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« Il n’y a pas un, mais trois fossés numériques en France »

21 avril 2011

(visuel : Connectivity, flickr, licence CC, Tueksta)

« La France […] est en retard : environ un tiers de la population ne possède pas d’ordinateur et n’utilise pas Internet.

Cette fracture correspond non pas à un mais à trois fossés numériques. »

Non, la France n’est pas encore « entrée de plain-pied dans la société du numérique ». Oui, il reste encore du chemin à faire pour cela.

Retour sur les principales conclusions et propositions du rapport « Le fossé numérique en France », publié lundi 18 avril par le Centre d’analyse stratégique.

> Le contexte

Ce rapport de près de 120 pages (disponible ici en PDF) est le résultat d’une commande passée longue date. Sa remise était en effet inscrite dans la loi n° 2009-1572 du 17 décembre 2009 « relative à la lutte contre la fracture numérique » dont nous vous avions déjà parlé ici.

En plus de son caractère très officiel, il complète également utilement quelques-uns des enjeux de l’enquête sur les usages, réalisée par TNS Sofres pour Microsoft France [NDLR : l’éditeur de RSLN] en janvier dernier.

> Trois fossés numériques : générationnel, social et culturel

L’étude distingue trois fossés numériques :

1) Un fossé générationnel, qui apparaît comme le plus important et qui laisse les personnes âgées en marge des nouvelles technologies :

« Seuls 16,9% des plus de 75 ans et 40% des 55-64 ans disposent à leur domicile d’un ordinateur contre 91% pour les 15-24 ans. »

A titre de comparaison, 65% des seniors utilisent Internet au Danemark. Les raisons avancées sont diverses : l’absence de besoin, une résistance ou une peur face à la nouveauté, le coût de l’équipement, la crainte de ne pas maitriser l’objet…

Pour combler peu à peu ce fossé, le rapport préconise de familiariser les personnes âgées aux outils du numérique grâce à un accompagnement personnalisé et des logiciels ou des matériels adaptés, avec un double objectif : faciliter la communication avec les proches et bénéficier d’un suivi médical à distance.

2) Un fossé social, qui exclut les plus démunis :

« Parmi les personnes aux plus faibles revenus [de 150 à 999 euros par mois], 34% ont un ordinateur et 28,2% Internet à domicile contre respectivement 91% et 87,1% pour les revenus les plus élevés [3000 euros et plus]. »

Le coût de l’équipement apparaît ici comme principale raison de cette exclusion.

Le rapport recommande de permettre un accès haut débit à bas coût par un abaissement des tarifs, de deux manières différentes :

  • soit en augmentant la concurrence au niveau des fournisseurs d’accès,
  • soit en mettant en place « un tarif social de l’Internet », comme il en existe déjà pour les abonnements téléphoniques.

Le rapport insiste également sur la nécessite d’accorder une attention particulière aux 16% des 15-24 ans qui n’ont pas accès à Internet à leur domicile et qui risquent de se trouver marginalisés dans une société de plus en plus numérique.

Pour cela, les auteurs préconisent la mise en place de formations adaptées, y compris en dehors du cursus scolaire, et la mise à disposition d’ordinateurs et d’abonnements à tarif réduit.

3) Un fossé culturel, moins connu et moins grand que les deux précédents, mais qui exclut les moins instruits des possibilités offertes par ces outils numériques, car ils nécessitent des « connaissances et des compétences qui sont loin d’être maîtrisées par tous ».

C’est là l’un « des défis majeurs » auxquels est confrontée l’école, qui doit à la fois s’adapter à de nouveaux usages et former de nouvelles générations qui ont un rapport inégal vis-à-vis de ces outils et technologies numériques.

> Pour aller plus loin :

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