France Télévisions : quand la TV mobile s’adapte aux usages des Français share
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France Télévisions : quand la TV mobile s'adapte aux usages des Français

3 juin 2015

Tout nouveau média entièrement accessible sur mobile, Zoom, présenté le 2 juin par France Télévisions au Palais de Tokyo, entend se conformer aux usages des téléspectateurs français : une consultation nomade des programmes, l’appétence pour les recommandations et un temps disponible limité. Une façon pour la première marque média française de faire en sorte que les missions de service public puissent s’exprimer quelle que soit l’utilisation des écrans. Explications.

En 5 ans de chantier numérique, France Télévisions a opéré une véritable « tentative de rattrapage sur les usages des Français », comme le précise Bruno Patino, Directeur général des programmes et du numérique de France TV. En effet, ne disposant en 2009 ni d’application, ni de dispositif transmedia, le groupe s’est mis aux nouvelles écritures et à la télévision numérique, notamment avec la sortie de Pluzz. Une application dont l’hyperdistribution – plus d’un milliard de vidéos vues par mois – a encouragé l’élaboration du dernier né Zoom, télé à la carte qui prend en compte deux paramètres désormais clés de la consommation de contenus télévisuels : le mobile et la recommandation.

2014 pour la télé = 2003 pour la presse écrite ?

Premier écran au monde devant la télévision depuis début 2014, le mobile constitue un mode privilégié d’accès au divertissement et laisse présager une nouvelle hiérarchie des écrans.

Il rassemble 30,4 millions de mobinautes français, dont 64% utilisent l’Internet mobile tous les jours (Médiamétrie, janvier 2015). Un usage d’Internet parfois réalisé en parallèle du visionnage de programmes télévisés, qui occupent en moyenne 3h36 par jour.

« Le smartphone n’est plus un outil mais un mode de vie », rappelle ainsi Bruno Patino. « Il appelle à redéfinir les modes de consommation de la télévision. En cela, 2014 équivaut pour la télé à 2003 pour la presse écrite : se manifeste une urgente nécessité de redéfinition de l’offre ».

C’est que le service public français doit faire face à l’émergence de concurrents tels que Netflix, aux programmes délinéarisés et basés sur la recommandation.

Une télévision sur-mesure, en fonction des centres d’intérêt et du temps disponible

Vouée à être disponible sur l’intégralité des plateformes mobiles d’ici la fin de l’année, l’offre éditoriale de Zoom se décline dans les contenus, l’interface, le parti pris de navigation et la proposition de deux types de playlists : l’une, conçue par une équipe éditoriale  et l’autre, créée par un algorithme.

Ce dernier, élaboré par Cognik, s’appuie sur les données anonymisées de l’utilisateur et s’efforce de s’adapter à son contexte de visionnage, au cours de la journée. L’utilisateur est invité à signaler ses goûts par une simple fonctionnalité de type « J’aime » et peut sélectionner le contenu à visionner en fonction de son temps. 5, 10, 15, 30 minutes… l’application proposera un programme à la durée correspondante.

Quant à l’utilisation faite de ces fameuses données, France TV compte rester en ligne avec sa politique initiale :

« Les données sont protégées, anonymisées, et nous en garantissons la non commercialisation, sauf accord spécifique », déclare Bruno Patino. « Nous avons été les premiers à établir la charte data friendly et à la signer ».

Cette charte qui pourrait bien renforcer les différences entre les deux grandes catégories de chaînes, seules les chaînes publiques européennes étant pour le moment prêtes à la signer.

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