Guide de survie numérique : comment détecter et éviter de propager des rumeurs ? share
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Guide de survie numérique : comment détecter et éviter de propager des rumeurs ?

16 décembre 2015
Comment ne pas se laisser piéger par une intox sur le web ? RSLN vous propose trois étapes indispensables pour éviter de participer à la propagation d’une rumeur.  

Les tragiques événements de novembre l’ont montré une fois de plus : il en faut peu pour que les rumeurs, même les plus insensées, se propagent en temps réel sur le web. Si ce n’est la question de la temporalité, la diffusion d’une rumeur n’a rien de bien nouveau en soi. Pour autant, ni les Etats, ni les médias, ni bien sûr des millions d’internautes n’échappent au phénomène. Face à cela, des bonnes pratiques existent. Tour d’horizon (non-exhaustif) des étapes indispensables de vérification d’une information.

 

1.     Avant l’information en elle-même, prendre connaissance du contexte

Cela peut sembler anodin, mais ce qui semble un pré-requis avant le partage est souvent oublié. Ici, il ne s’agit pas que de lire un article un peu plus attentivement qu’en diagonale, mais surtout de faire attention à certains détails qui ont pourtant toute leur importance :

  • Site de la publication : est-ce un site institutionnel (ministère, préfecture, etc.) ? un média ? un blog individuel ? ;
  • Emetteur du message, en particulier sur les réseaux sociaux ;
  • Date de mise en ligne ;
  • Légendes et crédits des photographies ;
  • Sources vers lesquelles les liens hypertextes redirigent…

Une minutie consciencieuse difficile à tenir dans l’empressement de l’actualité, mais qui évite d’attribuer à Donald Trump des propos tenus dans un autre contexte… et à l’ambassadeur de France aux Etats-Unis de le souffler en place publique.

 

2.     Croiser les sources

Non, l’ami dont le fils de la voisine est le cousin par alliance d’un membre important de la DGSE n’est décidément pas une source à prendre au sérieux.

Mais à quels moyens peut-on faire appel pour disposer d’une information plus fiable et plus précise ?

« En fait, le seul outil qui nous reste, c’est d’abord de chercher l’autorité de la source de provenance au sens où, si elle émane d’un média particulièrement réputé, à une source de bonne réputation, on peut s’y fier un peu plus, rappelle Fabrice d’Almeida, historien et enseignant à l’université Paris II. La deuxième chose c’est le croisement d’informations : essayer de prendre plusieurs sources d’origines diverses, et de préférence contradictoires. »

En tapant les mots-clés de l’information douteuse sur les moteurs de recherches et en y ajoutant le nom de certains médias réputés voire de sources institutionnelles, il y a effectivement de très fortes probabilités de voir des résultats remonter… si l’information est avérée. Une force dont il faut profiter, poursuit Fabrice d’Almeida :

« Paradoxalement, une des critiques qu’on a beaucoup faite à Internet était celle de surinformation, en disant que les gens étaient noyés sous l’information, ce qui les empêchaient de distinguer le vrai du faux. Sauf qu’en réalité, s’il n’y a pas une pluri ou poly information, on est d’autant plus fragile… »

 

3.     Devenir un vrai stalker

Si vous ne disposez que d’une simple image, nos précédents conseils ne vous sont pas forcément des plus utiles. Mais n’en profitez pas pour partager hâtivement cette photographie. Car pour remonter à la source, et donc vérifier sa fiabilité, plusieurs choix s’offrent encore à vous :

  • Un moteur de recherche d’image inversée offre la possibilité de retrouver où cette image est apparue auparavant et surtout, qui l’a relayée en premier.
  • Si les sources paraissent peu fiables mais que la photographie continue de vous hanter, il est possible d’utiliser un outil plus technique, comme Fotoforensics, une web-app permettant de vérifier si la photographie a été retouchée ou encore si le fichier est endommagé au point de laisser supposer qu’il s’agit d’une copie de screenshot de screenshot…

Suivre toutes ces étapes peut s’avérer complexe, surtout si ce n’est pas votre métier. En dernier recours, Fabrice d’Almeida propose un très simple conseil : se respecter.

« Ne pas partager sans vérifier, c’est avoir cette estime de soi qui fait qu’on considère que sa parole est un engagement et pas, au fond, un simple jeu. Beaucoup considèrent que ce n’est pas très grave de partager ce n’est qu’en ligne. Mais c’est dégrader sa propre réputation, et même si ce n’est que par rapport à un petit cercle amical ou restreint. Une parole d’homme reste une parole d’homme, même sur Internet. »

Enfin, il est utile de noter que certains médias font ce travail de fact-checking en quasi temps réel, ce qui peut vous éviter pas mal de recherches… et d’aguerrir votre œil à détecter des intox les plus couramment utilisées. Citons par exemples Les Décodeurs du Monde, Désintox de Libération, Le vrai du faux numérique de France Info ou encore des initiatives comme HoaxBuster.

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