De l’importance des start-up en France, par Jacques Attali share
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De l'importance des start-up en France, par Jacques Attali

4 novembre 2009

Ce texte est une tribune de Jacques Attali, économiste, ancien conseiller de François Mitterrand puis président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, actuellement à la tête de l’organisation PlaNet Finance.

En ce début de XXIe siècle, les enjeux économiques, sociaux et sociétaux de la convergence numérique ne sont plus à démontrer. Les nouvelles technologies ont aujourd’hui profondément imprégné nos sociétés, accompagnant une révolution profonde de nos modes de communication, de consommation, de travail, d’acquisition du savoir et de participation à la vie publique. Dans le nouveau monde numérique, la part immatérielle de la valeur ajoutée des nouveaux produits est en perpétuelle augmentation ; l’investissement dans le capital immatériel est devenu un enjeu absolument décisif pour la compétitivité des nations. Il est donc essentiel que la France se positionne avantageusement à cet égard.

Une forme d’entreprise adaptée aux marchés numériques

Une des caractéristiques du secteur numérique est d’être,
du fait de sa très grande vitalité, constamment en flux, chaque innovation ayant le potentiel de révolutionner les usages, rendant instantanément obsolètes toutes celles qui l’ont précédée. Particulièrement réceptive aux moindres variations de la demande car très ciblée – dans ses consommateurs ou dans ses produits à la start-up, que l’on peut définir comme une entreprise jeune, de petite taille mais disposant d’un fort potentiel de développement à court terme, est une forme d’entreprise particulièrement bien adaptée aux marchés numériques.

Dans ce secteur à fort renouvellement,
la compétition permanente, extrême, offre plusieurs avantages. Pour rester profitables, les start-up doivent constamment innover afin de toujours mieux répondre aux exigences de leurs clients. Seules celles qui y parviennent survivent ; les consommateurs sont donc le moteur du marché. Deuxième avantage, l’immensité d’un secteur dans lequel les perspectives sont grandes ouvertes et les opportunités d’innovation innombrables. C’est dans l’exploitation de cette diversité que se trouve le potentiel français. Troisièmement, point regroupant les deux premiers, la concurrence étrangère a pour conséquence que seules les start-up vraiment performantes se taillent une place durable sur le marché. Celles, aussi, qui savent se projeter à l’international. Ainsi le secteur reste-t-il très vaste, largement ouvert aux nouvelles entreprises pour peu qu’elles soient innovantes, assurant à la France une économie numérique vigoureuse et profitable.

Un enjeu déterminant pour l’économie française


Le positionnement de la France dans ce secteur
et la vitalité dont feront preuve les start-up françaises sont un enjeu déterminant pour l’économie du pays. Dynamiques, inventives, ces dernières ont un formidable potentiel de création d’actifs stratégiques, mobilisant les meilleurs diplômés, les meilleurs entrepreneurs, les talents les plus variés et les meilleurs résultats de la recherche scientifique. Ces actifs sont pour la France d’une importance capitale car ils sont de formidables leviers pour conserver un avantage compétitif durable, générer de la croissance à forte marge et fixer sur le territoire la plus grande part possible de la valeur ajoutée créée.

La présence en France de nombreuses start-up
dans des secteurs aussi variés que la mobilité, les logiciels d’entreprise, les services liés à l’Internet ou les technologies vertes sont le reflet de la grande vitalité dont le secteur fait preuve. Elles constituent un élément de référence pour déterminer les grandes tendances économiques de demain car elles sont aussi le reflet de l’état économique d’une nation et préfigurent son futur. Ce sont ces sociétés qui, à terme, permettront le rayonnement international de la France, équilibreront sa balance commerciale, créeront des emplois hautement qualifiés et, surtout, assureront à notre pays une place dans le peloton de tête des économies de la connaissance.

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