Droit à l’oubli : « Je veux disparaître du net… » share
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Droit à l'oubli : « Je veux disparaître du net... »

3 décembre 2009

(photo : Olivier Ezratty, licence Creative Commons)

« Je crois avoir montré mes fesses à la Saint-Nicolas, en 1969. Je ne le fais plus depuis. Et je n’aimerais pas que [d’éventuelles images] me poursuivent encore. » La scène peut surprendre. Imaginez plutôt : le très sérieux président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, le sénateur (non-inscrit) du Nord Alex Türk, confessant quelques excès de jeunesse, devant un parterre de dirigeants du net français, réunis en « atelier », mercredi 12 novembre, dans le grand amphi de Sciences Po Paris, à l’initiative de la secrétaire d’Etat à l’économique numérique et à la prospection, Nathalie Kosciusko-Morizet.

L’anecdote, choisie à dessein par Alex Türk, résume pourtant, à elle seule, les enjeux liés à la question de l’usage fait des informations laissées, volontairement ou non, par les internautes, sur le net – une véritable « bombe à retardement », selon le sénateur, à la tête de la Cnil depuis 2004. 

Comment faire table rase de son passé numérique ?« J’aimerais disparaître des moteurs de recherche sur un simple clic », témoigne ainsi une jeune étudiante devant les participants à l’atelier – ; Comment former et informer jeunes et parents sur la maîtrise de leur réputation en ligne ? ; Comment améliorer la transparence dans le domaine de la publicité ciblée ? 

Nathalie Kosciusko-Morizet souhaite que les réponses à ces questions soient consignées dans une « charte de bonne conduite », qui sera préparée en collaboration avec les professionnels et le grand public, puis publiée « avant la mi-2010 », selon le souhait de la secrétaire d’Etat. 

Un internet à trois espaces ?

Interrogée par le site internet Ecrans, de Libération, « NKM » précise  les contours de « sa » solution, basée sur la construction d’un net « à trois espaces » et dans lesquels chaque site devrait faire le choix d’être « labellisé ». 

Concrètement, NKM souhaiterait définir « un espace où l’internaute est anonyme et où il est assuré de l’être. Un deuxième espace qui requiert certains types de garanties, par exemple un certificat numérique qui prouve que l’internaute est adulte. Et un troisième espace où l’identité numérique devrait correspondre exactement à l’identité civile. »

Parallèlement, la question du droit à l’oubli
sur le net sera sans doute également soulevée, si la proposition de loi « visant à mieux garantir le droit à la vie privée à l’heure du numérique » rédigée par deux sénateurs début novembre, est examinée par le Parlement.

Microsoft, éditeur de RSLNmag.fr, représenté à cet atelier par son directeur des affaires publiques et juridiques, a souligné  de son côté  l’importance « d’aller dans la conception du produit pour installer des éléments de protection de la vie privée […], au-delà des éléments de régulation », citant notamment la technologie U-Prove, rachetée en mars 2008 – voir un article de présentation sur le site du journal Les Echos

> Pour aller plus loin :

L’intégralité de l’atelier est disponible en vidéo sur le site techtov.tv :

http://techtoc.tv/event/386/uses-and-web-2.0/e-reputation/introduction-a-l-atelier-sur-le-droit-a-l-oubli-numerique

http://techtoc.tv/event/385/uses-and-web-2.0/e-reputation/l-oubli-des-traces-volontairement-laissees-sur-internet

http://techtoc.tv/event/383/uses-and-web-2.0/e-reputation/l-oubli-des-traces-involontairement-laissees-sur-internet

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