Le temps de l'hypercitoyen

11 octobre 2009

(Visuel : Gianpaolo Pagni)

4 novembre 2008 : Barack Obama devient le premier président noir des États-Unis. Historique, l’élection l’est à plus d’un titre. De l’avis de tous les observateurs, la campagne électorale du nouveau président marque un tournant dans notre vie politique. Deux millions d’activistes inscrits sur le site My.BarackObama. com, une présence massive sur toutes les plates-formes hyperconnectées (MSN, MySpace, Facebook, Twitter), des milliers de réunions de mobilisation organisées spontanément à travers les États-Unis… et, au final, 170 millions de dollars récoltés grâce aux levées de fonds sur Internet, un taux de participation record (63%) et près de 13 millions de participants à la campagne. Le fantasme absolu de tout homme politique.

À l’heure où les partis politiques français affûtent leurs armes sur Internet en vue de l’élection présidentielle de 2012, quelles leçons vont-ils en tirer ? Si les Américains semblent s’être réconciliés avec la politique, comment en France s’inspirer de ce grand mouvement de revitalisation démocratique ? Au-delà de l’efficacité électorale, Internet peut-il devenir un outil de dynamisation du lien entre les citoyens et leurs représentants ou est-ce une simple illusion de la média-sphère ? Cela favoriset- il l’implication de ceux qui sont déjà mobilisés ou cela permet-il à ceux qui se sont éloignés de la chose publique de se réinvestir ?

Les français conquis par le web 2.0

En France, depuis quelques années, on assiste à une explosion des réseaux sociaux, des forums et des blogs, communément appelés web social* ou web 2.0. Aujourd’hui, il existerait environ 100 000 blogs régulièrement mis à jour1. Sur les deux tiers d’internautes français, 58% participent à des blogs, forums et réseaux sociaux2. Ce qui place la France dans la moyenne européenne, mais loin derrière la Corée du Sud et les États-Unis, où respectivement 93 % et deux tiers des internautes y sont actifs3.

Devenus des adeptes du web 2.0, les internautes français utilisent en masse ces outils pour exprimer leurs opinions, faire passer des informations et débattre en ligne. « Les conversations au sein du web social se déroulent sur des médias – blogs type Skyblog, presse en ligne –, dans des zones de discussion – forums, nano-conversations de type Twitter – ou des espaces d’interaction et de mobilisation – réseaux sociaux du type Facebook, MySpace, site d’échanges de vidéos tel Dailymotion, etc. », explique Anthony Hamelle, dirigeant de la société Linkfluence, spécialisée dans le web 2.0. L’ensemble de ces outils crée un espace ouvert et collaboratif, sorte de gigantesque agora nourrie par les échanges sans cesse renouvelés de millions d’individus à travers la planète. La multiplication de ces platesformes semble donner une audience potentiellement illimitée à ces voix.

Mais comment circulent les idées sur ce vaste espace ? Prenons l’exemple des blogs. « La blogalaxie marche à la sociabilité », explique Nicolas Vanbremeersch, ancien blogueur politique, connu sous le nom de Versac et fondateur de Spintank, une agence de communication. « Ils sont tenus par des individus qui commentent tel ou tel événement auprès d’un petit réseau. » Dans l’univers des blogs, chacun se fait une réputation, noue des amitiés ; bref, on sociabilise. « Pour établir sa légitimité en ligne, ce qui compte, c’est également la capacité à filtrer de l’information », complète la sociologue Sophie Pène. « Dans un monde de plus en plus complexe, poursuit-elle, être d’accord ou pas ne veut plus rien dire. Il n’y a pas d’adhésion sans travail d’expertise préalable. »

Au départ, donc, le blog n’est pas un espace médiatique. On vient y chercher un contenu de référence pour se forger sa propre opinion. Au-delà d’une expertise reconnue ou d’une notoriété, on vient découvrir une vision personnelle, un regard neuf, original, complémentaire ou en réaction aux médias traditionnels. Cet ensemble d’expertises spontanées, cette galaxie de nouveaux espaces d’informations et d’échanges constituent l’épine dorsale du web influent. « Le web influent est animé par les passions et centres d’intérêt de millions d’individus, il est doté de ses propres leaders et ne s’endort jamais », souligne Anthony Hamelle.

L’espace du web se découpe en territoires d’opinions : en France, il existe aujourd’hui 150 communautés d’intérêts différents – de l’économie au sport, en passant par l’automobile ou la cosmétique. Ces communautés ne sont pas forcément reliées, ni politisées, à l’instar des milliers de blogs consacrés à la cuisine ou à la voile. Sur les 100 000 blogs actifs en France, on dénombre seulement quelques milliers de sites qui se répartissent par affinités partisanes4. Les internautes français privilégient les communautés « expertes » : 100 à 200 sites d’éditorialistes commentent les sujets du moment, certains sous l’angle du droit tel le site de Me Eolas, qui compte 15 000 visiteurs par mois5 ; d’autres sous celui de l’économie comme les blogueurs d’Econoclaste.

Un engagement politique en quelques clics

De l’avis des observateurs, Internet et ces espaces d’expression innovants consacrent aujourd’hui une nouvelle forme de démocratie participative. D’abord, parce qu’ils baissent les droits d’entrée, à savoir le coût et les efforts que nécessite la participation politique. Auparavant, celle-ci, même en période électorale, exigeait un niveau d’engagement personnel élevé. Aujourd’hui, Internet permet de valoriser et de faire adhérer, en quelques clics et sans sortir de chez soi, une foule d’anonymes à des causes et des groupes pas forcément puissants ni connus du grand public au départ. « La cause en ligne fonctionne sur le même principe que le Téléthon, analyse Sophie Pène, elle suscite une mobilisation ponctuelle, pour une action collective rapide. »

Cette faculté d’adhésion accélérée est également démultipliée par les réseaux sociaux de type Facebook ou Twitter, qui permettent de créer des groupes thématiques auxquels on peut très facilement s’inscrire (et dont on peut tout aussi facilement se désinscrire), d’alerter l’ensemble des membres du groupe sur l’agenda, de structurer les actions – un outil infiniment plus pratique que les mailing-lists à l’aveugle. En réaction à la loi Hadopi, un véritable raz-de-marée de micro-réactions a déferlé sur le site Twitter, jusqu’à 500 tweets par heure sur certains fils d’actualité. « Twitter, c’est l’opinion en morse », résume, ironique, Sophie Pène. « Mais du coup, les citoyens interviennent spontanément et facilement sur des débats d’actualité. »

Une relation élu-citoyen transformée

Les institutions commencent à prendre conscience de cette ébullition citoyenne en ligne et, petit à petit, elles se prêtent au jeu du participatif. La ville de Fontenay-sous- Bois a ainsi délégué aux Fontenaysiens la gestion de certains forums (faire découvrir la ville aux nouveaux habitants, compiler les bonnes adresses, etc.). Résultat : avec plus de 2 000 contributeurs réguliers, ces forums made in Fontenay sont parmi les plus populaires de France.

À Issy-les-Moulineaux, la municipalité, pionnière en matière d’e-démocratie, a lancé en janvier dernier, l’i-Folio, « le premier réseau local de débat participatif sur Internet », pour faciliter et organiser le dialogue entre les habitants et les élus. Chaque mois, la mairie lance un appel aux contributions des citoyens sur un sujet d’actualité de la commune. Parmi le large spectre de thématiques abordées – des problématiques d’aménagement urbain aux choix budgétaires de la ville en passant par les animations culturelles qu’elle organise –, ce sont les sujets qui concernent la vie quotidienne, qui suscitent le plus d’intérêt. La ville est engagée dans une démarche de participation citoyenne depuis plus d’une décennie et l’i-Folio vient compléter un arsenal consultatif déjà fourni.

Le conseil municipal est interactif depuis 1997. Pour permettre à tout habitant qui le désire de donner son avis, un panel citoyen en ligne a été créé. Géré par un institut indépendant et consulté trois à quatre fois par an sur des sujets d’intérêt local, il sert d’outil d’aide à la décision pour les élus. Depuis avril 2002, les conseils de quartier sont même élus sur Internet pour encourager à la fois les candidatures et la participation. Six ans plus tard, les résultats sont au rendez- vous. Le dernier scrutin, organisé en décembre 2008, a mobilisé 16% d’électeurs supplémentaires par rapport aux précédentes élections en 2005. 71% des inscrits ont d’ailleurs participé au vote, contre 61% trois ans plus tôt.

Participer, faire participer : c’est tout l’enjeu de la démocratie de proximité qui se pose avec l’e-gouvernance. Les élus ont bien compris que les TIC s’imposent comme le meilleur moyen de rendre compte de leur action et d’évoluer vers plus de transparence. Mettre en ligne l’ordre du jour du conseil municipal, par exemple, génère instantanément une montagne de mails de la part de citoyens pressés de s’exprimer. « L’interactivité est un choix politique, qui implique une action conjointe avec les citoyens », souligne Florence Durand- Tornare, déléguée de l’association Villes Internet. « Les élus doivent désormais en tenir compte et structurer l’interactivité autour de leur prise de décision, notamment du suivi de la politique publique locale. »

C’est la relation élu-citoyen qui s’en trouve transformée. La participation des uns à l’action publique contraint les autres à ne plus se cantonner à un rôle de décideur qui impose. Pour Sophie Pène, il faut y voir le symptôme d’une crise de la représentation : « Les électeurs demandent que les élus restent dans un dialogue continu avec eux et agissent en interagissant. La confiance n’est plus une délégation. Elle repose sur la preuve négociée au jour le jour que le projet politique se remodèle en phase avec le point de vue des électeurs7. »

Une nouvelle dynamique perceptible sur le terrain le plus modeste de la démocratie : dans les conseils de quartier, l’ordre du jour est mis en ligne, la réunion se fait en direct sur un écran interactif et, à l’issue du débat, la décision est inscrite de manière collective. Le web permet de fixer et de tracer ce débat : on marque des temps d’arrêt, on rouvre la discussion, on évolue, on change d’avis… Conséquence logique,« aujourd’hui, à la suite d’une décision publique dans un conseil municipal, les citoyens ont les moyens de suivre sa mise en oeuvre, voire d’imposer une forme de coaction », s’enthousiasme Florence Durand-Tornare.

Un citoyen mieux informé et plus offensif

Illustration de cette nouvelle e-démocratie ? En 2003, l’Atrébatie, une communauté de communes du Nord-Pas-de-Calais, a lancé un projet d’installation d’éoliennes. Malgré l’organisation de réunions avec les habitants pour les associer à la prise de décision, le projet a rencontré de vives résistances de la population locale. La collectivité a donc créé une nouvelle série de dix ateliers, précédés de la mise en ligne d’un dossier complet, reprenant les enjeux du débat, avec les arguments des pour et des contre.

L’objectif était de permettre aux gens de réfléchir aux questions qu’ils souhaitaient voir abordées, de sélectionner et hiérarchiser les enjeux et, surtout, de continuer de débattre. Un pari osé mais gagnant. Les habitants des villages les plus éloignés et ceux qui n’avaient pas l’habitude de prendre la parole ont fini par se prendre au jeu. Résultat : le projet initial a été modifié en fonction de leurs remarques, les éoliennes n’ont pas été placées au même endroit et tournent sur des timings ajustés.

« Avec Internet, analyse Florence Durand-Tornare, chaque citoyen peut désormais forger son opinion à partir d’un dossier complet où il puisera les divers points de vue (élus, experts, associations…) et la confronter à celle de ses concitoyens avec un niveau égal de connaissance pour peser sur les décisions. On retrouve bien là le rôle initial du politique qui n’est pas de créer du consensus mais de gérer le dissensus. »

Vers un nouveau paradigme de la vie politique ?

On parle ainsi d’un « avant » et d’un « après » l’élection d’Obama comme si la vie démocratique se réinventait. Aux États-Unis, la campagne du nouveau président a en effet marqué un tournant décisif. Conscient de l’immense pouvoir de mobilisation du web, Barack Obama en a fait l’épine dorsale de sa campagne électorale. « Cela nous a appris une chose, résume Nicolas Vanbremeersch, on peut mobiliser des milliers de militants et leur passer des ordres, à condition d’opter pour une approche personnalisée, d’utiliser chacun selon son profil. »

Sur le site MyBO.com, chaque militant pouvait ainsi choisir, en fonction de ses envies et de ses compétences, les outils dont il avait besoin pour mener la campagne sur le terrain. Chacun était même encouragé à valoriser ses « exploits » : « J’ai passé 200 coups de fil en quatre jours ! », pouvait-on lire sur le site. La logique d’émulation a été poussée à son paroxysme.

Dans le même temps, le Parti démocrate a largement encouragé l’autonomie des militants, au détriment d’un encadrement plus classique. « Il n’y a qu’à penser au cas d’Adam Barr, qui a monté le groupe pro-Obama de Washington, s’enthousiasme Nicolas Vanbremeersch. À 24 ans, il a coordonné l’action militante de 25 000 personnes alors qu’il n’avait qu’un contact limité avec le siège ! »

La campagne de Barack Obama a donc inauguré un système ouvert, où les militants se mobilisent à la carte, plutôt que d’adhérer en bloc. Et elle a permis à chaque électeur, à chaque militant de croire que la victoire s’était construite grâce à lui. Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Obama continue sur sa lancée : « Il a réussi à transformer ses 13 millions de participants à la campagne en militants actifs, en lançant Organizing for America », un site aussi célèbre que le précédent, souligne Olivier Ferrand, directeur de la mission Terra Nova qui a analysé la campagne américaine.

Des millions de sympathisants sur lesquels Barack Obama s’est de nouveau appuyé pour convaincre du bien-fondé de sa réforme de l’assurance-maladie. Barack Obama et Joe Biden ont ainsi lancé, le 20 octobre dernier, sur la plate-forme Organizing for America, une campagne de mobilisation pour encourager leurs partisans à téléphoner aux membres du Congrès et pousser ceux-ci à voter pour le projet.

Comme pour la campagne électorale, toutes les informations pratiques destinées à faciliter le travail des sympathisants ont été mises en ligne. On y retrouve le nom et les coordonnées téléphoniques de leurs représentants et de leurs sénateurs en saisissant tout simplement un code postal ; une fois l’appel passé, ils informent le site, ce qui permet de suivre la progression de l’action. Résultat : plus de 330 000 appels passés les premières 24 heures.

Les partis politiques français préparent le terrain pour 2012

En France, « les partis politiques commencent à comprendre qu’il faut se rapprocher des pratiques sociales en ligne des individus », analyse Nicolas Vanbremeersch. En vue de l’élection présidentielle de 2012, ils affûtent leurs armes sur Internet et tentent d’adapter le modèle MyBO. Cela donne Les Créateurs de possibles pour l’UMP, Coopole pour le Parti socialiste, Lesdemocrates.fr pour le Modem.

À l’instar de celle de 2004 aux États-Unis, la campagne présidentielle française de 2007 a servi de cyber-laboratoire. Sur Désirs d’avenir, Ségolène Royal revendiquait la participation – chacun étant invité à « construire » son projet pour la France. Résultat : 100 000 à 150 000 personnes mobilisées… Mais une vraie difficulté à transformer les sympathisants en militants.

Sarkozy.fr, plutôt traditionnel, proposait une vitrine politique qui s’adressait à son coeur de cible, plus âgé. En revanche, ses supporters recevaient chaque jour des consignes pour organiser l’action militante en ligne : poster un commentaire sur tel forum, transmettre une vidéo etc. Web-partage d’un côté, web-combat de l’autre.

L’enjeu : recruter des militants

Aujourd’hui, le Parti socialiste et l’UMP expérimentent deux projets communautaires d’inspiration différente. Avec les Créateurs de possibles, l’UMP souhaite encourager l’implication de chacun dans la vie politique, en lui fournissant les outils pour le faire (comment organiser un groupe de discussion, planifier des réunions, envoyer des courriers aux élus, rédiger et faire signer une pétition…).

L’objectif ? Rassembler une base de sympathisants et les transformer le moment venu en militants. A contrario, le Parti socialiste propose avec la Coopol d’organiser la vie militante et de faciliter les débats au sein des différentes fédérations et sections du Parti. L’ouverture hors des frontières étant prévue dans un second temps.

Les partis l’ont bien compris : « Le web n’est plus un simple média de communication politique, souligne Nicolas Vanbremeersch. Il devient un espace public, une permanence virtuelle où l’on discute, où l’on s’organise en réseau. À terme, c’est ici qu’on ira puiser des militants, et qu’on les autonomisera dans leur rapport au militantisme. »

La France à l’heure de l’e-démocratie ? « Il y a une aspiration des Français à participer plus directement à la vie politique », note Isabelle Falque Pierrotin, présidente du Forum des droits sur Internet. « Mais notre pays est marqué par une tradition étatiste forte, qui impose un fonctionnement hiérarchique et vertical. »

Pourtant, l’heure est à la négociation. « Les TIC offrent au citoyen des moyens d’évasion à la contrainte publique considérables », insiste encore Isabelle Falque Pierrotin, qui estime que « les décideurs sont obligés d’écouter, et d’ajuster la décision. Malgré les réticences, il faudra qu’on s’y mette » !

Vers une autre forme de démocratie ?

Est-ce l’avènement de nouvelles pratiques du débat public ? « C’est excellent pour la démocratie, analyse Olivier Ferrand, de Terra Nova. Chacun peut devenir acteur de la politique. J’ai été élu à la mairie de Thuir dans les Pyrénées-Orientales. On est de plus en plus sous le contrôle de l’électorat, le rôle de l’élu se transforme. Plus qu’un décideur, l’élu devient un responsable de la mise en oeuvre. »

Serions-nous donc en train de marcher à grands pas vers une autre forme de démocratie ? Certains en sont déjà convaincus. « La démocratie représentative correspond à un moment nécessaire de notre histoire politique, explique Olivier Ferrand. Aujourd’hui, la population a gagné en maturité. Elle veut participer directement et ne plus simplement déléguer. »

La question est de savoir si la montée en puissance de l’expertise partagée et d’une capacité de décryptage citoyenne toujours plus grande, soutenues par une myriade d’outils technologiques, peut recréer une agora athénienne à l’échelle d’un pays, une nouvelle forme de démocratie continue. Ou bien de savoir si cela renforcera seulement les moyens d’expression de ceux qui sont déjà les mieux insérés dans les sociabilités classiques.

Un premier rendez-vous dans moins de trois ans, rien à l’échelle de l’homme, une galaxie à l’échelle d’Internet.

1 Source : Linkfluence.
2 Source : ibid.
3 Source : Forrester.com
4 Source : www.observatoire-presidentielles.fr

> Pour aller plus loin : tous les articles du dossier « Le temps de l’hypercitoyen » :

Vers l’atomisation de l’espace public ?

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