Le numérique, un outil de solidarité envers les personnes âgées ? share
back to to

Le numérique, un outil de solidarité envers les personnes âgées ?

10 juin 2015

Le service civique en France ? Un programme lancé par l’Etat depuis 2010, sur le modèle promu par Unis-Cité. Cette association, qui vient de fêter ses 20 ans, propose aux jeunes de se consacrer durant 6 à 9 mois à des projets d’entrepreneuriat social. Rencontre avec Juliette Bongrand, Chargée des Relations Entreprises et avec Margaux Dufau, porteuse d’un projet d’assistance aux personnes âgées via les nouvelles technologies.

D’où vient l’idée d’Unis-Cité ?

L’association a été créée il y a 20 ans par quatre jeunes femmes : une Américaine, Lisbeth Shepherd, qui a obtenu une bourse d’entrepreneuriat aux Etats-Unis, et trois Françaises en fin de cursus à l’ESSEC. L’idée de Lisbeth Shepherd était de pouvoir amener en France le modèle de City Year, association américaine de volontariat qui avait servi à lancer le service civique américain. L’objectif était de pouvoir lancer un tel service civique en France, le service militaire ayant été aboli : c’est désormais chose faite puisque le gouvernement a créé en 2010 le service civique sur la base de notre modèle.

Quelle part pour le numérique dans les projets menés par les jeunes au cours de leur service civique, et en particulier du programme Rêve & Réalise ?

Il y a deux cas de figures : les projets dans lesquels le numérique fait partie du service apporté – tels qu’un projet d’aide aux personnes âgées isolées par l’apport de nouvelles technologies –  et ceux pour lesquels il est un outil de communication. Pour fédérer les partenaires, faire venir des participants, aller chercher des bénévoles ou encore toucher son public bénéficiaire. Dans les deux cas, le numérique joue une part non négligeable.

L’entrepreneuriat social : phénomène de mode ou secteur d’avenir ?

L’entrepreneuriat social rassemble aujourd’hui un nombre grandissant de salariés et d’emplois : c’est à mon sens un vrai secteur d’avenir. Des universités telles que Dauphine lancent des formations lui étant exclusivement consacrées, l’ESSEC dispose de sa chaire d’entrepreneuriat social… Le domaine intéresse car il s’agit simplement d’une façon intelligente de mener son activité en alliant l’efficacité économique et le bien-être social du territoire et des personnes employées. La façon dont toutes les affaires devraient être menées sur cette planète finalement ! Beaucoup de jeunes sont attirés par les idées qu’il véhicule et je suis certaine que nous sommes face à un phénomène amené à perdurer.

Volontaire pour un service civique de 9 mois sur le point de s’achever, Margaux Dufau propose de mettre les nouvelles technologies au service des personnes âgées, pour les inciter à rester autonomes. Elle compte poursuivre le développement de son projet en mettant à dispositions des maisons de retraite des kits à destination de leurs pensionnaires, afin qu’ils se familiarisent avec ces nouvelles technologies.

Pourriez-vous décrire votre projet en quelques mots ?

Mon but est d’aider des personnes âgées en perte d’autonomie, isolées ou non, à redevenir actrices de leur quotidien grâce au numérique. Je suis partie du constat selon lequel beaucoup de personnes, en prenant de l’âge, ne pouvaient plus exercer les mêmes activités qu’auparavant. Une bonne partie d’entre elles ne sont plus dans une démarche active mais attendent qu’on les contacte, qu’on vienne leur rendre visite… J’ai donc testé les méthodologies d’accompagnement au numérique que j’ai pu trouver, notamment grâce à la Bibliothèque du Centre Pompidou, pour les adapter aux besoins et aux envies des six personnes âgées qui ont participé à mon expérimentation, au sein du centre Doisneau

Quelle ampleur pour votre projet dans les prochains mois ?

Le but de l’expérimentation est d’aboutir à l’élaboration d’un kit d’accompagnement des personnes désireuses de se mettre au numérique. Je suis actuellement en train de le réaliser à partir de tous les contenus des activités menées avec les personnes âgées que j’ai suivies pendant 3 mois. Elles ont personnellement très envie de continuer le projet, au même titre que leur maison de retraite, qui souhaite faire venir des bénévoles pour assurer cet accompagnement à plus grande échelle. Le but de mon côté sera de leur apprendre à accompagner les personnes grâce aux outils que l’on aura mis en place et de les conseiller dans ce sens.

Votre projet a été mené dans le cadre d’Unis-Cité, et plus particulièrement du programme Rêve&Réalise. Comment avez-vous entendu parler de cette association ?

Après une école de commerce, j’ai effectué un stage de fin d’études chez Ashoka, le premier réseau d’entrepreneuriat social au monde. Je travaillais sur l’accompagnement des entrepreneurs sociaux, ce qui m’a donné l’occasion de découvrir le travail de Marie Trellu, la fondatrice d’Unis-Cité. C’est en creusant davantage que j’ai découvert le programme Rêve&Réalise.

De quelle manière vous ont-ils aidée ?

Sur les 8 mois de mon service civique, j’ai bénéficié d’un encadrement de très bonne qualité, notamment grâce à une coordinatrice très à l’écoute et aux conseils de plusieurs coachs présents tout au long du projet. Le fait qu’Unis-Cité soit désormais une structure reconnue par les organisations ouvre également des portes, et il m’a été plus facile de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Outre le réseau, j’ai reçu une prime de service civique qui m’a permis de me lancer. Autrement, je n’aurais sans doute pas pris le temps de développer ce projet !

En parallèle de votre projet actuel, avez-vous d’autres idées liées à l’entrepreneuriat social ?

J’espère continuer à développer ce projet, ainsi qu’un autre auquel je participe actuellement : la We 4 Community, à savoir une association qui propose aux jeunes des débats et discussions autour des meilleures façons d’impulser le changement en France, et notamment par le biais de l’entrepreneuriat social.

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email