« En France, on a un très bon environnement pour accompagner les start-up » (1/2) share
back to to

"En France, on a un très bon environnement pour accompagner les start-up" (1/2)

23 novembre 2014

A Paris le 13 novembre dernier, huit start-up de l’accélérateur Microsoft Ventures pitchaient devant un parterre d’investisseurs. Des jeunes entreprises à haut potentiel, confiantes et pleines d’avenir, qui nous racontent l’accompagnement dont elles bénéficient.
Première partie de notre interview, avec Airdoc, qui réinvente la communication évenementielle des entreprises, et Onemoretab, qui réunit l’ensemble des titres de presse français sur une plateforme.

RSLN : Qu’est-ce qui a stimulé votre envie de créer votre start-up ? C’était pour répondre à un besoin, ou c’était une envie personnelle ?

Matthieu Leventis (Airdoc Solutions) : Je pense que c’est un peu des deux. Il y a déjà le caractère personnel des deux fondateurs : on s’est rencontré sur un « start-up weekend », où l’on fait semblant de créer une start-up pendant 48h. Ça montre déjà que tous les gens qui s’y rencontrent sont soit curieux, soit ils ont ça en eux.

Maïlys [l’autre co-fondatrice d’Airdoc] avait aussi un projet de création d’entreprise, et ce qui a fait qu’on s’est vraiment lancé, c’est que nous avons vraiment cru à l’idée qui a émergé lors de ce start-up weekend. Nous étions jeunes diplômés, et on s’est permis de tester notre idée pendant un mois. Nous sommes allés sur des salons, on est allé parler aux gens pour éprouver cette idée, et a vu que ça mordait et qu’il y avait un vrai potentiel. C’est ça qui nous a donné envie d’investir davantage : on a réuni plusieurs personnes, des amis designers, et pendant trois mois on a fait le premier prototype d’Airdoc avec trois téléphones, et un bout de logiciel fait en deux semaines. C’est donc au bout de cette période que l’on s’est dit qu’il y avait vraiment quelque chose à faire. On s’est donc lancé pour de vrai, on a cherché un incubateur.

Eric Benites (Onemoretab) : Pour nous cela répond à un besoin des utilisateurs, essentiellement. Il y a un problème avec la presse : de plus en plus de contenus sont payants, que cela soit Le Monde, L’Equipe, Le Figaro, Les Echos, etc., et malheureusement les gens ne s’abonnent pas à ces médias car ils sont multi-sources, ils ne peuvent pas s’abonner à tous, auquel cas cela ferait un abonnement à 75 euros. On est donc parti du principe qu’il fallait pouvoir acheter ces contenus-là, car ce sont des contenus de qualité, mais à un prix abordable et à l’unité. D’où l’idée de Onemoretab de travailler sur les contenus payants.


Quelles compétences avez-vous acquis lors de votre passage dans l’accélérateur Microsoft Ventures ?

Matthieu Leventis (Airdoc Solutions) : Des compétences très variées, du fait des nombreux intervenants extérieurs qui viennent nous coacher sur différents aspects de la création d’entreprise. Un exemple marquant pour aujourd’hui, ce sont les présentations que l’on doit faire devant les investisseurs. L’accélérateur Microsoft Ventures travaille avec de très bons coachs pour ce genre de présentations. Entre ce qu’on a fait aujourd’hui et ce que l’on faisait il y a un mois en démonstration avant d’être coaché, ça n’a rien à voir. Il y a une vraie transformation.

L’accélérateur Microsoft Ventures fournit beaucoup d’ateliers comme ça. Ça nous donne également une vision, parce qu’on a pu par exemple rencontrer Céline Lazorthes, qui a monté Leetchi, et qui a maintenant une trentaine de salariés. Elle nous a raconté son parcours, et ça permet à des entrepreneurs comme nous qui nous nous lançons de se projeter.

C’est également des ateliers aussi « bêtes » que des ateliers juridiques, sur lesquels on n’est pas forcément formés, sur des contrats commerciaux, des pactes d’actionnaires, différentes choses par rapport à ça. 

L’échange entre les différentes start-up est également très important, parce que l’on voit les compétences des autres. Dès que l’on a un problème, le premier réflexe est d’aller parler avec les autres personnes de l’accélérateur.

Il y a donc ces volets compétences et échanges, mais c’est aussi un peu une régie de visibilité, parce que l’on a eu nos premiers clients grâce au réseau de l’accélérateur.

Pierre Tisserant (Onemoretab) : On a bien profité de l’ensemble des partenaires de Microsoft. Ça nous a permis de rentrer dans le monde de la presse, qui a été la première porte pour nous, et ensuite on a été accompagné par des mentors, notamment Mickaël Philippe, le fondateur de Le Kiosk, une application assez proche de ce que l’on fait. Il nous a donc un peu introduits dans cet univers de la presse. Et bien sûr, un accompagnement technique, avec les technologies Azur. On a appris pas mal de chose, oui.

Eric Benites (Onemoretab) : il y a aussi un truc tout bête : en termes d’image, Microsoft nous donne beaucoup plus de crédibilité auprès de nos partenaires. On va voir des éditeurs, et en étant « labellisés » Microsoft, ça nous donne un peu plus de poids. C’est important.

 

Maïlys Atedzoue et Matthieu Leventis, co-fondateurs d’Airdoc Solutions


Est-ce que vous avez l’impression que les start-up sont bien accompagnées en France ?

Matthieu Leventis (Airdoc Solutions) : Nous avons eu la chance d’être très bien accompagnés. On a fondé l’entreprise à Caen, parce qu’on utilise la technologie NFC, une technologie inventée là-bas, par NXP (l’ancienne branche semi-conducteurs de Philips). Donc les pouvoirs publics locaux accompagnent beaucoup tout ce qui touche à cette technologie. Nous sommes donc allés là-bas pour le réseau des autres entreprises. Nous avons été très bien accompagnés par la région Basse-Normandie. La BPI, et le concours du ministère de la recherche nous ont énormément aidé pour nous lancer. Au total, on a eu 300 000 euros d’aides publiques. Avec les quelques milliers d’euros de capital que l’on avait, on n’aurait absolument rien fait.

Nous étions tous les deux jeunes diplômés, nous avons également été très bien accompagnés au niveau formation. Nous sommes désormais dans le réseau « Petit Poucet », un réseau d’excellence qui ne choisit que 4 start-up par an et qui a de très bonnes statistiques, et nous sommes également dans la formation « HEC Challenge Plus ». Il y a donc une offre assez grande. Il faut savoir au contraire sélectionner ce qui est bon.

Un bémol cependant : nous avons la chance d’être tous les deux diplômés de grandes écoles, cela ouvre énormément de portes. Et en France c’est très important. Je ne sais pas si tout aurait été pareil si l’on n’avait pas du tout été diplômé. Ça nous a ouvert très facilement la porte des incubateurs, de financements, et de différents réseaux. Et comme il y a souvent un effet boule de neige,ça rassure. Ça a été une voie royale. Sans ça on n’existerait pas, c’est très clair.

En France il y en a beaucoup [des structures d’accompagnement]. Il manque peut-être un aspect diversité, c’est-à-dire des réseaux qui accompagneraient des profils qui n’auraient rien à voir. « Petit Poucet », par exemple, s’est spécialisé dans l’accompagnement de jeunes diplômés.

Pierre Tisserant (Onemoretab) : Au niveau de l’accompagnement type Microsoft avec l’ensemble des incubateurs, il y en a déjà énormément à Paris, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de lieux dans le monde où il y en a autant.

Pour les pouvoirs publics, on a la chance en France d’avoir un gouvernement qui est prêt à mettre de l’argent, après toujours accompagné de l’investissement privé, mais à ce niveau-là, je pense que la France est assez leader. Après, c’est peut-être un petit peu moins bon au niveau des investisseurs qui sont un peu plus réticents que dans les pays anglo-saxons par exemple. Mais c’est en train de venir. Et concrètement, je pense qu’en France on a un très bon environnement pour les start-up, dont on profite tous.

« A mesure que l’entreprise grossit, le métier d’entrepreneur n’a plus rien à voir ! ». La seconde partie de cette interview est à retrouver ici

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email