Data Culture : quand le ministère de la culture développe son côté numérique share
back to to

Data Culture : quand le ministère de la culture développe son côté numérique

16 mai 2013

Mercredi 15 mai, le ministère de la culture organisait la première journée Data Culture. L’objectif ? Introduire les cultures numériques en mobilisant l’open data au sein du ministère et auprès des services innovants. Retour sur les raisons d’être de la journée et focus sur l’atelier de manipulation de données publiques Data Cooking.

« Lancer un écosystème numérique au sein du ministère de la culture »

L’initiative est une première pour le ministère qui cherche à rendre ses services plus innovants et à répondre plus efficacement aux attentes des usagers. Camille Domange, récemment nommé chef du département des programmes numériques au sein du secrétariat général du ministère, explique :

« Notre but est de coordonner la politique du ministère en matière de diffusion, de circulation et de réappropriation des données et des contenus culturels numériques sur Internet et sur les réseaux. Nous avons vocation à coordonner la politique numérique du ministère et nous avons plusieurs problématiques en incubation dans notre département notamment l’open data et les big data. »

Créé en 2010, le département veut aujourd’hui accélérer son action au sein du ministère et sensibiliser les plus hautes sphères de l’administration à ces questions :

« Nous passons d’une logique de programme à une logique de politique publique d’où la publication récente du rapport data culture qui s’inscrit dans la réflexion du ministère sur l’ouverture des données culturelles et de les encadrer juridiquement et économiquement » commente ainsi Camille Domange qui souhaite « lancer un écosystème numérique au sein du ministère de la culture.  »

Intervention d’Henri Verdier, directeur d’Etalab

Une diffusion à l’échelle nationale

Et le processus doit mobiliser l’ensemble des acteurs, à tous les niveaux :

« L’idée était vraiment de travailler ensemble pour renouveler les politiques publiques. Les politiques publiques numériques ne peuvent pas se faire de manière descendante, d’un secrétariat général vers des opérateurs mais au contraire ce sont les opérateurs qui doivent nourrir la réflexion, des utilisateurs, des citoyens, pour permettre d’incuber la réflexion en interne. »

Mais cette culture numérique doit se diffuser à l’échelle nationale dans les politiques du ministère a ainsi précisé le chef du département des programmes numériques :

« Le deuxième axe fort est d’insuffler une territorialisation des politiques numériques. […] La modernisation de l’action publique […] passe par la mise en relation des différentes entités culturelles et passe aussi par l’usager au centre des discussions. On travaille pour qui et pourquoi ? Il faut qu’il y ait un intérêt pour les citoyens. »

Travaux de groupe pendant l’atelier Data Cooking

Atelier #DataCooking pour cuisiner les données publiques

Après une matinée d’introduction aux enjeux du numérique dans l’administration et – entre autres – les présentations d’Henri Verdier, directeur d’Etalab, d’Arnaud Beaufort, directeur des services et des réseaux de la Bibliothèque nationale de France (BNF) ou encore de Noël Corbin, secrétaire général adjoint du ministère, les agents du ministère ont donc été invités à tester « la cuisine » des données publiques.

À l’image des hackatons et répartis en six groupes de six, les participants devaient « cuisiner » les données publiques pour créer des services innovants. Un atelier organisé sur la base du co-working précise Camille Domange :

« Le co-working c’est s’inspirer de l’extérieur et des start-ups notamment. [..] Le ministère de la culture a fait le pari de la jeunesse. L’idée c’est d’inscrire cette dynamique d’innovation sur le fond, sur des sujets qui sont à défricher, de délivrer des boites à outils et de sensibiliser aux bonnes pratiques pour ensuite d’accompagner ce mouvement chez nos opérateurs et de travailler sur des stratégies numériques haute couture. »

Bases de données, design de services et plateformes numériques, rien ne devait être laissé au hasard par les quarante participants pour construire des services innovants et pertinents. Et les résultats étaient à la hauteur des attentes puisque les groupes ont présenté une multiplicité de projets suivant différents thèmes:

L’un des groupes a donc voulu faciliter l’organisation d’un événement. En partant d’un set de données concernant les musées, ils ont imaginé une application utilisant la géolocalisation et l’analyse prédictive pour la Nuit des Musées afin de permettre une meilleure organisation de l’événement, et pourquoi pas, de créer une base de photos crowdsourcées de la soirée.

Plusieurs groupes ont pour leur part cherché à changer l’expérience de consommation culturelle des Français. Un premier a ainsi « cuisiné » un voyage à travers les différentes institutions culturelles. En mobilisant la réalité augmentée et le crowdsourcing, les visiteurs des musées pourraient par exemple rassembler des objets lors de leurs visites et les stocker en ligne dans un espace personnalisé.

 

Un deuxième groupe a mobilisé les données concernant la fréquentation des salles de cinéma et a développé une approche par filière avec une application aidant les communes à gérer l’exploitation cinématographique dans leurs villes. Un dispositif qui pourrait être complété par une application grand public croisant les données pour une approche historique des films.

Un autre groupe a pensé à une application offrant la possibilité de faire des balades sonores « éditorialisées » dans une ville à partir, entre autres, des données sur l’écoute quotidienne des musiques. Et là encore, les utilisateurs seraient mis à contribution puisqu’ils pourraient enrichir la playlist.

Autre idée marquante : une application/jeu pour les journées européennes du patrimoine afin de crowdsourcer les objets vus et de les localiser sur une carte – pratique du mapping – et de créer une émulation territoriale locale.

Enfin, un dernier groupe a imaginé une application plus sociale, « Culture Aides », permettant aux internautes et aux mobinautes de savoir comment être éligibles aux différentes aides du ministère, les montants et les bénéficiaires potentiels.

Et les idées fusent pour la prochaine journée Data Culture. En ligne de mire, le Data content pour sensibiliser les acteurs du ministère aux licences libres.

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email