l’autoritarisme vers la démocratie, Omar Saghi, politologue, et notamment intervenant à l’IEP de Paris, s’est risqué à un pronostic à contre-courant plutôt stiumulant, que nous décidons de vous relayer. 
 
Selon lui, en effet, l’usage du net devrait, petit à petit, « se normaliser », sinon diminuer :
 
« Les Tunisiens se sont jetés sur les nouveaux outils […] qui se sont développés à l’insu du pouvoir officiel, car la censure qui était appliquée à Internet était tout autre que celle des médias traditionnels : le vieux pouvoir se disait qu’il suffisait de contrôler les médias traditionnels. 

Je pense qu’Internet va finir par reprendre son rôle. Celui de permettre la diffusion d’information, le débat, mais en aucune manière de faire la révolution. On doit faire l’histoire dans la vie réelle : c’est ça, la politique, il faut aller serrer des mains, et non rester devant un écran d’ordinateur.


Encore une fois : si les choses se passent naturellement, cela doit s’arrêter, Internet reprendra sa place qui ne doit pas être la première dans le monde politique. Et c’est sans doute pour cela qu’en France, quand on fait de la politique, c’est d’abord dans la rue. »
 
Pour faire encore plus simple : le succès du net comme outil démocratique serait conditionné au caractère autoritaire ou démocratique du régime en place.
 
Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters Sans Frontières pronostique le même retour de balancier, mais pour une raison toute autre : celui du risque de l’« infobésité » :
 
« Il y aura régulation. Physiquement, c’est impossible de tout lire, il y a forcément une régulation, un tri, une hiérarchisation, entre tous les contenus publiés sur internet », juge-t-il.
 
Il raconte avoir été très dépaysé, lors d’un récent voyage à Tunis, par des citoyens tunisiens qui, lorsqu’ils le rencontraient, se revendiquaient un « statut » de blogueur :
 
« En France, quand vous racontez être un blogueur, on vous dit : "d’accord, mais dans la vraie vie", quad faites vous ? En Tunisie, on vous prend tout à fait au sérieux. »
 

 > Visuels utilisés dans ce billet : 

 Photo des manifestations tunisiennes postées par nassernouri, licence CC: 032

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