Internautes vs journalistes : concurrence dans la production de l’information share
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Internautes vs journalistes : concurrence dans la production de l'information

13 décembre 2013

La nouvelle est tombée jeudi 12 décembre, le journal « 20 minutes » prévoit jusqu’à 11 licenciements en supprimant son service photo. Un coup dur supplémentaire pour le secteur médiatique qui tente encore de stabiliser ses modèles économiques à l’ère du numérique. 

Les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs sont aujourd’hui envisagés avant tout comme des internautes et des mobinautes. Lors de l’Assemblée des médias qui se tenait le 2 décembre dernier dans l’Espace Cardin à Paris, les professionnels n’ont pas manqué de souligner ce nouveau rapport à l’audience désormais productrice de contenus médiatiques. Pour Thierry Happe, fondateur et Président de Happening Co :

« Le journaliste n’a plus le monopole de l’information. Aujourd’hui c’est une logique de partage, l’audience est amenée à produire du contenu. […] On ne va plus pouvoir organiser et fabriquer l’information comme avant. Les réseaux sociaux qui étaient un peu communautaires sont devenus des instruments d’influence. »

Aujourd’hui selon les professionnels, ce sont les images qui jouent un rôle majeur dans la circulation d’une information. L’audience est désormais régulièrement mise à contribution afin de fournir des photos par exemple. En la matière et dans le cas de « 20 minutes », Le Monde précise ainsi que la direction compte « s’appuyer sur les agences, la polyvalence des rédacteurs qui feront les photos et les vidéos et Scoopshot, une application qui permet d’utiliser les photos des particuliers contre rémunération ».

Analyse et investigation, la valeur ajoutée des journalistes

Si certains professionnels comme Aurélien Viers du Nouvel Observateur, considèrent l’audience comme un « témoin de l’actualité », ses contenus ne restent toutefois pas comparables à ceux des rédactions. Pour autant, sa capacité de production et de diffusion questionne le rôle rôle des journalistes. Quelle valeur ajoutée peuvent-ils apporter ? Pour les intervenants de l’Assemblée des médias la réponse est unanime : 

« C’est le travail d’analyse et d’investigation qui aura la seule valeur, a ainsi déclaré Thierry Happe. Mais il faut imaginer un modèle et des services différents comme le storytelling des données par exemple. » 

Un travail déjà largement fourni par de nombreux médias qui multiplient les nouveaux formats et proposent un travail de narration et d’enquête approfondi. L’année 2013 ne nous a pas laissé en reste à cet égard : le jeu vidéo documentaire Fort Mc Money de David Dufresne a par exemple récemment impressionné les internautes en proposant un dispositif mêlant immersion et collaboration (à redécouvrir sur RSLN ici).

Autres exemples marquants de 2013, outre les newsgames, les reportages interactifs multimédias réalisés au sein de rédactions de presse écrite tels que Snow Fall du New-York Times ou encore L’Equipe Explore du journal L’Equipe ont prouvé la capacité des journalistes à produire des contenus enrichis adaptés au web. 

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