Comment Cambridge s’est retrouvée au coeur de l’innovation en Europe ? (3/3) share
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Comment Cambridge s’est retrouvée au coeur de l’innovation en Europe ? (3/3)

17 février 2011

Les pôles d’innovation sont-ils plus résistants à la crise que les centres d’économie « traditionnels » ? C’est en résumé ce que tend à prouver une récente étude, "Résilience et réponses aux cycles sur le cluster de Cambridge"(pdf), rédigée par Alex Drofiak et Elizabeth Garnsey.

Il s’agit en fait d’une analyse des tendances observées dans les entreprises high-tech du cluster de Cambridge, au cours des deux dernières décennies. Elle vise plus particulièrement à interpréter le comportement des entreprises à travers les trois crises économiques majeures de cette période : la récession économique du début des années 90, l’éclatement de la bulle Internet en 2000, et bien sûr la crise bancaire et financière initiée en 2008.

Evidemment, Cambridge a bien été touchée par la crise. Mais l’expansion de son pôle d’entreprises de haute technologie témoigne d’un certain nombre de réussites entrepreneuriales et, surtout, d’un taux important de résistance des nouvelles entreprises à la crise.

> Plusieurs explications à cela :

Tout d’abord, le pôle de Cambridge peut compter sur un réseau d’entreprises solides. Créées au début des années 90, en pleine récession, leur taux de survie a été largement supérieur à ceux constatés dans le reste du pays.

La raison ? Les entreprises montées en période de vache maigre sont celles développant de vraies perspectives, et répondant à un réel besoin. D’autant plus que la conjoncture leur permet ensuite de se développer pendant les booms économiques, et d’afficher une meilleure résistance aux aléas économiques.

A Cambridge, le taux d’entreprises fondées pendant les périodes d’expansion économique est moins important que dans le reste de l’Angleterre. Ce qui explique la plus faible réaction de ces entreprises à la volatilité économique, l’instabilité des micro startups créées pendant ces périodes étant extrêmement forte.

Autre point fort du pôle : un modèle économique particulier. Cambridge s’est focalisée sur la création d’entreprises spécialisées dans des marchés de niche. Lors du crash Internet, entre 2000 et 2002, cette structure a permis aux entreprises de ne pas subir la conjoncture négative et de se placer dans une dynamique très différente d’autres centres économiques, moins spécialisés.

Enfin, les entreprises du pôle de Cambridge bénéficient de l’avantage d’être directement adossées à une structure universitaire importante. C’est notamment ce qui a permis à certaines d’entre elles de bénéficier de solutions d’investissement, alors que la crise bancaire récente rendait la demande de fonds très délicate.

L’accumulation de compétences dans une zone restreinte est d’ailleurs l’un des avantages-clés du pôle de Cambridge, selon nos deux chercheurs. Le nombre important de brevets et les transferts de compétences pointues entre entreprises expliquent notamment la longévité des entreprises du secteur. Preuve supplémentaire de leur qualité : celles qui ont été créées sur le site résistent bien mieux, dans le temps, que celles dont le siège a été installé plus tardivement au sein du pôle.

> Un avenir radieux ? 

Après 2004, la chute du nombre de startups spécialisées dans le secteur high-tech, cumulée à la hausse du nombre de faillites et de départs, a montré que Cambridge était également soumise aux rigueurs économiques. Les effets de ce phénomène sur le long terme dépendront du taux de survie des entreprises, et de leur croissance.

Mais un élément laisse entrevoir un futur plutôt rassurant : plusieurs entreprises spécialisées dans les technologies émergentes sont en train de voir le jour. Formées en temps de crise, on leur promet le même parcours que les affaires créées dans la tourmente économique du début des années 90.

« Je suis convaincu que les périodes difficiles encouragent la créativité. Et que dans cinq ou dix ans, nous observerons encore cela, au sujet des entreprises créées en ce moment … », pronostique ainsi Charles Cotton, à la tête de Cambridge Phenomenon Limited.

Preuve en est que compétences pointues et innovation continuent d’animer les entreprises de Cambridge, et annoncent de belles perspectives de croissance, dans un contexte financier où les hautes technologies sont plus que jamais importantes en termes d’exportations et de compétences pour le futur.

(Cet article est l’adaptation française, réalisée par RSLN, d’un reportage diffusé dans le numéro 7 de Futures, le magazine européen dédié à l’innovation publié par Microsoft.

Reportage : Michael Kenward, Yvane Jacob pour la version française)

> Pour aller plus loin :

> Visuels :

 

 

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