Nuits Sonores : l’art numérique pour compléter la musique share
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Nuits Sonores : l'art numérique pour compléter la musique

2 juillet 2013

Le festival des Nuits Sonores est précurseur en son genre. Mêlant musique électronique et arts numériques visuels, il ne lui a fallu que quelques années pour s’imposer comme une référence. Mais quelles sont les particularités de ce festival qui a attiré cette année plus de 100.000 spectateurs ?

Les festivals de musique continuent de mobiliser de larges communautés. Dans un article récent, nous faisions un bilan de l’activité en ligne de trois festivals d’envergure en France. On remarquait alors que l’animation des réseaux sociaux et l’organisation des infrastructures numériques, notamment l’accès à une connexion internet sur les sites s’étaient imposées comme des enjeux majeurs des festivals.

Une problématique d’autant plus forte pour les Nuits Sonores de Lyon, référence des festivals de musique électronique en France. Plongée au cœur de l’organisation du festival avec nos trois questions à Pierre-Marie Ouillion, programmateur du festival et en charge de la coordination artistique d’Arty Farty qui organise l’événement.

 

Quelle est la particularité des Nuits Sonores 

On peut commencer par dire qu’on traite d’un champ artistique très particulier dans un contexte lui-même particulier puisqu’on est sur la ville de Lyon donc on travaille le territoire. C’est un festival qui se distingue des autres.

Les Nuits Sonores, c’est un projet qu’on veut totalement transversal : on exploite des temporalités très différentes, et on est dans l’idée d’une ville comme un terrain de jeu, parfois éloigné de l’industrie musicale mais on est toujours sur du créatif. Il y a 6 ans on a décloisonné les artistes en affinant le concept de temps réels et interactivité. On s’est par exemple rendu compte qu’il était intéressant de faire du room design et de placer le public au centre des œuvres collectives.

Ce qui se passe c’est que la figure du DJ va travailler sur des machines mais en créant un dialogue avec le public, un partage d’expérience. Et c’est cette notion d’expérience qui fait que la musique techno est une sorte d’art contextuel. Travailler sur ces notions d’interactivité en temps réel et de transversalité avec la musique et la rue nous permet de créer une expérience supplémentaire à la musique. 

 

Le festival des « Nuits Sonores » met à l’honneur des artistes issus du numérique, aussi bien en termes de musique que d’expériences visuelles. Comment en êtes-vous arrivés à imaginer un tel festival ?

La notion d’art numérique est dans notre ADN même si on ne l’a pas valorisé dès le début. Il y a un passage fondamental de l’analogique au numérique. Lorsque l’on a créé les Nuits Sonores on avait des artistes qui mettaient en valeur ces outils numériques et s’en servaient pour aller un peu plus loin dans leur démonstration artistique. 

Et il faut se rappeler que les musiques électroniques ont aussi pour origine l’art contemporain donc on a beaucoup de mises en scène vidéo, beaucoup d’artistes sont derrière un écran. Et en termes de processus de création on est beaucoup en temps réel, le public devient un acteur de la performance de l’artiste. C’est ça la force des Nuits sonores. 

Quels types de talents sont mobilisés pour le festival ?

Après trois années de programmation on s’est rendu compte que c’était intéressant de problématiser plus la programmation. Par exemple on a tenté de l’orienter vers l’art génératif. Et de fait on a travaillé pas mal de thématiques et on a du chercher les artistes qui pouvaient le faire tout en pensant au design graphique. On fait travailler des graffeurs, des ingénieurs… des gens qui ont toutes sortes de compétences. On travaille de plus en plus avec des architectes par exemple. On a un pôle scénographique qui intègre fortement cet outil numérique et des positions de discours par rapport aux endroits que l’on sélectionne notamment les lieux de nuit. 

Et on a cherché à aller plus loin. Ces dernières années on a beaucoup travaillé avec des programmeurs qui construisent des outils adaptés. On a créé comme ça des collectifs éphémères pour imaginer de A à Z des installations. Ils ont donc créé des expériences uniques pour le festival. On a pensé des petites formes de représentations scéniques pour traiter la notion du room design pour amener comme « une peau numérique » aux bâtiments. 

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