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De l'analogique vers le numérique : tout va disparaître ?

4 janvier 2012

Qu’est-ce que l’analogique ? Pourquoi sauvegarder les données des VHS ? Quelles techniques sont utilisées et pourquoi ? Qu’est-ce que cela implique ? Autant de questions que vous vous posez mais qui préoccupent aussi les professionnels des archives…

Analogique ? Numérique ? De quoi parle-t-on ?

L’analogique et le numérique sont des procédés pour stocker des données. Une cassette vidéo, une cassette audio ou un disque vinyle sont des supports analogiques. Un CD, ou compact disk, un fichier sur votre disque dur, sont des supports numériques.

Les systèmes sont dits analogiques lorsqu’ils convertissent les informations en une autre valeur qui varie de façon analogue à la source. Alors que les systèmes dits numériques convertissent les informations en valeurs comprises dans une liste prédéfinie de valeurs. Les systèmes analogiques sont particulièrement utiles pour la capture des informations qu’ils retranscrivent avec fidélité.

Les systèmes numériques quant à eux permettent également de retranscrire des données, mais avec moins de précision. Le terme numérique signifie la représentation par les nombres. Les systèmes numériques utilisent des valeurs discontinues pour capturer les données.

Sur vos cassettes vidéo, les données sont inscrites sur la bande magnétique grâce à la polarisation des particules magnétiques. Le problème ? La durée de vie d’une bande est en moyenne de quinze ans, quarante ans dans des conditions parfaites –pas d’humidité, de chaleur ou de lumière. Et comme le temps passe bien vite, ou que vous ne stockez pas les premiers pas de vos enfants dans un coffre-fort, il faudra bientôt penser à numériser vos documents.

Comment se déroule la numérisation des données ?

Pour vos films ou vos vinyles, il y a deux types de procédés possibles pour numériser vos données.

Le premier procédé consiste à réenregistrer les données à partir des documents originaux. Pour un film par exemple, il est projeté et filmé en parallèle grâce à une caméra numérique. Pour une image, on la numérise grâce à un scanner qui retranscrit les couleurs par exemple en données binaires. Lorsque l’on ne veut pas perdre en qualité, lors de la numérisation des films, les professionnels utilisent parfois une technique particulière. Chaque image de la pellicule est scannée et numérisée, la vitesse de défilement est réappliquée. De cette façon, chaque détail est conservé et les défauts peuvent être corrigés sur chaque image.

Le second procédé consiste à utiliser des convertisseurs analogique-numérique. Dans ce cas-là, c’est l’outil d’enregistrement qui fait directement la conversion en numérique. C’est ce qui se passe par exemple avec un numériscope, ou magnétoscope numérique : lors de la diffusion d’un signal vidéo et du son associé les données sont numérisées.

La numérisation : la conservation des données assurée ?

Oui et non. Etant donné que les supports et la lecture de données analogiques sont en train de disparaître, la numérisation permet de sauver vos photographies, vos films. La numérisation remplace donc bien les fragiles bandes magnétiques. Elle offre aussi l’avantage de faciliter l’indexation et la consultation des données. La numérisation est aussi une bonne façon de protéger les documents originaux : elle permet de reproduire, manipuler, annoter à l’infini un document sans avoir à toucher le document original.

Cependant, la numérisation des données est parfois décriée pour la perte de qualité que certains procédés impliquent –notamment ceux qui compressent les données. L’exemple des morceaux de musique est d’ailleurs flagrant et dénoncé depuis l’existence des CDs. Traduire et trahir, le débat est finalement le même que pour deux langues différentes… Et surtout, il ne suffit pas de numériser des données pour assurer leur conservation : il faut là aussi des conditions de stockage optimales et des protections contre les virus. Enfin l’accessibilité des données repose sur la compatibilité des formats et sur la mise en place de système d’indexation en amont.

Les projets de numérisation de données sont en marche

Avec la globalisation de l’idée de patrimoine culturel, la numérisation des données préoccupe de plus en plus les institutions. Plusieurs projets tentent donc d’accélérer la numérisation des documents.

L’Open Consortium Alliance, ou OCA, est une association américaine composée des plusieurs entreprises, comme Microsoft [NDLR : l’éditeur de RSLN] ou Internet Archive et des bibliothèques, comme celle universitaire de Californie. L’OCA a pour objectif de numériser les documents libres de droits pour mettre en ligne une banque de données accessible pérenne et multilingue.

La bibliothèque numérique européenne comporte quant à elle des images, des textes bien sûr, mais aussi des vidéos et des documents sonores. Lancée en 2008, Europeana est une mise en commun des ressources numériques des bibliothèques nationales des Etats Membres de la Communauté Européenne. Des institutions ont également pris part au projet comme le Louvre ou le Rijksmuseum à Amsterdam.

Finalement, l’Autoportrait de Van Gogh a plus de valeur pour l’humanité que la photo du mariage de vos grands-parents, mais les enjeux restent les mêmes…

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