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« En 2009, plus d’une centaine de personnes ont retrouvé un emploi grâce aux cyberespaces d'Emmaüs »

28 juin 2010

(photo : tables rondes lors du lancement de l’appel à projet TIC’Actives, le 10 septembre 2009 à l’Assemblée nationale)

Une journée pour « encourager la rencontre entre acteurs de terrain », et faire « essaimer les réussites et promouvoir des pratiques créatrices d’utilité sociale » en matière d’accès public au numérique : voilà l’ambition du barcamp organisé ce mardi 29 juin par l’Agence nouvelle des solidarités actives (Ansa), qui accompagne notamment des projets dans le cadre du programme Tic’Actives.

Parmi les témoignages qui seront présentés au cours de cette journée, il y a celui d’Emmaüs, qui vient d’ouvrir son 25e « cyberespace » [ce programme a été lancé en 2003, notamment avec l’aide de Microsoft France, l’éditeur de RSLNmag.fr, NDLR].

Présentation de ce dispositif avec Mathieu Castelli, chargé de la mission Emploi et coordinateur des cyberespaces chez Emmaüs :

RSLNmag.fr : Comment un cyberespace peut-il venir en aide aux plus démunis ?

Mathieu Castelli : Au-delà de l’assistance à la maîtrise des technologies et de l’accompagnement dans la recherche d’un emploi, les cyberespaces permettent aux utilisateurs de créer une adresse e-mail pour disposer d’un espace à eux, conserver une version électronique de leurs documents administratifs et personnels, alors que leur situation d’hébergement peut rester très précaire.Ils ont également la possibilité d’effectuer leurs démarches administratives auprès de la CAF ou de Pôle Emploi.

Grâce à Internet, ils gardent aussi le contact avec leur famille et, le cas échéant, avec leur pays d’origine, en consultant, par exemple, des journaux ou des chaînes de télévision en ligne dans leur langue maternelle. Le 25e cyberespace vient d’ouvrir.

Quel bilan tirez-vous de ce projet sept ans après son lancement ?

Mathieu Castelli : L’installation de ces espaces, au sein même des lieux d’accueil et d’hébergement de l’association, a permis d’enrichir la palette des activités que nous proposions traditionnellement. Le projet est tellement bien ancré que tous les nouveaux centres que nous ouvrons intègrent un cyberespace et qu’il serait aujourd’hui difficile d’envisager de s’en passer.

Depuis 2004, plus de 30 000 personnes ont profité de nos cyberespaces. En 2009, nous avons formé 4 000 personnes, 3 000 personnes ont fréquenté les espaces en accès libre, et, grâce à ce dispositif, plus d’une centaine d’entre elles ont retrouvé un emploi.

Quel avenir pour les Cybers d’espoir ?

Mathieu Castelli : D’ici à la fin de l’année, nous ouvrirons deux nouveaux cyberespaces. Nous allons également développer l’accès à de nouveaux services administratifs en ligne comme la déclaration de revenus, le changement de domicile ou de domiciliation, qui concerne fortement notre public, les demandes d’extrait d’acte, etc.

Les personnes sans abri et sans domicile fixe ne doivent pas être les dernières à faire la queue un peu partout, alors même que les technologies numériques offrent la possibilité de multiples démarches en ligne. Nous souhaitons aussi encourager les nouveaux usages d’Internet, comme les réseaux sociaux et professionnels (Viadeo par exemple), ou les serious game.

D’ailleurs, nous travaillons actuellement sur notre propre projet de jeu sérieux, afin de sensibiliser les utilisateurs des cybers à des thèmes comme la violence ou la solidarité.

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