La « love affair » très raisonnable des Français avec le numérique share
back to to

La « love affair » très raisonnable des Français avec le numérique

20 décembre 2011

Quelle compréhension les Français ont-ils de l’influence du numérique sur le monde ? Quelles sont leurs perceptions de ce « nouveau monde » ? Quelles sont leurs attentes, leurs espoirs, leurs craintes ?

C’est pour répondre à ces questions que lInria a publié, en novembre dernier, la première édition d’un baromètre, réalisé en partenariat avec l’institut TNS Sofres et intitulé « Les Français et le nouveau monde numérique ».

> Du « grand explorateur » au « bienheureux sédentaire » :

L’étude propose tout d’abord de distinguer six comportements des Français face au numérique : des « grands explorateurs », pionniers du numérique en quête de découvertes, aux « baroudeurs pragmatiques », qui marchent dans leurs traces, en passant par « les révoltés du numérique », nostalgiques du « monde d’avant », ou par les « apprentis voyageurs », qui n’utilisent que les outils connus de tous…

Mais au delà des pratiques, c’est bien l’âge qui semble être – à tort ou à raison ? – l’un des facteurs déterminants.

 

À noter que vous pouvez directement « découvrir votre profil »en vous rendant ici.

> Le numérique, indispensable pour la majorité des Français

Le numérique est complètement intégré dans le quotidien des Français : des téléphones mobiles à Internet en passant par les ordinateurs, un Français sur deux déclare ne plus pouvoir se passer de ces innovations. Mieux, quatre Français sur dix se jugent « passionnés par les technologies du numérique ».

Tout en restant lucides : s’ils voient dans le numérique, une « capacité à entreprendre et mener des projets » ou une « possibilité d’assouvir des passions », ils restent prudents, notamment au niveau du « respect de la vie privée », qui reste leur inquiétude première.

> Le numérique utile… dans certains domaines ?

Pour les Français, le numérique a une haute valeur ajoutée mais uniquement dans certains domaines : la médecine, l’industrie, l’enseignement ou les transports ont pour eux beaucoup à tirer du numérique. Mais l’agriculture, l’art ou l’environnement beaucoup moins…

Une différence qui semble liée à un défaut d’information : pour Dominique Cardon, sociologue, ces écarts montrent l’existence d’une différence de perception entre un monde numérique aisément expérimenté au quotidien par l’individu et un monde numérique qui travaillerait la société plus en profondeur, de manière plus lente et donc plus méconnue.

25% des Français pensent ainsi qu’un chirurgien ne pourra jamais opérer à distance… alors que la première opération du genre fut réalisée en 2001 par une équipe chirurgicale située à New York et opérant une patiente se trouvant à Strasbourg. Même chose avec les objets connectés qui laissent perplexes un Français sur deux, alors qu’ils existent déjà.

> L’indispensable éducation au numérique

Au final alors, le numérique est-il une chance ou une menace pour l’homme et la société ? Les réponses sont variables et l’indécision domine.

Les Français s’accordent par contre pour placer l’éducation au centre de ces changements sociétaux : pour 80% des sondés, il est essentiel de faire entrer les sciences du numérique dans les programmes scolaires au même titre que les autres sciences – ce qui sera le cas en Terminale S à partir de la rentrée 2012. 

Seuls 10% des Français se jugent d’ailleurs très bien informés sur le numérique.

 

Cette demande pour plus de pédagogie et de sécurité ne doit pas pour autant occulter les inégalités d’accès et d’appréhension du numérique, comme le rappelle Dominique Cardon : cette fameuse « fracture numérique », qui malgré des efforts en la matière, reste toujours belle et bien réelle et l’un des défis majeurs des prochaines années en matière de numérique.

> Pour aller plus loin :

Notre magazine sur le rapport à la vie privée en ligne :

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email