France Digitale Day : ce que les grandes entreprises doivent apprendre des startups share
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France Digitale Day : ce que les grandes entreprises doivent apprendre des startups

19 juin 2014

Si le french-bashing fait les choux gras de nombreux médias anglo-saxons, d’autres comme TechCrunch saluait récemment une France dynamique au fort potentiel pour être une « nation de startups ». C’est d’ailleurs pour donner à voir ce pays innovant qu’était organisé le 11 juin dernier, le France Digitale Day. Médias, santé, agro-alimentaire, mode, informatique … toute la journée, entrepreneurs et professionnels sont venus partager leur expérience de la transformation numérique dans leur secteur. Alors comment font les grands groupes français pour innover aujourd’hui ? Retour sur ce que les entreprises doivent apprendre des startups.

Pour une « République numérique »

« L’inclusion numérique, la dissémination des pratiques et l’empowerment des citoyens sont des facteurs de performance. […] Le numérique doit être partout, pour tous et par tous. Je veux que la France devienne une République numérique. Souvenons-nous qu’entrepreneur est un mot français. »

C’est Axelle Lemaire, Secrétaire d’état au numérique, qui donne ainsi le ton en ouverture de l’événement : à l’aide de la Banque publique d’investissement (BPI) et avec la volonté affichée de faire de l’Hexagone un leader mondial du financement participatif (ou crowdfunding), le gouvernement cherche à se positionner comme un phare guidant et accompagnant les entreprises dans leur mutation numérique.

 

Des startups à la pointe des innovations technologiques

Devenir un « hackteur », voilà l’objectif selon la ministre. Mais comment innover et faire preuve d’agilité quand on est une grande entreprise dont la mécanique est déjà bien huilée ? C’est le défi qui s’est présenté à de nombreux intervenants qui sont venus témoigner.

S’ils sont nombreux à s’être dotés d’un service dédié à l’innovation, c’est en se fondant sur un écosystème de startups dynamiques qu’ils trouvent assez généralement l’inspiration. Rémy Pflimlin, président -directeur général de France Télévisions explique :

« Le défi de notre groupe était de le transformer pour en faire un agent clé du développement numérique dans le pays, être la télévision des usages des citoyens. Nous avons connu de beaux succès : l’explosion de la télévision de rattrapage, plus de 5 millions de visiteurs uniques sur notre site par mois.

 […] Pour faire bouger une entreprise comme la nôtre, nous avons besoin des startups et des nouvelles écritures. Ce travail de collaboration est fondamental car ce sont ces acteurs qui nous apportent les évolutions technologiques dont nous avons besoin pour tenir notre rang. Par exemple en matière d’applications second écran, on travaille beaucoup avec de jeunes petites entreprises. Par exemple, la semaine dernière, pour la première fois dans le monde, nous avons diffusé de la ultra HD sur les réseaux hertziens. Ce projet a été rendu possible grâce à la collaboration avec deux startups qui ont permis l’encodage. »

Renouveler les formats et les contenus

Au-delà de ces succès, le groupe du service public n’agit pas seulement sur les pans techniques et technologiques. Les startups permettent aussi aux grands groupes d’innover en matière de format. A cet égard, Rémy Pflimlin ne tarit pas d’éloges au sujet de la d’Upian avec qui il a collaboré :

« On a diffusé différents documentaires sur les jeunes adultes, Génération Quoi, sur lesquels nous avons travaillé avec Upian, notamment concernant les plateformes qui nous permettaient de faire le portrait de cette génération. Là où nous attendions quelques milliers de réponses nous en avons eu 350 000 ce qui constituaient un matériau incroyable pour les sociologues. Et c’est un tel succès que nous l’avons présenté à l’Union européenne des télévisions. Il a été adopté pour faire émerger un projet similaire à l’échelle du continent et nous allons continuer à travailler avec Upian pour ça. »

 

« Inventer le monde qui n’existe pas encore »

Outre les idées innovantes en termes de contenus et de technologie, les startups ont beaucoup à enseigner en matière d’organisation. Plus agiles, elles permettent d’implémenter plus de dynamisme au sein des grands groupes. Dominique Delport, directeur de Havas média France témoigne :

« On a prototypé pour les clients comme pour l’agence un nouveau modèle d’organisation en nous inspirant des startups. En Décembre 2012, nous avons procédé à l’extension de ce modèle dans 100 agences. Nous avons créé des labs partout dans le monde, comme à Séoul par exemple où on a déjà la 5G. On veut être très proche de ce marché qui est extrêmement fécond. C’est une logique pour nous doter d’atouts de long terme. Nous considérons que les startups que nous rachetons doivent être utilisées à 50% pour notre transformation interne. »

Alors les startups, une source d’inspiration majeure pour engager les entreprises dans leurs mutations ? C’est en tout cas ce qu’affirme également Nicolas Petit, directeur marketing et opérations de Microsoft France :

« Nous avons vu de belles réussites au sein de l’accélérateur Microsoft Ventures Paris, comme Youmiam par exemple, un réseau social culinaire qui vient de faire sa première levée de fonds. Ces startups remettent en cause ce que l’on fait et notre manière d’y arriver : on peut penser au growth hacking par exemple. Elles ont des moyens beaucoup plus malins de faire les choses. Elles sont une force de challenge permanent et permettent d’inventer le monde qui n’existe pas encore. »

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