Le design numérique invente le monde de demain

27 mai 2011

Une radio, un miroir, un jeu de société utilisant un smartphone en guise de pion interactif, un panneau d’informations municipales numérique … Bienvenue dans le laboratoire du futur ! Ici tout est design, interactif, connecté et intelligent.

Où sommes-nous ? Au lieu du design, qui accueille jusqu’au 23 juillet Jean-Louis Fréchin, fondateur et dirigeant de NoDesign, « première agence de design numérique » et enseignant-chercheur à l’Ecole nationale supérieure de création industrielle (ENSCI), pour une exposition baptisée « Objet(s) » du numérique design d’un nouveau monde industriel, sur les nouveaux services et objets numériques.

L’exposition fait l’inventaire des dernières innovations en matière de design numérique. L’idée ? Montrer que le design ne se cantonne pas à une discipline précise, mais peut s’étendre à l’ensemble des secteurs économiques, et à tous les domaines de la vie quotidienne. « Etre ensemble », « informer », « habiter », les différents pôles de l’exposition nous plongent dans le futur.

Quelques exemples de ces nouveaux objets qui révolutionneront demain notre vie quotidienne :

> Des objets intelligents dans toute la maison

Premier constat : on peut tout connecter à Internet. Un miroir ? Le « digital lifestyle », conçu par Microsoft [disclaimer : l’éditeur de RSLN],  est équipée d’une technologie de reconnaissance faciale. Il connait donc ses utilisateurs, et affiche les informations individuelles de chaque personne qui se présente, mais également des informations, la météo, etc.

Même idée avec un pèse-personne connecté sur wifi, et qui permet d’enregistrer ses données et même de les partager ses données sur les réseaux sociaux… Ou une radio, murale, dont la coque fabriquée à partir de journaux recyclés sert à la fois de haut-parleur et d’interface tactile pour le choix des programmes et le contrôle du volume.

Plus surprenant encore : un des objets intelligents présentés n’est autre qu’une … gourde. Connectée au web, elle permet de géolocaliser les points d’eau les plus proches, et de partager ces infos avec les autres utilisateurs du service. Mais ce projet a également été développé dans une autre optique : « penser l’après-jetable », un nouveau mode de consommation plus réfléchi et plus durable. L’horloge domestique « Watt’time », développée par EDF, répond à cette idée : elle permet de suivre la consommation quotidienne d’un foyer, sur une interface très simple, et prévient ses propriétaires des moments à privilégier pour réaliser des économies d’énergie.

> Dessiner un monde nouveau

Des préoccupations qui habitent toujours le travail des designers. Beaucoup d’objets de l’exposition participent ainsi de la réflexion sur une nouvelle façon de consommer, de communiquer, et de se représenter le monde.

Preuve de cette réflexion : le projet « Transcendenz », réalisé par Michael Harboun, étudiant au Strate College, et qui permet grâce à une paire de lunettes équipée de capteurs d’ondes cérébrales, et d’un système suivant les mouvements des yeux, d’échanger ses pensées, sous la forme d’un réseau social, et de percevoir son environnement en réalité augmentée.

Mais le design, c’est également l’art de créer des interfaces permettant aux utilisateurs de se retrouver, d’échanger : Bug, une agence web destinée aux associations, a ainsi développé pour les habitants de Rennes un réseau social local garantissant la protection et le respect des données personnelles. Un nouveau moyen de communiquer, que l’on retrouve aussi dans les projets de visualisation de données mis en place par Dataveyes. Le design, c’est donc également le dessin d’idées et d’informations.

> Développer de nouvelles expériences

Plusieurs projets présentés dans le cadre de cette exposition laissent enfin imaginer de nouvelles expériences de création, de réalisation, notamment dans les loisirs. L’ENSCI présente ainsi un jeu urbain, dans lequel les joueurs s’équipent d’un gant pour lancer des projectiles virtuels et est informé du positionnement de ses adversaires via son smartphone.

Dans la musique également, le design permet l’innovation. L’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique (Ircam) a par exemple réalisé les objets « Mo », issus d’un projet de recherche baptisé « Interlude ». Il s’agit de petits modules qui forment un réseau instrumental, et permettent de créer de la musique par les mouvements du corps. Ils peuvent également être connectés à des objets du quotidien, ou à des instruments traditionnels.

Et pour imaginer encore plus ce à quoi peut ressembler le futur ? L’exposition présente Rallfe et Ido, respectivement robots scientifique et domestique. L’un est un robot de test dont la morphologie évolue au fil des recherches ; l’autre effectue les tâches quotidiennes dans la maison.

> Le lieu du design, c’est quoi ?

Inauguré en 2009, le lieu du design est destiné…  au design, en France. Conférences, expositions, centre de documentation : c’est un espace de réflexion et de promotion de la discipline, notamment pour ses atouts en termes d’innovation et de compétitivité. Un moyen d’attirer l’attention sur les réponses qu’elle apporte à des enjeux comme le développement durable, ou les services à la personne.

> Pour aller plus loin :

> Les visuels utilisés dans ce billet sont issus de documents produits ou diffusés par le lieu du design

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