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Des pétitions en ligne pour peser dans le débat politique

23 septembre 2011
A un an de l’élection qui le confortera ou non dans son mandat de président, Barack Obama peaufine son image de président ouvert et connecté.
 

La maison Blanche a lancé jeudi un service de pétitions en ligne destiné aux citoyens. Objectif : proposer un rapport au pouvoir plus direct et peser dans le débat politique. Coup d’œil sur les promesses et les limites d’une telle mesure.

Mobiliser les internautes sur le Net ? So 2008. En 2011, un politique doit utiliser les réseaux sociaux et le web pour écouter ses concitoyens et leur proposer un rapport plus direct avec le pouvoir. C’est le pari relevé par la Maison Blanche qui a lancé jeudi « We the People », un système de pétitions en ligne sensées peser dans les débats politiques.

 
« Offrir une ligne directe avec la Maison Blanche »

Le principe est simple :  « We the People » se veut un espace permettant aux citoyens américains de créer une pétition sur un sujet qui mériterait, selon eux, plus d’attention de la part du gouvernement.

« Lorsque je me suis lancé dans la course à la présidence, j’ai promis de faire un gouvernement plus ouvert à ses citoyens. C’est ce que propose We the people: offrir aux Américains une ligne directe avec la Maison Blanche sur les problèmes qui les concernent », a expliqué le président Barack Obama début septembre, lorsque la Maison Blanche a présenté son projet.

En fait de « ligne directe », le créateur d’une pétition doit obtenir plus de 5.000 signatures en trente jours pour que l’administration Obama s’engage à traiter sa demande et à y répondre publiquement. Une manière de filtrer les requêtes et se concentrer sur celles susceptibles de concerner le plus de citoyens.

Au moment où nous écrivons ces lignes, seules 17 pétitions ont été enregistrées mais deux d’entre elles comptent déjà plus des 5.000 signatures nécessaires (il s’agit de celle appelant à enlever la référence à Dieu dans le  serment d’allégeance américain et celle appelant à légaliser et réguler la marijuana sur le modèle de l’alcool). Si la logique est respectée, l’administration Obama devrait prochainement clarifier sa position sur ces sujets.
 

Pas un référendum

Car c’est tout la limite de l’exercice. Ces pétitions n’ont rien d’un référendum. Malgré toute la bonne volonté des signataires, l’administration Obama ne s’est engagée qu’à étudier leurs propositions (ce qui est déjà bien), pas à les voter. Le rôle de ces pétitions est donc davantage d’interpeller le gouvernement sur sa politique ou de l’inciter à s’intéresser à des sujets laissés de côté.

Pour les politiques en revanche, ce système est à moyen de sonder les thèmes qui semblent intéresser le plus. Une façon de prendre la température à un an du scrutin qui confortera ou non Barack Obama dans son mandat de président.

Reste la question de la représentativité. Quelque 5.000 signatures peuvent-elles vraiment être considérées comme représentatives des aspirations d’un peuple qui compte plus de 309 millions d’habitants ?

Un coup d’œil à ce qui se passe en Allemagne, où le « droit de pétition » est inscrit dans la loi fondamentale, permet d’avoir un début de réponse. Si l’on en croit les travaux menés par la revue Policy & Internet sur les pétitions allemandes entre 2005 et 2009, on s’aperçoit que tous les citoyens ne se sont pas emparés de cet outil démocratique. Les « e-pétitionnaires » sont majoritairement des hommes, de CSP+ et très engagés politiquement.

 
Pour corriger ce déséquilibre, les deux auteurs suggéraient « de mener un véritable travail d’information et de promotion « ciblé », et, également, de multiplier les points de contact avec les audiences potentielles, pour étendre la portée du système », comme vous l’expliquait alors RSLN. Car pour véritablement peser dans le débat politique, et forger une réelle e-démocratie, les pétitionnaires devront rallier plus largement l’opinion publique.
 
(Visuel: capture par RSLN)

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