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Démocratie numérique : trois questions à André Santini

6 octobre 2009

André Santini est ancien ministre, député des Hauts-de-Seine et maire d’Issy-les-Moulineaux.

La ville d’Issy-les-Moulineaux vient d’organiser la dixième édition du Forum mondial de l’e-démocratie. Quels enseignements pour la cyberdémocratie peut-on tirer de ces dix dernières années ?

L’actualité montre tous les jours que l’usage des TIC, de l’email à Facebook, en passant par le mobile, pèse sur les événements. De nouvelles pratiques politiques sont apparues, et l’élection de Barack Obama aux États-Unis restera comme un modèle du genre. On accède aux informations publiques ou aux programmes politiques comme jamais dans l’histoire tandis que les relais d’opinion se sont multipliés, notamment avec les blogs et les réseaux sociaux.
Nous avons assisté à ces évolutions sans grande surprise car cela était annoncé par les spécialistes du sujet qui ont participé au Forum mondial de l’e-démocratie dès l’an 2000. Notamment Phil Noble, le fondateur de PoliticsOnline, qui est venu, chaque année, nous expliquer la révolution numérique en marche. L’élection de Barack Obama a confirmé sa thèse : l’Internet a changé la politique.

Quelles tendances se dessinent pour les années à venir ?

Allons-nous assister à l’avènement de l’hypercitoyen ? L’utilisation des technologies de l’information et de la communication, de l’email aux réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, en passant par le téléphone mobile, a fait ses preuves. La démocratie a progressé, en renforçant la transparence des décisions politiques, l’accès aux informations et en permettant à tout citoyen de s’investir au service de ses idées. De nouvelles pratiques politiques apparaissent à l’ère numérique.
Jamais la possibilité de s’exprimer n’aura été si facile. L’imprimerie a permis aux gens de lire, l’Internet leur permet d’écrire. En même temps, jamais le risque de voir la démocratie d’opinion dominer les débats publics n’aura été si vif. La démocratie d’opinion puise sa légitimité dans le nombre et s’oppose à la démocratie fondée sur une légitimité institutionnelle organisée autour de l’élection des représentants du peuple.
Les hommes politiques sont-ils élus à partir de convictions qu’ils ont su défendre ou doivent-ils faire valider en temps réel les décisions à engager ? Le citoyen devient ici le meilleur expert, son avis s’imposet- il ? Ce sont des questions légitimes que tout citoyen doit se poser.

Au niveau plus local de votre commune, comment les rapports citoyens-élus ont-ils évolué depuis le lancement des premières initiatives de démocratie participative ?

Nous n’avons pas attendu, à Issyles- Moulineaux, l’Internet pour faire de la démocratie participative. Nous avons mis en place, dans les années 1980, des organes de consultation représentatifs comme le conseil des jeunes, le conseil des aînés, les conseils de quartier ou le conseil économique et social.
De même, aucun projet ne voit le jour sans avoir été présenté à la population lors de réunions publiques. Le web a facilité la diffusion et le partage des informations sur nos projets. Les échanges avec la population, qu’ils soient physiques ou électroniques, restent la base de la démocratie locale.

> Pour aller plus loin : tous les articles du dossier « Le temps de l’hypercitoyen » :

Le temps de l’hypercitoyen

Vers l’atomisation de l’espace public ?

Sur la voie du numérique

Jun, la démocratie version digitale

Howard Dean : « Internet est l’invention la plus bénéfique pour la démocratie depuis l’imprimerie »

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