[Interview] Najat Vallaud-Belkacem : le numérique pour stimuler la mixité des métiers et l’entrepreneuriat chez les jeunes share
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[Interview] Najat Vallaud-Belkacem : le numérique pour stimuler la mixité des métiers et l’entrepreneuriat chez les jeunes

26 mai 2014

Comment le numérique peut-il servir l’égalité des chances et lutter contre les discriminations ? Comment soutenir les innovateurs d’aujourd’hui pour en faire des piliers de notre économie demain ? Najat Vallaud-Belkacem, la ministre des Droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports a accepté de répondre à nos questions et a insisté sur la nécessité d’inciter les jeunes, et notamment les filles, à s’investir dans le chantier numérique. A découvrir en vidéo ci-dessous !

Lunettes à immersion 3D, gilet intelligent pour aveugle, structure énergétique autonome ou encore robots débouchant les conduits d’aspiration centralisés… les projets présentés par les participants des dernières Olympiades de sciences de l’ingénieur sur le campus de Microsoft France étaient nombreux, et la ministre venue récompenser les vainqueurs n’a pas manqué de leur manifester son admiration :

« Quand je vois ce que vous avez été capable de faire, je me dis que j’aurais peut-être dû être un peu plus attentive dans mes cours de mathématiques et de physiques chimie. »

De jeunes pousses innovantes qui s’imposent d’ores et déjà comme une relève solide, sur laquelle il faut compter pour soutenir notre économie. Pour Najat Vallaud-Belkacem :

« La France a parmi les jeunes les mieux formés du monde et notamment dans les nouvelles technologies. (…) il faut se souvenir qu’on a cette richesse et cette chance-là.« 

Si l’événement a rassemblé 300 des meilleurs élèves de France, l’on y comptait seulement un tiers de filles. Dans les métiers techniques et particulièrement dans les métiers technologiques, celles-ci demeurent les grandes absentes. Selon la ministre, l’explication est claire : les jeunes Françaises manquent de figures inspirationnelles aujourd’hui :

« La meilleure façon de lutter contre cette sous-représentation est clairement l’orientation scolaire. Il y a un sujet qui est ‘comment on crée de l’appétence autour d’un certain nombre de métiers auprès d’un public qui ne s’y projette pas’, parce qu’il n’a pas encore suffisamment de références en la matière. Les jeunes filles ne voyant pas suffisamment de modèles de réussite féminine en sciences. »

Un chantier auquel s’est attelé le gouvernement qui veut faire de la mixité des métiers une priorité :

« La réforme de l’orientation scolaire que nous menons actuellement est cruciale, affirme la ministre. On a fait en sorte que la mixité des métiers soit au cœur de ce travail, ce qui va permettre par exemple de présenter de manière pro-active des métiers dans lesquels les jeunes filles sont sous-représentées, tout en restant en lien avec les entreprises.« 

Et le travail devra également passer par les médias. Mais ces enjeux concernent aussi d’autres catégories d’élèves comme les jeunes des quartiers prioritaires par exemple.

Alors que 45% d’entre eux sont touchés par le chômage, ils n’accusent aucun retard dans la maîtrise des outils et sont plus nombreux que la moyenne de leur classe d’âge à vouloir travailler dans le secteur du numérique – et même créer une entreprise dans ce domaine. Pourtant, seule une minorité (37%) pense que ces métiers leur sont accessibles. Alors, comment réaliser ce potentiel ? Pour la ministre, ces jeunes doivent être accompagnés pour dépasser l’auto-censure :

« Beaucoup de ces jeunes ont tellement intériorisé l’idée qu’ils ne trouveraient pas de travail qu’ils ont investi un autre champ d’activité qui est celui de l’entrepreneuriat. Il faut les soutenir, donc nous allons le faire avec la Banque Publique d’Investissement, mais aussi en investissant 600 millions d’euros dans le développement économique de ces quartiers pour les accompagner, notamment via des pépinières d’entreprises. »

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