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« En matière d’innovation, "small is beautiful" ! »

21 octobre 2010

(Visuel : concours d’applications chez Microsoft France)

UbiFrance a organisé, jeudi 21 et vendredi 22 octobre, les Rencontres Internationales du Numérique. Objectif : promouvoir le développement international des entreprises françaises du secteur high-tech, en les aidant à développer des stratégies de financement à l’export, ou en analysant les grandes tendances mondiales du marché des TIC.

L’occasion également de mettre à l’honneur quelques success stories, avec le trophée « Leaders de la ITech-Economie », qui a mis à l’honneur cette année Allmyapps. Cette plate-forme de téléchargement d’applications créée en juin 2009, a réalisé, l’été dernier, une levée de fonds d’un millions d’euros auprès d’Eleia Partners, société de capital investissement spécialisée dans l’économie numérique.  Primé également, Newscape Technology : basés à Lannion, ils développent une solution innovante de navigation touristique en 3D.

Pour dresser un état des lieux de l’innovation dans ce secteur en France, nous avons rencontré Julien Codorniou, directeur du développement et des partenariats au sein de la division Plateforme & écosystème de Microsoft France – l’éditeur de RSLN, NDLR.

Julien Codorniou a développé, en France d’abord puis au niveau mondial, « IDEES » (Initiative pour le développement des éditeurs de logiciels et des start-up) et BizSpark, deux programmes de soutien au développement de start-up innovantes – un vivier dont est d’ailleurs issu Allmyapps.

RSLNmag.fr : Vous côtoyez des start-up depuis dix ans, en France ou à l’international. Comment jugez-vous la vitalité des start-up françaises ?

Julien Codorniou : En matière d’innovation, c’est le règne du « small is beautiful » ! En France, l’innovation est portée par les start-up. Il s’agit d’un monde en effervescence permanente, parce que très connecté aux universités, aux centres de recherches… Plus agiles, les jeunes pousses souffrent moins des lourdeurs et des formalités des très grandes entreprises. Tout y est plus rapide. Une idée peut naître et prendre forme concrètement très vite, parce qu’on ne passe pas des années à se demander s’il faut agir, et comment.

Les start-up hexagonales sont d’ailleurs très performantes sur le plan économique. Elles créent non seulement de la richesse, mais surtout des emplois très qualifiés, à haute valeur ajoutée, difficilement délocalisables. Preuve qu’elles embauchent : le forum que nous organisons le 26 novembre chez Microsoft pour faire se rencontrer des étudiants et une trentaine de start-up qui recrutent.

Les récentes success stories comme Vente privée, Meetic ou encore Se loger démontrent que la France regorge de talents et de créativité. Les petites entreprises constituent donc un moteur de croissance fondamental pour l’économie française, et sont le témoin de la santé économique du pays. C’est pour cette raison qu’il faut les protéger et accompagner leur croissance, notamment à l’international.

En France, il existe déjà de multiples dispositifs pour soutenir la création d’entreprise. Pourtant, la France occupe seulement le 13e rang mondial en matière d’innovation alors que l’Allemagne est 6e et les Etats-Unis 4e, d’après une récente étude de The Economist. Le cadre d’accompagnement n’est-il pas adapté ?

Julien Codorniou :
Qu’il s’agisse du crédit d’impôt recherche, des prêts à taux zéro pour les entrepreneurs, des aides aux Jeunes entreprises innovantes…, tous ces mécanismes ont fait leurs preuves. Ils ont conduit à une croissance moyenne des créations d’entreprise de 41% entre 2005 et 2009. La France est clairement numéro 1 dans le domaine des aides à la création.

La vraie difficulté pour les start-up est de se développer, de croître. Les grandes entreprises doivent d’ailleurs prendre leur part de responsabilité en soutenant les jeunes pousses, en les aidant à grandir, en choisissant par exemple davantage de PME parmi leurs prestataires. Nous soutenons par exemple le Pacte PME, défendu par le Comité Richelieu, dont le but est d’aider les PME à accéder aux marchés publics.

Il faut également aider les jeunes pousses à s’internationaliser. Aujourd’hui, les PME françaises sont les moins exportatrices d’Europe, 16% seulement de leur chiffre d’affaires est réalisé à l’international contre 22% en moyenne.

RSLNmag.fr : Que reste-t-il à faire pour soutenir la création et l’innovation en France ?

Julien Codorniou : Un des problèmes qui reste à résoudre est celui de la protection de l’innovation. Trop de créateurs préfèrent encore faire breveter leurs découvertes aux Etats-Unis qui protègent mieux les innovations, notamment dans le domaine des logiciels. 

> Pour aller plus loin : 

– Le grand retour des start-ups, sur RSLN

– De l’importance des start-ups en France, par Jacques Attali
 

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