« It's a social world » - ce monde est social

5 mars 2012

Une minute sur 5 : c’est désormais le temps que passent les internautes sur les réseaux sociaux, selon un livre blanc du cabinet d’études Comscore en date du 21 décembre dernier. La nouvelle ne surprendra personne : le web est de plus en plus social. Mais ce que donne à voir cette photographie des usages d’internet à travers le monde, c’est avant tout l’explosion de ces pratiques : dans chaque pays, plus de la moitié des internautes utilise maintenant les médias sociaux. En moyenne, ils sont même 82% à surfer sur la vague, contre 56% en 2007 – ce qui représente tout de même 1,2 milliard d’individus, alors qu’ils étaient moins de 500 millions il y a quatre ans. Succès planétaire donc. Mais se connecte-t-on à ses amis de la même manière à Rio, à Pékin ou ailleurs ?

> Facebook s’infiltre partout dans le monde

Ce qui peut étonner, tout d’abord, c’est que les réseaux sociaux s’imposent sur chaque continent avec une grande homogénéité : pour 41 des 43 pays étudiés, on reste dans une fourchette comprise entre 85% (le Vietnam) et 98% d’internautes concernés (aux Etats-Unis notamment). En Europe, le Royaume-Uni et l’Espagne se disputent le haut du podium avec également 98%. La France se situe dans une moyenne raisonnable, avec 91%.

Sans surprise, Facebook arrive en tête dans presque tous les pays, monopolisant les trois quarts du temps passé par les internautes sur les réseaux sociaux – et même 1 minute sur les 7 qu’ils passent en ligne. Le premier des réseaux n’est surpassé que dans 7 pays : par Orkut au Brésil, par Twitter au Japon, et par des réseaux locaux en Pologne, en Russie, au Vietnam et en Corée du Sud. Il reste interdit en Chine, bien qu’il soit imité par de nombreux réseaux locaux (on en dénombre plus de 100). Certains de ces réseaux montent encore en puissance, comme le russe Odnoklassniki qui accuse une hausse de 36% de sa fréquentation entre mai et octobre 2011. Mais Facebook, qui s’est déjà imposé en Allemagne, aux Pays Bas, et dans 4 autres pays depuis 2010, pourrait bien gagner encore de nouveaux marchés. A ce sujet, la série de cartes montrant l’expansion du réseau social est éloquente.

Source : Vincos Blog.

En 2012, l’ensemble du village global semble conquis par les réseaux sociaux… Tout le village ? Non. Car en Asie, la Chine et le Japon résistent encore : avec respectivement 53 et 58% de leurs internautes concernés, ces deux pays semblent moins pressés de succomber au Social Networking. Pour quelle raison ? Les auteurs de l’étude se gardent bien d’avancer une explication. Selon eux, les facteurs qui influencent l’usage des réseaux sociaux à travers le monde sont la gouvernance et la disponibilité de l’accès à l’internet, mais aussi les pratiques culturelles. Ainsi on se souvient que le Web reste très encadré en Chine. Quant au Japon, terre d’« exception numérique », les pratiques culturelles y sont spécifiques, et les réseaux sociaux y sont principalement des sites locaux, plébiscités par des publics très précis.

> Des usages qui reflètent les différences culturelles

La manière dont nous utilisons les réseaux sociaux diffère-t-elle selon la culture à laquelle nous appartenons ? Comscore l’affirme en brandissant les chiffres du temps passé à se connecter à nos amis. C’est ainsi que la zone géographique « Asie-Pacifique » est bonne dernière à ce classement, avec 11% seulement du temps passé en ligne par les internautes, soit environ 3 heures par mois. A l’inverse, les latino-américains sont les champions du social networking : ils y consacrent plus du quart de leur temps en ligne, soit 7,6 heures par mois. Et parmi les 10 pays les plus engagés sur les réseaux sociaux, 5 sont des pays d’Amérique latine. Pour le cabinet d’études, cela ne fait aucun doute : ce score honorable « reflète une culture sociale de l’effusion ». A contrario, l’engagement plus faible des asiatiques sur les réseaux sociaux serait liée à la traditionnelle discrétion de mise dans les cultures extrême-orientales.

A l’issue de cette étude, on pourrait croire que les clichés sont saufs : les latins sont évidemment expansifs, et les femmes, majoritaires sur les réseaux sociaux, paraitront encore un peu plus bavardes que les hommes. Les réseaux sociaux restent un « truc de jeunes » : ce sont les digital natives qui, les premiers, délaissent progressivement l’e-mail (-22% entre juillet 2010 et octobre 2011) et la messagerie instantanée (-42%) au profit des médias sociaux (+34%). Mais partout, les écarts se réduisent, et l’uniformisation guette : par exemple, les hommes et les seniors représentent la plus forte croissance du panel. Même les clichés n’y résisteront pas.

> Découvrez l’intégralité de l’étude

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email