Comment Cambridge s’est retrouvée au coeur de l’innovation en Europe ? (2/3) share
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Comment Cambridge s'est retrouvée au coeur de l'innovation en Europe ? (2/3)

16 février 2011

(visuel : We <3 Cambridge, flickr, licence CC, Sorcyress) 

Spin-out  – universitaires ou non -, brassage d’idées à la fac, vivier des talents, et incubateurs : voici quelques-uns des facteurs identifiés dans la première partie de notre enquête sur le succès du mix recherche-entreprises « made in Cambridge », qui pourrait éclairer un grand nombre de tentatives de rapprochements géographiques menées en France.

Nous nous intéressons désormais à l’un des axes de progrès potentiel, qui pourrait permettre à Cambridge de rattraper définitivement la Silicon Valley : que faut-il faire pour que le territoire donne naissance à des géants mondiaux ?

1. Organiser le transfert de compétences

L’une des pistes passe sans doute par la capacité à attirer plus de centres de R&D des géants de l’informatique – d’autant que les start-up nées à Cambridge ne sont généralement pas suffisamment importantes pour créer ces branches R&D avant d’être rachetées par des boîtes ayant leurs sièges sociaux … ailleurs dans le monde. Car, oui, les sièges sociaux contribuent au dynamisme de la Silicon Valley !

Une des solutions à cela : le développement de centres de transfert de compétences, qui peuvent intéresser des multinationales. L’immeuble « Broers », par exemple, une initiative 100% privée, a été conçu pour permettre à des petites et des grandes entreprises de travailler avec des chercheurs, pour commercialiser des technologies.

Il accueille ainsi le centre de recherches de Nokia, ainsi que Base 4 Innovation, un « spin-out » créé depuis les laboratoires Cavendish, regroupement de chercheurs spécialistes ès biologie moléculaire.

A côté du Broers, on trouve le Forum Hauser, créé par Hermann Hauser et sa femme, mais également l’agence de développement économique locale. Son objectif : « stimuler l’innovation économique entre des start-up et des groupes industriels bien établis », mais également entre « les clusters et l’université ».

Ces deux bâtiments se trouvent dans un espace dédié, le « New West Cambridge Research and Development Park », qui accueille également les labos où le laboratoire « Cavendish » planche sur la recherche en physique, le laboratoire Whittle sur la mécanique des fluides et la thermodynamique … et les étudiants en véto, le tout à côté de Microsoft Research, et du centre de recherche du groupe Schlumberger !

2. Ce qui compte, c’est l’agilité !

N’en déplaise aux politiques et administratifs qui défilent à la pelle à Cambridge pour tenter d’en percer les secrets, tous ceux qui font partie de cet écosystème de l’innovation vous le diront : il n’y a pas de modèle prédéterminé qui permette l’innovation.

Tout simplement car le modèle mis en place à Cambridge, qui permet de transformer la recherche en gains économiques, est déjà en train d’être à son tour transformé et amélioré. Ce qui compte avant tout, c’est donc l’agilité.

« On fonctionne de différentes manières, et nous cherchons à sans cesse renouveler nos méthodes de travail », décrypte Ian Leslie, professeur d’informatique au labo de recherche en informatique, et ancien vice-doyen chargé de la recherche.

Autrement dit : le jour où quelqu’un dévoilera la recette du succès de Cambridge, il y a beaucoup de chances … qu’elle ait alors été largement modifiée. Tenez-le vous pour dit !

(Cet article est l’adaptation française, réalisée par RSLN, d’un reportage diffusé dans le numéro 7 de Futures, le magazine européen dédié à l’innovation publié par Microsoft.

Reportage : Michael Kenward, Antoine Bayet pour la version française)

> Pour aller plus loin :

> Illustrations :

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