Imagine Cup : dans les secrets de préparation des projets share
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Imagine Cup : dans les secrets de préparation des projets

25 avril 2010

(reportage photo : Bernard Lachaud)

Il y a ceux qui ont encore répété le matin même, histoire de peaufiner quelques-uns des points clefs de leurs présentations. Et les autres qui, au contraire, se retrouvent pour la première fois depuis plusieurs semaines, éparpillés qu’ils étaient aux quatre coins de la France – stages divers obligent.

Vendredi 19 et samedi 20 mars,
quinze équipes d’étudiants se sont retrouvées à Saulx-les-Chartreux, en région parisienne, pour un « bootcamp » dans le cadre de la compétition Imagine Cup organisée par Microsoft [éditeur de RSLN, NDLR] à travers le monde.

Tous ces projets seront présentés -et jugés !- ce mardi 4 mai, lors de la finale française de la compétition, qui permettra à quelques équipes de décrocher une place pour représenter la France lors de la finale mondiale en Pologne, en juillet.

Le principe : offrir à tous ces étudiants un peu plus de 24 heures pour peaufiner, aux côtés d’experts, leurs projets technologiques innovants, qui doivent tous répondre au brief suivant : « Imaginer un monde où la technologie nous aide à répondre aux enjeux les plus cruciaux de notre société », et qui traitent souvent de Green IT et de télésanté. 

Concrètement ? Toutes les équipes vont bénéficier de quelques minutes de présentations diverses, devant des « coachs » aux regards complémentaires (des experts en communication aux spécialistes logiciel). Avant de mettre en application toutes ces recommandations, avec de longues heures de travail dans la foulée – sans pour autant oublier les séances de défoulement sportif.

« Les jurys vont procéder par élimination … »

Pour l’équipe Emanon, de l’école Epsi, à Arras, en lice dans la catégorie « développement embarqué », tout commence par l’un des ateliers les plus complets. Face à Thierry Joubert et Laurent Ellerbach, deux des « coachs » d’un jour, ils ont quinze minutes, et pas une de plus, pour présenter l’ensemble de leur dossier – aspects techniques compris.

Les trois comparses proposent une tablette d’intervention permettant à des secouristes d’enregistrer toutes les informations sur un blessé sans avoir recours au papier. Et ils attaquent bille en tête : consciencieux, ils ont pris soin de récupérer, auprès de pompiers, les actuelles fiches d’enregistrement des blessés, et les distribuent à leurs coachs. « Vous imaginez, remplir cette feuille, quand il pleut ? », interroge l’équipe. A leurs yeux, l’argument est imparable…

« La technologique est intéressante, leur concède Thierry Joubert. Mais si on voyait un prototype en action, ce serait sans doute encore plus convaincant … ». Laurent Ellerbach poursuit : « C’est un concours mondial. Imaginez-vous face à un jury international : pensez-vous qu’il puisse comprendre la chaîne des secours en France, par exemple ? » Le message passé est limpide : la moindre non-réponse au cahier des charges (dans ce cas : la définition d’une problématique suffisamment large pour dépasser le cadre franco-français) constituera, par la suite, un risque bien réel d’élimination.

« On signe où ? … »

« Quand tu m’as expliqué qu’il y avait des possibles réductions fiscales, là, franchement, je n’avais qu’une envie : te demander où il fallait signer … ».  Non, le dialogue qui précède n’a pas été enregistré entre un conseiller en gestions d’actifs et l’un de ses client potentiel. Celui qui était à deux doigts de signer, c’est Grégory Renard, coach de la catégorie « conception de logiciel », et qui participe à l’atelier « business plan », spécifique à cette catégorie de projets. Son vendeur d’un jour n’est autre que l’un des étudiants de l’équipe HEO (université de Versailles, et INP-Grenoble), auteurs d’un logiciel d’optimisation des consommations d’énergies dans les maisons .

Problème : tous les projets ne sont pas forcément aussi aboutis ni convaincants : les coachs encouragent alors chacun d’eux à envisager toutes les options possibles pour présenter du « solide ». Recommandations les plus courantes ? Tenter de s’appuyer sur des évaluations chiffrées des cibles potentielles – en multipliant les sondages, par exemple – ; se crédibiliser avec des partenaires potentiels, … .

 « Cette vidéo, c’est pas possible … »

Les « 5 minutes pour convaincre », vous connaisez ? A l’atelier communication, où tous les projets défilent un à un, voilà la gageure que les étudiants sont priés de relever. Pour l’équipe Babie’s Angel (Supinfo, Bordeaux) qui compte s’attaquer, notamment, à la mort subite du nourisson, ça coince : ils ont débuté leur présentation par une vidéo un peu trop « choc » : « Diffuser une vidéo aussi forte en introduction de votre discours, cela revient à vous priver de l’attention de vos auditeurs pendant un long moment », leur explique par exemple Pierre-Louis Xech.

C’est là aussi que l’on retrouve Emanon. Vous vous souvenez du reproche adressé après la première présentation de l’équipe – ne pas avoir élargi leur projet à une problématique suffisamment mondiale ? Entre temps, les trois garçons de l’équipe ont planché, et tenté d’articuler leur projet avec l’un des objectifs du millénaire.

Hélas pour eux, le jury sent bien que tout cela a été préparé un peu trop rapidement … et lui reproche, précisément de s’être un peu trop éparpillé et peut-être pas suffisamment penché sur le cas Français ! « C’est aussi ça le principe du bootcamp, savoir picorer parmi tous les conseils … », résume Laurent Ellerbach.

> Pour en savoir plus :

– Toutes les actus sur Imagine Cup France

– Tous les projets présentés dans un numéro spécial de Regards sur le numérique (pages 13 à 17, format PDF)

– En 2008, la finale mondiale se déroulait à Paris. L’émission Plein Ecran de Cédric Ingrand (LCI) y avait consacré un long reportage.

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