Internet, première source d’informations des 18-49 ans share
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Internet, première source d’informations des 18-49 ans

5 janvier 2011
(visuel : Forgotten Television, par autowitch, licence CC)
 
Bien sûr, c’est un chiffre à prendre avec des pincettes. Bien sûr, il porte sur des sondages – en l’occurrence un échantillon de 1500 personnes interrogées par téléphone. N’empêche : c’est la première fois qu’une telle tendance est mesurée, et, à ce titre, elle mérite largement que nous nous y arrêtions un instant :
 
Au sein d’un panel d’Américains interrogés par le projet média du Pew Research Center, les hommes âgés de 18 à 49 ans ont indiqué qu’internet était devenu, en 2010, leur première source d’information nationale et internationale (56%), soit plus que la télévision (55%) – et plus que les journaux papiers, la radio, ou les magazines réunis, respectivement cités comme première source d’information par 21%, 19% et 3% de cette tranche d’âge.
 
 
Cette catégorie de la population est la seule à accorder une telle place à internet, dans sa consommation d’information. Globalement, si Internet gagne des parts en tant que source d’infos (41% des sondés placent le net en première place, contre seulement 24% en 2007), il reste – loin – derrière la télévision (numéro 1 pour 66% des sondés, en nette baisse tout de même : 82% la plaçaient en tête en 2002. 
 
Les chiffres plus précis diffusés par le Pew Research Center montrent, sans grande surprise, que cette place prépondérante accordée à Internet comme source d’infos est plus forte chez les 18-29 ans que chez les 30-49 ans (où la diminution de la place de la télé est tout de même beaucoup plus forte que dans le reste de la population) :
 
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(cliquez sur l’image pour agrandir)
 
>> EFFET D’AGE, OU EFFET DE GENERATION ? 
 
La question de l’attitude, à l’horizon plus dix ans, de ces digital natives aujourd’hui âgés de 18 à 29 ans, était l’une des grandes interrogations soulevées par une autre étude riche d’enseignements, diffusée par l’Union des entreprises de conseil et achat média (Udecam) et réalisée notamment avec le partenariat de Microsoft Advertising, la régie publicitaire Microsoft [éditeur de RSLN, NDLR], au mois d’octobre dernier, et traitée dans un cahier du Figaro (PDF). 
 
Moins centré sur « l’info », et davantage concentré sur les « industries culturelles », cet exercice de prospective scénarisé autour de deux grands modèles, s’interrogeait en effet sur une grande inconnue : 
 
« [Ces jeunes qui plébiscitent le net aujourd’hui] vont-ils conserver sans trop de modifications ces comportements quand ils seront installés en 2020 (effet de génération) ou bien, sans retrouver à l’identique le comportement de leurs aînés, reviendront-ils vers une consommation plus standard (moins de temps passé sur les réseaux sociaux, consommation télé aussi linéaire (en flux) que délinéarisée (à la demande) […] ? »
 
L’Udecam envisage successivement les deux hypothèses dans son étude : 
  • « Scénario 1 : l’effet de génération joue à plein ; en 2020, plus de la moitié de la population a un comportement proche de celui des « digital natives » ; on est sorti définitivement de la consommation médiatique de masse – seuls les personnes âgées restent sur ce modèle. »
  • « Scénario 2 : l’effet d’âge a atténué l’effet de génération – les usagers changent progressivement […], mais sans atteindre l’intensité def la modalité précédente et sans remettre en cause les équilibres du domaine. »
Une vidéo plutôt bien fichue a été réalisée par l’Udecam pour accompagner la diffusion de cette étude – elle reste néanmoins un peu trop schématique, puisque les scénarios sont basés sur un enchaînement largement fonction de … la vitesse de la reprise économique après la crise de 2008, qui soyons francs, n’aura sans doute plus vraiment d’impact sur l’industrie des médias en 2020 :
 

 
>> LA TELE POUR LES GRANDES CATASTROPHES
 
L’enquête omnibus du Pew Research Center ne lève en aucune manière l’incertitude entre ces deux scénarios – le centre de recherche pronostique tout de même que « ces tendances sont assez largement susceptibles de se poursuivre ».
 
Néanmoins, la grande force de l’étude du Pew Research Center reste sa répétition, puisqu’elle est conduite tous les six mois, mais également lors de grands événements. La grande tendance est alors très claire : l’appétence pour les infos diffusées sur le web chez 30-49 ans n’a eu de cesse de progresser depuis 2001, et seuls les « grands événements » (11-Septembre, Katrina, guerre en Irak) remettent la télévision en selle dans cette compétition :
  
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(cliquez sur l’image pour agrandir)
 
>> Et pour une prospective plus « qualitative », basée largement sur les vues des professionnels des médias Français, vous pouvez relire notre dossier sur l’avenir de l’information, ainsi que le débat RSLN organisé en septembre dernier. 

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