Comment le numérique vous aide à mieux respirer

8 août 2014

Les mois les plus pollués en France sont sans conteste les mois les plus chauds : entre particules qui stagnent dans l’air faute de vent et / ou de pluie et fort ensoleillement, les polluants prolifèrent. Mais les nouvelles technologies permettent de mieux s’informer sur les épisodes de pollution et les moyens d’améliorer la qualité de l’air passent aussi par des mesures plus fines et des dispositifs spécifiques. Tour d’horizon des solutions pour mieux respirer.

En amont : nettoyage et mesures au programme

Dans un récent communiqué de presse, la Commission européenne constatait que :

La pollution atmosphérique est l’une des premières causes de décès en Europe. En 2010, elle aurait causé la mort prématurée de plus de 400 000 personnes dans l’UE. La mauvaise qualité de l’air a également d’autres répercussions : elle augmente les coûts médicaux, diminue la productivité économique, nuit aux récoltes et endommage les bâtiments.

Sur le site Développement durable du gouvernement, le phénomène est pris très au sérieux et la liste des polluants est exhaustive. Entre évaporation des solvants, fumées des usines, gaz des véhicules, fumées de tabac et émanations des chauffages individuels, les sources de pollution de l’air sont nombreuses. Mais les nouvelles technologies peuvent avoir un apport conséquent.

Déjà en 2008, Corinne Lepage expliquait dans nos colonnes que :

« Les technologies de l´information et de la communication ont en effet un rôle absolument central à jouer dans la question du développement durable. […] les nouvelles technologies révolutionnent le partage et la diffusion de la connaissance.

À Paris, le 17 juillet dernier, les habitants ont dû se plier à quelques mesures de protection suite à un nouvel épisode de pollution. La ville, qui connait régulièrement des pics de ce type, a une connaissance excellente de la pollution atmosphérique au sol grâce à Airparif, mais moins pointue en altitude. Pour avoir plus de précisions sur les particules circulantes, un ballon dirigeable a sondé le ciel parisien pour déterminer ce qui, de l’ozone ou qui des particules fines, polluait le plus. Et ainsi mieux comprendre comment se diffusent les pics de pollution.

Mais d’autres pays sont aussi concernés par la pollution de l’air. À autre continent, autre dispositif. Dans un pays où les particules fines sont la 4ème cause de décès, la lutte contre la pollution est devenue en Chine une priorité du gouvernement. Le pays a récemment décidé d’utiliser des drones pour réduire la pollution atmosphérique, menaçante pour sa population. Lesdits drones survolent les usines et autres complexes industriels pour repérer les infractions.

Se prémunir d’une mauvaise qualité de l’air

De nombreuses propositions pour lutter contre la pollution dans les grandes villes viennent du numérique, comme le parapluie pour mesurer la qualité de l’air ou encore le masque qui combine filtrage de l’air et informations en temps réel.

Mais les citoyens ont aussi la possibilité de suivre en temps (quasi) réel la qualité de l’air et peuvent alors adapter leurs déplacements et sorties en fonction de la pollution.

Récemment, un projet soutenu par la Commission européenne propose de connaitre l’ensemble des polluants auxquels chaque citoyen est confronté au quotidien, à pieds ou à vélo. AirProbe, application mise en place par la Belgique, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume Uni, fonctionne avec l’association de capteurs.

Dans le même esprit, Allairgoo en France permet de savoir s’il faut ou non sortir. L’offre donne accès à des informations sur la qualité de l’air dans plus de 1080 villes à travers le monde. Selon la startup, le coût sanitaire s’élève à “100 milliards d’euros par an dans l’UE : médicaments, hospitalisation, arrêts maladie.” Pour pouvoir rester informé de la qualité de l’air et, de fait, se protéger contre certains polluants dont le pic explose lors des épisodes de pollution intenses, l’application – disponible sur mobile – envoie des alertes. Le fondateur précise :

Si la pollution dépasse un niveau qu’on choisit soi-même en fonction de son propre ressenti : Tout le monde ne réagit pas de la même façon, et cela permet ensuite d’adapter son comportement : pas d’effort, changer de lieu, passer le week-end au vert quand on a la chance de pouvoir le faire.

Mais si la pollution atmosphérique est un fléau pour la santé des populations, la pollution sonore bénéficie également d’applications capables de renseigner sur le niveau sonore d’un environnement. Avec le projet AirProbe, les chercheurs ont développé WideNoise, dont l’objectif est la mesure des niveaux de pollution pour nos oreilles.

Vittorio Loreto, coordinateur du projet Everyaware auquel appartient WideNoise et chercheur en physique déclarait :

« Le projet EveryAware vise en réalité à donner aux particuliers plus de moyens d’action ainsi que des outils simples mais précis pour mesurer la qualité de l’air et les niveaux de bruit. Ensuite, nous analysons l’usage que ceux-ci font du système et les données recueillies. »

En juin 2008, Stavros Dimas, commissaire européen à l’environnement précisait que « le changement climatique est un des défis majeurs de notre temps […] le passage à une économie à faibles émissions de CO2 nous obligera à changer radicalement nos styles de vie, nos habitudes de chaque jour, nos mode de production, de consommation et de gestion des déchets« .

Associées aux diverses possibilités offertes par les technologies numériques, une meilleure identification des mauvais comportements et la possibilité de rester informé devraient permettre aux pouvoirs publics, comme aux citoyens d’agir en conséquence.

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