Le design de service au coeur du Govjam Paris

En juin 2012, la première édition du Govjam ouvrait ses portes. Deux jours pour repenser les services publics autour de la thématique Infectious connexion – comment, entre Etat et citoyens, faire transiter une idée comme se propagerait un virus. L’évènement, sous impulsion du gouvernement australien et de l’agence Workplayexperience, avait lieu dans plusieurs grandes villes du monde, Paris compris. Cette année encore, l’Australie relance l’initiative et le Govjam Paris, soutenu par l’Agence pour la promotion de la création industrielle (APCI) et Utilisacteur, se tiendra du 4 au 6 juin juin prochain. Avec cette année 25 villes dans quinze pays.

Objectif réduction de la consommation d’eau

L’an dernier, la petite équipe – une dizaine de cerveaux – avait travaillé sur le secteur de l’eau. L’objectif du gouvernement français était une réduction de consommation à hauteur de 20%. La deadline ? 2020, soit demain à l’échelle du fonctionnement d’un pays. Mais à l’échelle individuelle ou d’un foyer, difficile de savoir quelle quantité d’eau on consomme d’eau. Save & Swap, le projet issu du premier GovJam français, permet alors une visualisation au jour le jour de sa propre consommation après inscription sur la plateforme.

L’initiative citoyenne comptait aussi récompenser les diminutions de consommation avec une distribution de bons points à utiliser pour « se rendre gratuitement au musée, à la bibliothèque ou dans les salles de sports » confiait Thomas Thibault, étudiant en design.

Design, services publics et co-construction

Le design de services est avant tout un ensemble de concepts et d’applications porté par les designers utilisant le principe de la co-conception, depuis le citoyen jusqu’aux administrations publiques. Un exemple ? Le célèbre AirBnb, qui propose des chambres d’hôtes en mettant directement en lien les voyageurs et les propriétaires de logement vacant. Last.fm est aussi une plateforme pensée par et pour les utilisateurs : à chacun d’alimenter l’application avec ses propres bibliothèques numériques.

Anne-Marie Boutin, présidente de l’APCI, expliquait par ailleurs à l’occasion du GovJam précédent que « le design renverse les hiérarchies, il part de l’utilisateur » :

« Le design de services est la production d’un service, à travers la conception de ce service en lui-même, et non pas seulement à travers sa réalisation. »

Au même titre que les applications interactives mises en ligne par les médias et du trio développeur-journaliste-designer inhérent, le service est alors pensé en intégrant dès le départ tous les acteurs. Le design n’intervient pas une fois le service pensé, ni ne répond à une demande qui l’inclurait plus tard dans le processus de conception. Il appartient à la phase de réflexion.

Mêmes joueurs jouent encore

Lors du Govjam Camp, il faut donc que la philosophie du design se propage de l’État aux collectivités en passant par les citoyens afin d’améliorer les services publics. Depuis Canberra, les organisateurs lanceront le thème le jour même – inconnu par les organisateurs des autres villes du monde, au même titre que les participants – et les 48 heures qui suivront alors pourront donner l’impulsion d’une volonté d’amélioration.

Christophe Tallec, co-fondateur d’Utilisacteur et co-organisateur du GovJam Camp, constate :

« Il faut penser et permettre l’innovation au sein du service public. Donc des citoyens mais aussi des acteurs publics. »

Et même si les déclinaisons sont internationales, le Govjam français sera l’occasion « d’adresser les problématiques nationales » précise-t-il. Et donc les services publics français, même si cette année, les collaborations pourront se créer pour le govjamparis avec une équipe franco-australienne et une autre franco-américaine. Anne-Marie Boutin raconte :

« Les méthodologies du design de service permettent d’aborder l’innovation dans les services publics en s’appuyant sur la pratique des acteurs de terrain, et en adoptant le regard de l’usager/citoyen. Elles induisent de nouvelles dynamiques fondées sur le décloisonnement des approches et des territoires. Le Govjam est une occasion d’expérimenter ces méthodologies et de se les approprier. »

Et si le sujet peut faire figure d’ovni dans ces milieux administratifs, c’est avant tout pour ne pas aller jusqu’au résultat concret. Inutile de faire croire aux participants qu’ils sortiront avec le produit fini ou une solution miracle. Mais cette année encore, l’ensemble des acteurs des services publics sont donc conviés à réfléchir ensemble. Histoire de permettre aux citoyens une approche numérique simplifiée des services publics.

Et si vous souhaitez participer, les inscriptions se font ici.

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